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Grant Hill au Hall of Fame : flashback sur la mixtape sur Shaq et Kobe en 1997, quand le nice guy était au sommet

La cérémonie d’intronisation au Naismith Memorial Basketball Hall of Fame de la cuvée 2018 se déroulera ce vendredi soir. À cette occasion, il est temps d’honorer les heureux lauréats de cette année. Parmi eux se trouve Grant Hill, l’ailier aux dix-huit saisons dans la Grande Ligue. Il est l’heure de lui rendre hommage pour son entrée au Panthéon américain de la balle orange. Pour cela, retour sur l’un des plus grands matchs de sa carrière, en janvier 1997, qui opposait ses Pistons aux Lakers de Shaq et Kobe. 

Grant Hill, c’est un talent semi-gâché, coupé en plein envol, qui aurait pu donner tellement plus aux fans de la NBA, et qui aurait pu obtenir beaucoup plus de succès s’il était tombé dans un contexte plus favorable. Le monsieur a fait sa scolarité complète à Duke, où il remporte deux titres en 1991 et 1992 aux côtés de l’universitaire de la Dream Team, Christian Laettner. Il débarque à Detroit dans le cadre de la Draft 1994 où il est choisi en troisième position. L’équipe est vieillissante, et va se reposer sur lui essentiellement. C’est ainsi que naît, en rupture avec les Bad Boys, Mister Nice Guy. Dans son passage à Motor City, il ne descendra pas au-dessous des 19,9 points de moyenne en saison, lors de son année rookie. Il ira quatre fois en Playoffs avec toute la franchise des Pistons sur son dos, et ne dépassera à aucune reprise le premier tour. Son passage à Orlando, de 2000 à 2007, ne sera pas à marquer d’une pierre blanche. Il enchaîne les blessures, effectue une saison blanche en 2003-04, et ne goûtera à la postseason que lors de sa dernière saison, avec aussi peu de succès que lors de ses quatre premières tentatives. La malédiction se poursuit l’année suivant alors qu’il débarque à Phoenix. On retrouve alors par séquences du pur G-Money, dans un rôle de shooter et de fort défenseur. Il n’est plus vraiment l’homme à tout faire, le point forward qu’il fut, mais aide les Suns à se hisser en Finale de Conférence Ouest en 2010, où ils seront stoppés par les Lakers. C’est d’ailleurs contre la franchise californienne que Grant Hill va produire une de ses plus belles performances all-time. Retour en 1997, à la belle époque du cyborg avant l’heure. Dans cette rencontre, le joueur de troisième année va être tout simplement injouable, et aura raison d’un des plus beaux duos de la Ligue, Kobe Bryant et Shaquille O’Neal.

À coups de pénétrations bien senties, de caviars distillés en direction d’Otis Thorpe, d’inspiration au rebond aussi bien défensif qu’offensif, et de petits daggers en fin de possession à mi-distance, le numéro 33 a désossé les Angelinos au terme d’une partie serrée. Le septuple All-Star qui a pas mal enquiquiné MJ pendant des années avait décidé de mettre les points sur les i face à l’héritier de His Airness, Kobe Bryant (qui a pris quelques beaux shoots sur la troncheta ce soir-là). Pourtant, c’était mal embarqué pour les Pistons, qui étaient menés 80 à 75 au Staples Center à une vingtaine de secondes du terme. Sur une première pénétration, Grant Hill obtient deux lancers, et les convertit. Il reste alors 16 secondes à jouer, et sur la remise en jeu, il réalise sa seule interception de la rencontre. Remise en jeu Detroit, un shoot est tenté, raté, rebond pour Mister Nice Guy, qui adresse une passe moyenne, déviée par un purple and gold. 2,2 secondes au chronomètre, la passe est en direction de l’ailier, qui prend son seul tir du parking de la soirée à dix mètres, ce qui est loin d’être sa spécialité à l’époque. Bank shot, sur le tête de Mister Big Shot Robert Horry, overtime. La superbe opposition offre deux prolongations aux fans, parce que la première se finit sur un 6-6. Dans la deuxième, c’est l’heure de G-Money. Pas moins de six points et trois assists pour boucler un succès majuscule. Sa ligne de stats laisse pantois, à tel point qu’on peut la qualifier d’Oscar Robertsonesque : 34 points à 12 sur 23 au tir et 82% sur la ligne de réparation, 15 rebonds et 14 passes décisives pour seulement trois pertes de balle en 53 minutes. Monstrueux Grant Hill qui offre une victoire de prestige 100 à 97 à ses Pistons face aux Lakers.

Voilà une micro-dose du talent incroyable de Mister Nice Guy, qui était capable de performances majuscules, de noircir les lignes de stats comme personne. Son histoire est parfois tragique, mais aussi remplie de beaux moments comme ce match référence pour l’ancien numéro 33 des Pistons. Un superbe joueur, dont on aurait aimé avoir l’entière teneur tout au long de sa carrière. G-Money a bien mérité son moment de gloire, qu’il obtiendra dès ce soir lors de la cérémonie d’intronisation au Hall of Fame. Respect, Monsieur Grant Hill. 

Source texte : Youtube/LamarMatic

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