One-on-One

Josh Jackson : la clef de voûte des nouveaux Suns d’Igor Kokoskov, c’est peut-être l’ailier sophomore

Josh Jackson

Sous cette coupe Afro, ça mouline fort pour le sophomore.

Source image : Youtube

Parmi les équipes les plus hype de cette longue intersaison, Lakers, Warriors et Rockets sont souvent cités en ce qui concerne la Conférence Ouest. On en viendrait presque à oublier les Suns. Autour de Devin Booker sont venus s’agglutiner de nouveaux éléments, comme Igor Kokoskov, l’ancien adjoint de Quin Snyder au Jazz, ou encore le premier choix de la Draft 2018, un certain Deandre Ayton. De quoi faire du bruit et attirer le regard vers l’Arizona. Mais parmi les cactus hypés, un élément passe légèrement inaperçu alors qu’il pourrait s’avérer prépondérant pour sa deuxième saison en NBA. Ladies and gentlemen, focus sur Josh Jackson.

De jeunes joueurs performants, mais souvent trop peu considérés du fait de la hype qui entoure une poignée de futures stars de la Ligue, il y en a chaque saison. Josh Jackson fait partie de ceux-là. Peu exubérant, mais déjà très sérieux lorsqu’il est sur les planches, le jeune homme de 21 ans pourrait s’avérer être un atout majeur dès la saison prochaine pour sa franchise des Suns. Qui est vraiment celui qu’on surnomme JJ ? Avant tout, un amoureux du jeu. Un travailleur acharné, une pépite à polir, un compétiteur, un gagnant. Un potentiel impressionnant, parfois mis de côté. L’ailier apprécie l’aspect mental du jeu. On parle souvent de joueurs avec un QI basket élevé, lui fait partie de cette trempe là. Cette affection pour la réflexion, pour la tactique, il l’a développée il y a fort longtemps, bien loin des terrains de basketball. C’est une curiosité pour les échecs qui a commencé à lui donner une appétence pour la psychologie dans le sport, et qui lui a inculqué des qualités utiles avec la balle orange dans les mains, comme la patience. C’est ainsi qu’il l’explique à Alex Wong de Slam Online :

« Lorsqu’il était en CE2, Jackson jouait souvent avec l’échiquier de son père après l’école, déplaçant des pions en espérant que son père n’allait pas le remarquer.

‘Il a fini par le remarquer’ déclare Jackson. ‘Parce que les pièces n’étaient jamais à l’endroit auquel il les avait laissées la fois précédente.’

Le père de Jackson a assis son fils, et lui a demandé si cela l’intéressait d’apprendre à jouer. Jackson a commencé à pratiquer, et en CM1, il avait un échiquier qu’il emmenait à l’école, qui est devenu un objet populaire auprès de ses camarades. Un club d’échec est même né, dans lequel on comptait la moitié des élèves de CM1.

Lorsque j’ai demandé à Jackson quelle était la caractéristique la plus importante pour être un bon joueur d’échecs, il m’a dit que cela demandait beaucoup de patience. »

La patience… Une valeur qui résonne comme le leitmotiv de l’ancien de Kansas. Cette caractéristique, J-Jack a déjà eu l’occasion de la mettre en application lors de son année rookie. Tout comme il a pu montrer sa passion pour l’étude du jeu, sa soif d’apprendre, notamment auprès de son coach de l’an dernier, Jay Triano :

« Je jouais un peu trop vite certaines fois. J’essayais d’être à 100% de ma vitesse tout le temps, alors qu’il faut être un peu plus lent, récupérer en défense, puis ensuite y aller, accélérer. On devient vraiment prévisible lorsque l’on joue à la même vitesse tout le temps […] Je me remets toujours en question. Je ne comprends pas tout du premier coup. Je n’étais pas forcément bon lorsque j’ai attaqué dans la Ligue. Mais je me remets toujours en question. Je suis un apprenant. J’adore apprendre. J’adore écouter. Je vais essayer d’ingérer et de digérer autant d’informations que je peux. Et ce ce que j’ai fait durant ma saison rookie. »

Il est arrivé à Josh Jackson d’être benché au cours de la saison par Jay Triano. Au lieu de se vexer, le jeune homme est allé voir son coach, pour faire des séances d’analyses vidéo en sa compagnie, et essayer de comprendre du mieux possible ce qu’il pouvait attendre de lui. Apprendre des aînés, l’ailier sait le faire. C’est d’ailleurs ce qu’il a essayé de mettre en pratique, en s’inspirant des stars de la Ligue. Il a observé les changements de rythme brutaux de James Harden, le jeu au poste bas et aux coudes de Kevin Durant. Il s’en inspire, et cela ne marche pas si mal que ça. Sélectionné dans la deuxième All-Rookie Team la saison dernière, JJ a une trajectoire assez particulière pour une première saison en NBA. Le rookie wall ? Si pour certains, comme Jayson Tatum, son camarade de classe en sixième, c’est de l’eau, pour Josh Jackson c’est du petit lait. Ses statistiques post All-Star Break ? 18,7 points, 5,9 rebonds et 1,6 steal par rencontre, soit bien au-dessus de ses moyennes en saison de 13,1 points, 4,6 prises et 1 interception par opposition. Déterminé, sans trop de pression, il a pris 12,1 shoots en 25,4 minutes par match la saison dernière. C’est simple, au lieu de régresser, J-Jack a progressé au fur et à mesure des mois : 8,7 points par rencontre en moyenne sur le mois de décembre, 14,5 en janvier, 17,7 en février, 17,5 en mars, et une fin de saison sur les chapeaux de roue avec 24 points par match en avril. Record en saison ? 36 points, contre Golden State s’il vous plait. Voilà autant de prémisses qui montrent le scoreur que peut devenir l’ailier des Suns. Petit bémol, le pourcentage n’est pas incroyable : 41,7 % de réussite au global, 46,4% à deux points, seulement 26,3% derrière l’arc. Mais en grand perfectionniste, une des plus belles coupe afro de la NBA était déjà à l’entrainement du parking le jour de la Draft.

Cette édition 2018 du choix de jeunes talents était à marquer d’une pierre blanche pour les Suns, qui ont drafté en première position pour la première fois. Ce pick s’est transformé en Deandre Ayton, qui forme déjà un duo plus que prometteur aux côtés du franchise player, Devin Booker. Ce dernier s’est dit déterminé à goûter aux Playoffs en 2019, une affirmation que partage Josh Jackson, qui n’a pas envie de vivre une postseason de plus dans le canapé. Patient, il sait le rester, mais il n’en reste pas moins un grand compétiteur. Travail sur le shoot à trois-points, sur le maniement de balle, JJ veut se perfectionner, et peut devenir l’homme à tout faire des Suns, en s’appuyant sur une persévérance à toute épreuve. Persévérance qui s’est manifestée dès ses huit ans, lors des premières parties de basket avec sa mère en un-contre-un. Pour un tel compétiteur, un seul but, gagner :

« Elle m’emmenait dehors, m’apprenait quelques moves. Elle voulait tout le temps me battre. Je ne l’ai jamais battu avant d’avoir 14 ans, et chaque fois que l’on jouait, je voulais tellement la battre, je faisais des fautes, et parfois j’ai même accidentellement asséné des coups de coude à ma propre mère. Ça montrait juste à quel point je voulais gagner. »

Il est animé d’un état d’esprit de champion, ce Josh Jackson. Mentalement, il est dans de superbes dispositions aux Suns, et il pourrait s’avérer être un atout majeur pour l’avenir de Phoenix si son développement continue ainsi. Machine à poster, il pourrait être la sauce piquante de la franchise de l’Arizona dès sa saison sophomore. Pour son jeune âge, il est déjà très complet. Solide défenseur, avec des bras interminables, il est capable de défendre sur plusieurs postes, et d’apporter sa contribution offensive. Ne manquent plus que quelques bons kilos de barbaque pour épaissir ce corps encore frêle de 2m03 et 93 kilos, et J-Jack pourra sérieusement aller causer avec les meilleurs. L’exemple de son pote Tatum, il veut le suivre, et se sent prêt à tenir un tel rôle avec sa franchise, dès sa deuxième année dans la Ligue :

« Je sens que si je continue à travailler dur, et que si nous arrivons là où nous devons être [en Playoffs, ndlr], je serais capable de progresser et de jouer un grand rôle pour nous. J’ai beaucoup à apprendre mais je pense que je serais prêt à gérer ça. Je suis prêt à aider une équipe en Playoffs. »

C’est clairement objectif Playoffs pour l’équipe du nouveau coach, Igor Kokoskov. C’est le premier poste d’entraîneur en chef pour le serbe en NBA, et il va avoir fort à faire pour finir dans les huit à l’Ouest. Les armes sont en train d’être rassemblées du côté de l’Arizona, et le technicien européen a du pain sur la planche pour créer une belle osmose et une spirale positive. Après huit ans de disette, les Suns veulent progresser. Si l’avenir s’annonce radieux, la définition des rôles au sein de l’effectif de Phoenix est importante. Devin Booker en première option, ça ne fait aucun doute. Les premiers matchs de Deandre Ayton dans la Grande Ligue sont très attendues du côté de la Talking Stick Resort Arena. Kokoskov a beaucoup de talents à polir avec l’intérieur transfuge de l’université de l’Arizona, mais également avec Josh Jackson. Sa mission concernant le sophomore est simple : faire de lui une deuxième ou troisième option, le mettre en confiance pour qu’il puisse exprimer tout son talent. Parfois mis de côté, peu souvent dans les discussions lorsque les noms de ses deux coéquipiers brûlent les lèvres, JJ doit faire partie de la renaissance de Phoenix, et a une grosse carte à jouer. L’intégrer dans un rôle plus qu’important, ne pas le laisser de côté, tel va être le défi du coach serbe. Clairement, défendre sur tous les meilleurs ailiers de la Ligue, c’est pour Bibi. Augmenter sa moyenne de points et passer la quinzaine par rencontres, tout en augmentant ses pourcentages, voilà les axes de travail pour le quatrième choix de la Draft 2017. Devenir l’homme à tout faire des Suns, aller défendre à chaque coin du terrain, sanctionner à distance, tout en gardant son explosivité, tel peut-être l’avenir de J-Jack. Si une bonne spirale s’enclenche, les victoires vont aider l’effectif à s’installer, ainsi qu’à l’affirmation des rôles de chacun. Une sorte de big three Booker-Ayton-Jackson qui va chercher un bilan positif à l’Ouest, c’est un gros défi, mais sur le papier, c’est loin d’être inenvisageable.

Igor Kokoskov a donc fort à faire avec un effectif jeune et bourré de talent. Mais attention à ne pas commettre l’erreur de laisser Josh Jackson de côté, sur le bord de la route. Un jeune joueur de 21 ans, travailleur, compétitif, intelligent, ambitieux, et imprégné d’une envie collective de réussite, ça ne se trouve pas à tous les coins de rue. Il serait dommage de passer à côté des axes de développement de JJ pour une équipe des Suns qui a tout à gagner de développer l’ailier en tant que lieutenant de luxe. Devin Booker et Deandre Ayton sont attendus, mais n’oublions pas Josh Jackson, auquel il faudra être attentif tout au long de la saison. Pour la belle surprise, le facteur X du côté de Phoenix, il faudra sans doute observer le sophomore.

Source texte : Slam Online

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