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Rappelle-toi Andrew Bynum : cette force de la nature pétrie de talent, mais ruinée par un genou et un mental plus que douteux

Andrew Bynum 24 octobre 2022

Imaginez un peu s’il avait gardé le sourire…

Source image : YouTube

Si la NBA offre bien souvent des odes à ses plus grandes gloires, elle devrait aussi le faire à ceux qui ont traversé son histoire de manière brève et intense. Andrew Bynum est l’une de ses étoiles filantes. Doté d’un physique et d’un potentiel hors du commun, l’ancien pivot des Lakers aurait pu graver son nom dans la roche et s’offrir une place au panthéon. Ses genoux et sa personnalité en ont décidé autrement…

S’il existe des questions existentielles qui empêchent le commun des mortels de trouver le sommeil au fond de leur plumard, celle qui suit doit en faire partie : « Que devient Andrew Bynum ? » À l’heure où on se parle, le bougre n’a que 35 ans, c’est-à-dire un an de plus seulement que Kevin Durant ou Stephen Curry. Pourtant, Bynum a disparu des radars NBA depuis 2014, huit ans déjà, une éternité pour le plus jeune joueur de l’histoire de la Draft.

Choisi par les Lakers en dixième position en 2005, Andrew n’a alors que 17 piges et sort du lycée où, entre deux salles de cours, il terrorise les raquettes du pays. On parle d’une force de la nature qui culmine à 2m13 pour environ 125 kg. Pas maladroit de ses mains et aspirateur de rebonds, le minot Bynum a tout pour exploser. À 18 printemps et 6 jours, il commence son premier match NBA et devient le plus jeune joueur de l’histoire. Des débuts tranquilles, mais prometteurs pour le gamin qui montre aussi qu’il en a une sacrée paire en se frittant avec Shaquille O’Neal en personne peu après ses débuts.

Dans une franchise orpheline de Shaq, Bynum a donc tout pour réussir et reprendre le flambeau des pivots de légende passés par Los Angeles. Pour encadrer au mieux le rookie, le board californien fait les choses bien et recrute Kareem Abdul-Jabbar dans son staff. La légende de la balle orange a sans doute transmis une part de son savoir, mais il a aussi décelé LE gros problème du phénomène, comme le relayait alors Bleacher Report en 2013 :

« Je crois qu’Andrew a toujours eu le potentiel d’aider une équipe lorsqu’il y met tout son cœur. Mais il n’est pas constant dans son engagement. C’est assez frustrant pour toute équipe qui lui propose un contrat. Lorsque j’ai travaillé avec Andrew, je l’ai trouvé brillant et bosseur, mais je pense que la répétition du travail sur les fondamentaux l’ennuyait… pourtant c’est la clef du succès à long terme. »

Les derniers mots sont exactement ce que n’a pas connu ce partenaire particulier.

En peu de temps, Andrew Bynum va monter en puissance chez les Lakers. Après une saison d’observation, il profite des blessures de Chris Mihm et Kwame Brown – arrêtez de rigoler – pour se faire une place au soleil lors de la saison régulière 2006-07. Il démarre ensuite un nouvel exercice vraiment pas dégueulasse pour le retour en puissance des Lakers en 2007-08. Andrew est encore sain d’esprit, même s’il se douche en chaussettes et que ses coéquipiers le surnomment alors « Socks ». Il claque 13,1 pions, 10,2 rebonds et 2,1 contres chaque soir. Problème, le pivot n’a joué que 35 matchs et connaît sa première blessure au genou, saison stoppée en janvier et costard de sortie pour voir les Lakers perdent en finale contre Boston. Ce n’est que partie remise puisque les Lakers se vengeront l’année suivante face à Orlando. Première bague pour Byby qui pose une saison 2008-09 correcte (14 points, 8 rebonds) durant laquelle il tape même son career high (42 points contre les Clippers un soir de janvier), le tout malgré un genou droit qui lui fait manquer encore 32 matchs et l’oblige à avoir un rôle réduit en Playoffs.

La cuvée 2009-10 est tout simplement un copier-coller, la bague est au bout, les stats sont présentes avec 15 pions, 8,3 rebonds et 1,4 block. Mais le ver et dans le fruit et les blessures reviennent à nouveau gâcher l’existence du petit Andrew qui n’a pourtant que 22 piges. Double-champions en titre, les Lakers vont s’avancer pour le triplé en 2011, Bynum rate le début d’exercice et reste au dispensaire avant de revenir faire ce qu’il sait faire : prendre des rebonds et foutre des contres. Lui et ses coéquipiers terminent dans les hauteurs du Far West, mais seront refroidis par Dallas au second tour. Pour Monty Williams, alors coach des Hornets et éliminé par les Angelinos au premier round (4-2), Andrew Bynum était le joueur le plus important de cette équipe :

« Chaque fois qu’il prenait le rebond offensif, c’était démoralisant. Vous ne réalisez pas vraiment à quel point il est bon jusqu’à ce que vous l’affrontiez. Kobe est Kobe mais je pense que c’est Andrew Bynum qui a décidé du sort de la série. Il a été si bon. »

Dans la foulée et après un été de dur labeur (ou pas d’ailleurs, lisez la suite et vous comprendrez), Bynum réalise la saison de sa carrière. 60 matchs pour des moyennes de 18,7 pions, 11,8 rebonds, 1,9 crêpe et une domination totale qui lui offre sa première étoile et une sélection dans la seconde All-NBA Team. Il choppera même 30 rebonds sur le pif de Tim Duncan le 11 avril 2012. Le chant du cygne à seulement 24 berges.

En 2012-13, pas de saison MVP mais trois lettres tout aussi terrifiantes : DNP. Alors que la franchise de Los Angeles l’a balancé à Philadelphie pour attirer Dwight Howard et réaliser l’un des plus grands ratés de l’histoire, Bynum ne portera jamais le maillot des Sixers et il commence surtout à dégoupiller. Touché au genou, il aggrave sa blessure en jouant au bowling et déclare ensuite « Avec du recul, je n’aurais pas dû aller jouer au bowling, mais qu’est-ce qu’il se serait passé si j’avais dunké ? ». Son aventure chez les Sixers est un vrai désastre et même Nick Young – NICK YOUNG – parlera d’un comportement bizarre le désignant comme son pire coéquipier dans l’émission Buckets :

« Il se foutait de jouer. Il était censé revenir de blessure, puis il est allé au bowling et s’est déchiré le genou. Il aimait conduire sa Ferrari dans laquelle il ne pouvait même pas rentrer. Il adorait les Ferrari et les courses de voitures. Une fois, il était à l’extérieur de la salle en train de faire des tours avec sa Ferrari dans la neige. Le GM se demandait, ‘Qu’est-ce qui ne va pas chez lui ?’. Il faisait ça juste devant le bus, à faire des pitreries avec un ligament déchiré. »

Si même Swaggy P se rendait compte que Bynum ne tournait pas rond, le problème devait être assez conséquent. Et la dernière année de sa carrière finira par le révéler au grand jour. Mis à la porte par les Sixers, l’ancien prodige pose ses valises dans l’Ohio à l’intersaison 2013. Le fiasco est en marche et le pivot va foutre le boxon chez les Cavs. Pour mettre les voiles, il utilise une méthode très simple : dès qu’Andrew Bynum a le ballon, il shoote peu importe son positionnement sur le terrain… On aurait juste aimé voir les images. Les Cavs lui prennent un aller simple pour les Bulls qui le foutent à pôle emploi dans la foulée. L’intérieur tentera un retour en fin de saison chez les Pacers, ce sera court et même pas intense, deux petits matchs et Andrew Bynum quitte la NBA par la petite porte.

De lui, on retiendra ses deux bagues, sa saison All-Star, mais aussi ses innombrables dérapages qui ont rendu fada un paquet de joueurs NBA et leurs coiffeurs…

Pétri de talent et gâté par la nature avec son physique monstrueux, Andrew Bynum a connu la gloire très vite, peut-être trop vite. Son manque de travail, son hygiène de vie et ses frasques ont fini par rattraper celui qui aurait pu dominer la Ligue et s’offrir une place parmi les grands pivots des Lakers. Où qu’il se trouve aujourd’hui, on balance le bonjour à ce personnage un peu fou et surtout unique. Shooting Star !

Sources texte : Slam, Bleacher Report, USA today, Basket-Ball Network, Buckets, Ball is life.

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