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Rudy Gobert chez les Wolves : nouveaux coéquipiers, nouvelles ambitions, enfin un vrai projet de contender ?

Rudy Gobert / Karl-Anthony Towns

Ah ça fait plus d’effet que Trey Lyles.

Source image : @Timberwolves sur Twitter

Le premier jour de l’été, le dernier d’un désert que l’on croyait sans fin. Le 1er juillet dernier, Rudy Gobert est envoyé dans le Minnesota en échange d’une tripotée de role players. Neuf saisons passées dans l’Utah, neuf saisons intenses, de développement, durant lesquelles Rudy Gobert s’est fait un nom là où il est si difficile de s’en faire un. Il était temps qu’à ses hauts faits s’ajoutent des ambitions collectives (des vraies).

L’essuie-tout des Américains qu’il est bon d’attaquer pour faire parler de soi. Pas forcément rancunier, juste discret, parfois agaçant de négligence médiatique. Bien que triple Défenseur de l’année (2018, 2019 & 2021), Rudy Gobert laisse à nos esprits avides de rêve, d’aventure et d’espace, un goût sec d’inachevé. Comme si à l’instant présent, il ne maximisait pas le potentiel de l’héritage qu’il pourrait laisser, dans le futur. On ne se satisfait plus d’une passe lobée de Donovan Mitchell, d’une avance de +22 en saison régulière – même contre une grosse écurie – ou d’un compliment de Joe Ingles. À 30 ans, l’âge de la paix, il lui faut partir à la guerre. Une mutation dans un autre régiment était probablement le meilleur ciel qui puisse tomber sur la tête de Rudy Gobert. On ne laisse pas neuf années de basket-ball derrière soi comme on demande à la boulangère de garder la monnaie. Encore moins quand ce sont ces neufs années qui nous ont construit en tant qu’homme.

Est passé le temps de la nostalgie et des remerciements, vient celui de la compétition.

La saison passée, les Wolves de Karl-Anthony Towns, Anthony Edwards et D’Angelo Russell ont terminé à la 7e place de la Conférence Ouest. Un revers en play-in face à des Pelicans excellement organisés, puis ce succès contre les Clippers, synonyme de Playoffs retrouvés, quatre ans après la dernière participation de la franchise, la deuxième depuis 2004. Une célébration d’après-match digne d’un Three-Peat, un Pat Beverley ressenti MVP des Finales, avant de se faire sortir au premier tour, non sans lutter, par des Grizzlies sérieux sur leurs 82 matchs de régulière. Le 1er juillet sonne alors le début d’une nouvelle ère : Tim Connelly, GM des Wolves, ramène Rudy Gobert dans le Minnesota. Sur le chemin inverse, Malik Beasley, Pat Beverley, le rookie Walker Kessler, Jarred Vanderbilt et Leandro Bolmaro tirent la gueule. La fin d’une belle aventure pour des contributeurs évidents. Sacrifiés pour le business ? Sacrifiés pour la compétition. Avec l’ajout du meilleur défenseur de NBA (un seul DPOY ne fait pas de Marcus Smart le n°1 en activité), les Wolves envisagent de bondir au classement des défenses où ils ne pointaient “qu’à” la 13e place avec 111 points encaissés par match. Rudy, lui, nage enfin dans le grand bassin des ambitions.

« Je pense que Rudy est l’un des meilleurs joueurs défensifs qu’on a pu voir en NBA. Il a le palmarès pour le prouver. Et je pense que je suis l’un des plus grands talents offensifs que la NBA a pu voir. Ensemble, cela nous donne beaucoup de talent à utiliser ». Optimiste mais pas utopiste, Karl-Anthony Towns s’avance sans peur. Cela change du discours estival des cadres du Jazz, comme quoi la franchise mormone est en pole position pour aller chercher le prochain titre. La fraîcheur égocentrique qui émane des propos de Towns nous donne envie de lui tapoter le derrière du crâne, avec de l’affection mais aussi un zeste de fermeté, histoire de lui rappeler qu’il n’est pour l’instant pas un Hall of Famer, bien que son ego hérisse bêtement nos poils, fiers Français que nous sommes, heureux de voir Rudy Gobert cerné de garçons ambitieux pour la plupart dans la fleur de l’âge. En cas d’intempérie sur leur première saison ensemble, Rudy Gobert et Karl-Anthony Towns n’auront pas à se faire de souci pour la suite, ni à chercher un nouveau projet dans la panique du temps qui passe : Anthony Edwards (21 ans) et Jaden McDaniels (22 ans) assurent leurs arrières. L’un est presque « All-Starisable », peut grimper tout en haut à n’importe quel moment, sur un mois à 30 points de moyenne, et l’autre est déjà l’un des meilleurs défenseurs individuels de NBA. On n’est pas mathématiciens et cela tombe bien car le basket n’est pas une science exacte, mais ajouter Rudy Gobert, le profil du double-double par excellence, aux deux merveilleux attaquants que sont Edwards et Towns, au gestionnaire D’Angelo Russell et à la versatilité de McDaniels, le bilan ne peut qu’être positif.

Le premier match de Rudy Gobert sous ses nouvelles couleurs ? C’était jeudi dernier, pour 5 points, 12 rebonds et une sauce infligée par Thomas Bryant. Rien d’alarmant, seulement de la pré-saison, la suite sera bien plus heureuse que pour ce Ian Mahinmi de Wish.

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