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Hommage à Paul George : un tibia cassé, un passage à l’Ouest… mais All-Star titulaire au final

Paul George Oklahoma City Thunder
Source image : NBA League Pass

L’information est tombée ce jeudi, comme si de rien n’était, mais Paul George savait très bien au fond de lui ce qu’il était en train d’accomplir et ce qu’il est en train de vivre. Nommé titulaire pour le All-Star Game 2019, l’ailier du Thunder est aujourd’hui au sommet de son art.

C’est la dure loi de notre monde actuel. Bombardé d’informations, d’accès illimité à quasiment tout, quand on veut, où on veut. Quand vous alliez cette réalité à une Ligue comme la NBA où les choses vont à cent à l’heure, chaque soir, difficile de prendre un peu de temps pour appuyer sur pause. Faire un break, dézoomer un poil, et observer le paysage dans son ensemble. Pourtant, c’est ce que l’on doit faire, c’est ce que l’on juge de meilleur à faire, lorsqu’on se penche sur le dossier Paul George. Réalise-t-on vraiment ce que PG13 est en train de faire, d’un pur point de vue sportif ? Au diable les histoires de palmarès, de Playoffs, de bagues et autres classifications protocolaires du genre. Ici, ça n’a pas sa place. Ici, on veut parler du chemin parcouru, tout simplement. D’un mec qui, le 1er juillet 2014, avec le tibia en Y et sa carrière qui défilait sous ses yeux. La civière, l’effroi, les images qui tournent en boucle, et le marathon de la rééducation. Lorsqu’on réalise ce zoom arrière et qu’on revient sur ce terrible moment, qui est resté dans la tête de nombreux observateurs, qui aurait pu penser, quatre ans et demi plus tard, que Paul George serait plus fort que jamais auparavant ? Qui aurait pu penser, lorsque le joueur a finalement décidé de quitter les Pacers – et en faisant les choses bien rappelons-le-, qu’en jouant aux côtés de Russell Westbrook à OKC ce serait lui, le titulaire du Thunder chez les All-Stars ? Voilà où nous en sommes, voilà ce que PG arrive à faire pour le moment dans sa carrière, bien plus haut et bien plus loin qu’une bagouze récupérée en octobre ou un trophée soulevé dans un costard en juin. Et ça, il le sait très bien.

Quand j’ai été transféré ici à Oklahoma City, c’est comme si les gens affirmaient que jamais je pourrais continuer à être All-Star. Que je ne pourrais pas y arriver en allant à l’Ouest. Mais Dieu est bon.

C’est peut-être là le plus bel exploit réalisé par l’ailier californien, dans toute sa carrière. Oubliez les posters sur Chris Andersen, les gros shoots sur LeBron, les Pacers emmenés dans le dernier carré ou les coups de chaud à Brooklyn. Oubliez les concours de dunks, les photos de Meilleure Progression de l’année, les changements de numéro ou les pubs avec Nike. En terme de pur parcours, de trajectoire dans une carrière en passant par une des plus horribles blessures imaginables à un statut d’indiscutable All-Star titulaire, Paul George est tout en haut. On avait déjà vu, par le passé, des types du même département nous offrir des aventures similaires. Bernard King, explosion des genoux en 85, avant de redevenir All-Star 8 ans plus tard, avec 28 points de moyenne à 34 ans. Dominique Wilkins, rupture du tendon d’Achille en 92, avant de planter quasiment 30 pions de moyenne un an plus tard. Tim Hardaway Jr et ses ligaments croisés, Jeff Green et son opération au coeur, Derrick Rose en plein comeback actuellement. Oui, certes, ces joueurs ne sont pas debout sur une estrade au printemps, casquette vissée sur la tête et champagne à la bouche. Et oui, certes, ce ne sont pas les rééducations réussies mais bien les saisons réussies qui définissent les champions. Et pourtant. Pourtant, quand on voit ce que PG13 nous offre comme saison, des deux côtés du terrain, en ayant vécu un cauchemar il y a quatre ans… peut-être qu’il est là, le vrai champion qu’il faudrait acclamer plus souvent.

Paul George sera titulaire au All-Star Game, et alors ? Et alors trouvez-nous un type qui le fait, en étant aux côtés de KD et LeBron, après avoir quasiment mis fin à sa carrière sur une tentative de contre, et après avoir choisi de changer de conférence, pour finalement réussir le plus grand des challenges. Ouais, c’est fort. C’est juste super fort. Et ça, il ne faut pas l’oublier dans le rush quotidien de la NBA.

Source citation : Royce Young / Twitter

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