One-on-One

Marcus Smart et son combat pour les enfants atteints de cancer : un DPOY au cœur gros comme ça

Marcus Smart Hôpital

Du sourire sur les visages.

Source image : Youtube

Défenseur de l’Année en titre et leader émotionnel des Celtics, Marcus Smart a traversé bon nombre d’épreuves dans sa vie. Il a notamment vu son frère et sa mère se battre contre le cancer. Depuis son arrivée à Boston, il a ainsi décidé de venir en aide aux patients atteints de la maladie, notamment les jeunes enfants. En leur fournissant du divertissement, et en faisant connaître la cause.

Marcus Smart a vécu de très près plusieurs batailles contre le cancer. Son frère, Todd, est de 23 ans son aîné. À 15 ans lui a été diagnostiqué une leucémie, qu’il n’a jamais réussi à vaincre et qui l’a emporté 18 années plus tard. Marcus ne l’a donc vu que comme ça. Il connaît les visites à l’hôpital depuis son enfance, l’équipement médical, les murs blancs, les bips incessants. Et comme un malheur ne vient jamais seul, c’est sa mère Camilla qui en a souffert à son tour, jusqu’à son décès en 2018. Comme si ça ne suffisait pas, son oncle, sa tante et même le père de sa compagne ont tous souffert du cancer. Une succession de malheurs et d’épreuves que Marcus Smart a dû affronter, toute sa vie, et qui ont forgé ce qu’il est devenu aujourd’hui.

« Après avoir été diagnostiqué d’un cancer, il a fini par avoir une tumeur derrière l’œil gauche. Le jour où mon frère a appris qu’il avait une tumeur, il est sorti de l’hôpital et est parti jouer un match. Il a marqué 30 points avec un œil fermé, et a gagné le surnom de The Comeback Kid. À chaque fois que je me sens incapable de faire quelque chose, je repense à ce moment. Qui suis-je pour rester chez moi à ne rien faire parce que je n’ai pas envie ? […] Mon frère n’a pas laissé la douleur l’empêcher de faire ce qu’il aimait. Tous les jours, je dois continuer à me battre car il n’a pas eu cette chance. »

– Marcus Smart, via The Athletic

Marcus Smart veut donc donner leur chance à ceux qui ne l’ont pas encore eu. Et cela passe d’abord par la santé, évidemment. Son frère et sa mère, tous les deux atteints d’un cancer touchant leur sang, auraient pu bénéficier d’une greffe de moelle osseuse. Cela aurait pu, peut-être, leur permettre de vaincre la maladie. Mais les compatibilités sont rares, la population ne connaît que très peu le problème, et obtenir une telle opération est donc très compliqué. Marcus Smart veut donc faire connaître la cause au plus grand nombre. Pour cela, il s’est associé à Aflac, une entreprise proposant des assurances vie et santé aux États-Unis, et surtout à Be The Match, un programme de mise en relation entre les donneurs et les demandeurs de moelle osseuse. Mais tout cela demande évidemment du temps, et un changement de culture à grande échelle qu’il ne peut pas apporter seul. Alors, en attendant, Marcus Smart s’engage personnellement auprès des enfants, dans les hôpitaux de Boston.

Il sait ce dont les patients ont besoin, et veut mettre son expérience, comme son temps, à leur service. Partager un peu de bonheur, sans rien demander en retour. Cette démarche, il la conduit depuis 2014, date de son arrivée chez les Boston Celtics. Anonymement, presque, très discrètement en tout cas. Un mode de fonctionnement louable, on ne fait pas de charité pour se faire voir, mais qui entrave parfois son combat. Il a dû mettre un peu d’eau dans son vin et accepter d’être quelques fois suivi afin de faire connaître sa cause grâce à sa popularité.

Et Marcus Smart a également créé sa fondation pour venir en aide aux patients atteints de cancer, entre autres. La Young Game Changer Foundation propose des centres de connaissance et d’apprentissage dans les communautés qui en ont besoin, un programme de tutorat auquel le joueur participe personnellement ou encore des ordinateurs à disposition des plus démunis. Mais la plus grosse innovation de la fondation est le Smart Cart : un ensemble d’appareils électroniques qui permettent aux enfants en séjour à l’hôpital de connaître autre chose que leurs quatre murs. Ils peuvent découvrir le monde à travers leur tablette, jouer à des jeux vidéos et surtout, facilement contacter leur famille quand celle-ci ne peut pas être présente à leurs côtés. Un moyen de combattre l’ennui et la solitude que peuvent parfois, souvent même, ressentir ces enfants. Une aubaine pour les établissements qui ont pu en recevoir, dont les moyens sont généralement insuffisants pour s’équiper eux-mêmes. Et voilà que l’initiative fait parler d’elle et séduit d’autres joueurs voulant s’engager, comme Jrue Holiday accompagné de sa femme Lauren.

Le travail de Marcus Smart semble donc payer : son dispositif Smart Cart fonctionne, fait des émules dans la Ligue et des heureux dans les chambres d’hôpital. Une satisfaction que l’on imagine intense pour lui, tant il aurait aimé pouvoir aider sa famille de la même façon. Quand il voit le résultat de ses efforts, on ne peut qu’imaginer qu’il va continuer :

« Avant que j’entre dans une chambre, on m’explique souvent que l’enfant ne va pas bien, qu’il vient de passer des journées très difficiles. J’espère pouvoir l’aider à oublier un peu tout ça. Et puis, quand j’entre, c’est complétement différent. L’enfant affiche un grand sourire, il se lève, il parle, il sort de son lit… C’est pour ça que je fais ça, c’est tout ce qui compte. »

– Marcus Smart

Le Marcus Smart des parquets NBA, floppeur émérite et parfois un peu dirty, peut être frustrant. Mais impossible de ne pas le saluer en dehors. Son engagement pour sa communauté, et pour les patients atteints de cancer, est partie intégrante de sa vie et de celle des habitants de Boston. Ça ne se voit pas dans les statistiques, mais ça rend la carrière de Marcus Smart encore plus brillante.

Source texte : The Athletic

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