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Jordan Clarkson, de dynamiteur de banc à… deuxième meilleur passeur du Jazz : qui a dit que Jojo ne savait rien faire d’autre que scorer ?

Jordan Clarkson

Jordan Clarkson, gros symbole du début de saison très fun du Jazz !

Source image : NBA League Pass

Il y a encore quelques semaines, Jordan Clarkson faisait partie des gros candidats pour un transfert après les départs de Rudy Gobert et Donovan Mitchell. Aujourd’hui, il fait partie des grands symboles du début de saison très surprenant du Jazz. Connu pour être avant tout un pyromane en sortie de banc, Clarkson est devenu un titulaire qui non seulement score ses points, mais fait aussi jouer les autres. Et ça on ne l’avait pas vraiment vu venir…

À tort ou à raison, Jordan Clarkson est ce genre de joueur qu’on avait mis dans une case bien spécifique : booster en sortie de banc, à qui on demande de shooter sans hésiter pour enflammer une rencontre à travers ses qualités de scoreur. C’est un rôle qu’il a occupé pendant de nombreuses saisons et qui lui convenait bien, lui qui a même décroché un titre de Sixième Homme de l’Année au passage sous les couleurs du Jazz en 2021. Mais vous le savez comme nous, beaucoup de choses ont changé à Utah cet été, et ces changements majeurs ont permis à Clarkson de montrer une dimension supplémentaire de son jeu depuis le début de saison.

Placé dans le cinq majeur par le nouveau coach Will Hardy, Clarkson totalise plus de titularisations (8 en 8 matchs) cette saison que lors de ses… sept dernières années (6). La stat est frappante mais il y en a une autre qui est marquante : 5,3, comme le nombre de passes décisives en moyenne distribuées par Jojo depuis la reprise (deuxième de l’équipe derrière Mike Conley). C’est un record en carrière et sa plus haute moyenne depuis sa campagne rookie aux Lakers en 2014-15 (3,5). Qui a dit que Jordan Clarkson n’était qu’un dynamiteur de second unit ? Habitué à évoluer derrière un duo Mike Conley – Donovan Mitchell qui assurait les missions de playmaking ces dernières saisons à Utah, Clarkson est aujourd’hui aligné aux côtés de Conley et profite de cette nouvelle version du Jazz pour montrer qu’il peut aussi distribuer.

L’une des actions les plus symboliques de ce début de saison, c’est cette passe décisive dans les dernières secondes du premier match entre le Jazz et les Grizzlies il y a quelques jours. Il reste 27 secondes à jouer, Utah mène d’un point contre Memphis et Jordan Clarkson est en un-contre-un face à Brandon Clarke. Le Jordan Clarkson qu’on connaît ou qu’on pensait connaître, il aurait sans doute terminé cette possession par un tir. Là, il pénètre avant de lâcher une passe à l’opposé pour Malik Beasley, auteur du 3-points de la mort pour crucifier les Grizzlies. Vous vous dites peut-être que c’est une action isolée, mais on a eu pratiquement la même sur le parquet des Wolves le 21 octobre dernier, quand Clarkson a attaqué la raquette avant de ressortir pour un 3-points de Mike Conley lors du money-time.

Dans une formation d’Utah qui joue sans complexe, qui partage le ballon et qui possède le septième rythme de jeu le plus élevé de toute la NBA, Clarkson a ajouté la casquette “playmaker” à celle de “scoreur”. On le voit mener des contre-attaques, on le voit provoquer pour libérer ses copains, on le voit lâcher des extra-pass… bref il n’est plus simplement ce gars qui est là pour apporter son coup de boost avec ses points. Il est là aussi pour guider une équipe au mix chelou mais excitant, où il y a des jeunots, des anciens, des grands, des petits, et mine de rien un peu de talent. Si évidemment Clarkson peut toujours prendre feu et débloquer des situations avec ses purs talents d’attaquant, il prouve aujourd’hui qu’il n’est pas un joueur unidimensionnel. Peut-être qu’il ne l’a jamais vraiment été et que c’est avant tout son rôle de sixième homme / scoreur qui a limité sa capacité à rayonner dans d’autres aspects que le scoring, en tous les cas il est aujourd’hui comme un poisson dans l’eau dans le système de Will Hardy.

Mais du coup, l’avenir de Jordan Clarkson à Utah, c’est quoi ?

La question se pose parce qu’on a quand même un vétéran de 30 ans qui se retrouve dans une franchise partie pour réaliser une vraie reconstruction. Après Gobert, après Mitchell, après Bojan Bogdanovic, Jordan Clarkson est presque un candidat naturel pour un transfert avant la prochaine deadline, surtout que sa production actuelle peut intéresser pas mal d’équipes ambitieuses à la recherche d’un soutien offensif. Néanmoins, d’après les dernières rumeurs provenant notamment d’ESPN et The Athletic, Utah semble aujourd’hui réticent à l’idée de se séparer de JC, considéré par la franchise comme un joueur pouvant aider la transition vers une nouvelle ère. On va voir si cette position change ou pas dans les mois à venir, car n’oublions pas que Clarkson possède une player option sur la saison prochaine et qu’il peut donc décider de devenir agent libre à l’été 2023. Une chose est sûre cependant : Jojo est l’une des grandes raisons de la belle dynamique qui caractérise l’équipe d’Utah à l’heure de ces lignes. Et quelque part, ça montre qu’il ne faut jamais mettre des joueurs dans des cases.

Jordan Clarkson et le Jazz font plaisir à voir en ce début de saison. Est-ce que ça va durer ? Peut-être pas sachant qu’Utah a plus les yeux rivés sur la Draft NBA 2023 (avec un certain Victor Wembanyama) que vers le haut du tableau à l’Ouest. Mais c’est une raison supplémentaire pour mater ASAP les Mormons de JC si vous n’avez pas encore eu l’occasion. Vous verrez c’est très très fun.  

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