One-on-One

Que sont-ils devenus – Darko Miličić : le prodige européen drafté juste derrière LeBron, et qui a terminé en quatrième division serbe

Darko Milicic

Un parcours pour le moins… spécial.

Source image : Bleacher Report

La NBA est le théâtre parfait pour réaliser des rêves de gosse, mais la NBA a également pour particularité de parfois éteindre la lumière plus vite encore qu’elle ne l’a allumée. Période creuse oblige, on se penche cet été sur des noms qui nous sont familiers, certains plus que d’autres, des noms qui nous « disent quelque chose » mais qui ne font plus vraiment les premiers titres. Des histoires qui ramènent à une douce mélancolie. Cold Case Affaires classées mais version NBA, avec l’ambition de vous donner quelques nouvelles de ces mecs qui ont fait partie fut un temps de notre quotidien. Neuvième épisode ? Darko Miličić, un garçon drafté juste derrière LeBron James et qui était censé révolutionner le poste de pivot en NBA.

Lorsque l’on cite les plus gros busts dans l’histoire de la NBA, le nom de Darko Miličić n’est jamais très loin. Si Anthony Bennett, Sam Bowie ou Greg Oden sont souvent considérés comme les champions de la lose, le Serbe parvient régulièrement à se glisser entre les mailles du filet. Et pourtant, à 2m13 pour un peu plus de 113 kg, difficile de se glisser dans quoi que ce soit, mais passons. Darko Miličić naît à Novi Sad le 20 juin 1985 et très tôt, sa grande carcasse représente le plus gros point fort du bonhomme au basket. Alors attention, le pivot a un toucher certain et semble plutôt agile compte tenu de sa grande taille, mais au point d’imaginer que ce garçon est voué à devenir le prochain visage de la NBA ? C’est un peu too much. Visiblement, pas de quoi inquiéter Joe Dumars, alors GM des Pistons, qui décide de drafter Miličić avec le second pick de la Draft 2003, sans doute porté par le fantasme naissant du joueur européen tellement plus talentueux que les autres. Darko débarque alors en NBA, sélectionné juste après un certain LeBron James, et devant des mecs qui auront une carrière somme tout honnête comme Carmelo Anthony, Dwyane Wade ou encore Chris Bosh. Vous avez dit cuvée prolifique ? Bon évidemment, déjà à l’époque, le choix est discutable et discuté, puisque même Rip Hamilton – alors joueur pour les Pistons – ne se gêne pas pour critiquer ouvertement la décision de sa franchise.

Oui mais voilà, un an plus tard – pour ne pas dire deux semaines – le constat est assez évident, ce garçon n’est vraiment pas prêt pour la NBA. Pire encore, Darko Miličić est davantage célèbre pour les murges qu’il s’envoie durant l’année plutôt que pour son jeu. Ses trois premières saisons dans la Grande Ligue sont faméliques, l’intérieur ne dépasse d’ailleurs jamais les 2 points de moyenne durant celles-ci. Le Serbe joue peu, et quand il joue, on comprend tout de suite mieux pourquoi il ne… joue pas. Comble ultime de la fraude, le bonhomme est quand même sacré champion NBA en 2004, soit une petite année après son arrivée en NBA. Quand on sait que Carmelo Anthony court toujours après une bague, ça la fout vraiment mal. Lassés de ses frasques extra-sportives et de ses performances décevantes, les Pistons décident de le transférer vers le Magic en 2006, en échange de Kelvin Cato et d’un premier tour de draft. Durant son aventure floridienne, Miličić montre quelques signes d’amélioration, sans doute stimulé par la présence de Mickey dans les parages. Désormais, Darko envoie 8 points et 5 rebonds par match. Toujours rien à la hauteur de son choix dans la Draft 2003, mais il faut reconnaître que le garçon progresse, et le bougre ira même jusqu’à sortir une série de Playoffs pas dégueu en 2007 face… aux Pistons, son ancienne équipe.

“Je pensais que j’étais l’élu, véritablement l’élu. Que je devais être un des meilleurs joueurs de la Ligue, que je devais devenir All-Star, que je n’avais pas à bosser. Je venais bourré à l’entraînement, pour agir comme un bad boy ou quelque chose du genre, et toutes ces choses je me les infligeais à moi-même. […] Je ne buvais pas avant les entraînements. Je buvais toute la nuit, je ne dormais pas et j’allais direct à l’entraînement. Je me disais qu’ainsi, j’agirais comme un homme.”

Malheureusement pour lui, le pivot n’est finalement pas conservé par le Magic et se retrouve libre à l’issue de la saison 2006-07. Zou, direction Memphis et les Grizzlies pour deux autres saisons. Bon, encore une fois Darko ne fait pas d’étincelles, en tout cas pas suffisamment pour être conservé. Après une pige de huit matchs chez les Knicks, Miličić s’engage avec les Timberwolves pour ce qui sera sans doute le meilleur passage de sa carrière. Dans le Minnesota, le Serbe envoie des stats correctes, grimpant à pratiquement 9 unités chaque soir avec 5 rebonds en prime. Le numéro 31 rend ainsi deux-trois services chez les Loups, avant finalement d’être coupé fin 2012. La fin de carrière de l’un des plus gros busts de l’histoire approche, et son aventure chez les Celtics entre 2012 et 2013 sera la dernière de son histoire en NBA. Une histoire compliquée voire tumultueuse, pour un gamin jeté trop tôt dans le monde des grands. Parce que oui, tirer à boulets rouges sur un garçon parfois simplet, c’est marrant, mais il faut aussi rappeler que Detroit, Joe Dumars et le coach Larry Brown ont leur part de responsabilité dans l’échec de Miličić en NBA. Pourquoi s’obstiner à drafter un garçon aussi haut quand l’objectif principal reste le titre, d’autant plus sans pratiquement rien savoir de lui. Aujourd’hui le Serbe est désormais loin, très loin du vacarme incessant de la Grande Ligue, et c’est sans doute bien mieux comme ça.

« Leur système est cruel, je ne l’aime pas. Si un jeune joueur n’y arrive pas, ils ne l’aident pas. C’est assez lamentable. Il y a des joueurs qui sont premier ou deuxième choix de la draft qui ont une chance de jouer. Je n’ai pas eu ma chance. LeBron James est un tueur maintenant mais il a eu la chance de jouer dès sa première année. Je n’ai pas eu cette chance. »

 

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Clairement, l’après-carrière de Darko Miličić est à l’image de la vie du bonhomme : c’est un peu le foutoir. Bon, premièrement, il faut bien se rendre compte que l’intérieur a claqué la porte de la NBA très tôt, puisque le Serbe n’avait que 28 ans au moment de sa retraite. Sans doute encore marqué par les stigmates de son aventure outre-Atlantique, le garçon a quasiment coupé les ponts avec la Grande Ligue. Pour l’anecdote, Darko a carrément dû demander à un journaliste le nom des équipes qualifiées pour les Finales NBA au moment d’être interrogé sur le sujet en 2017. C’est vous dire le niveau de je-m’en-foutisme du bonhomme mais en même temps, peut-on vraiment lui en vouloir ? Sans cesse raillé sur son statut de second choix au pays de l’Oncle Sam, Miličić est retourné chez lui en Serbie pour devenir agriculteur, lui qui possède une immense ferme de plusieurs hectares. À défaut d’avoir pu exporter correctement ses talents, le pivot exporte désormais tous types de fruits aux quatre coins du monde, et c’est déjà ça. D’ailleurs, le sport reste également toujours présent dans la vie du grand Darko et on ne parle pas de beer pong, même si faire la fiesta reste une activité qu’il pratique à part entière. Après le panier-ballon, le géant s’est notamment essayé au kickboxing. On ne va pas vous faire de dessin, c’est un nouvel échec cuisant puisqu’il s’est viandé dès son premier combat. Premier combat qui sera d’ailleurs aussi le dernier. Botter des culs, c’est un grand da comme on dirait là-bas mais retour au basket cette fois. La terreur Miličić a fait un comeback sur les parquets durant l’année 2019. Alors oui, c’était en quatrième division serbe, mais les règles restent les mêmes, à quelques mandales près. Une vie désormais paisible donc pour celui qui aura tant galéré en NBA. En partie responsable de ses malheurs, l’ex-Piston peut quand même regretter ne pas être arrivé dans le bon timing. Avec son bout de shoot et son toucher, Darko Miličić disposait d’un talent indéniable. Dans la NBA actuelle, le bougre aurait même pu être un joueur correct si ce n’est pas plus. Et le pire, c’est qu’on ne déconne même pas.

Dans la liste des plus gros busts de l’histoire de la Grande Ligue, Darko Miličić figure tout en haut. Comme d’autres avant lui, le pivot fait partie de ces garçons qui ne franchiront jamais le cap, probablement plongés trop vite dans le grand bain. Mais aujourd’hui, le Serbe a trouvé une vie qui lui convient, loin des strass et des paillettes de la Grande Ligue. Le calme, enfin pour un bonhomme écorché vif par l’exigence du très haut-niveau. 

Sources texte : E:60, NBA, ESPN, Blic

2 Commentaires

2 Comments

  1. Mon p’tit Joao

    15 août 2022 à 9 h 50 min at 9 h 50 min

    Ouais… enfin le gars pensait être l’élu et devenir le GOAT en se bourrant la gueule et sans dormir avant les entraînements. Je suis pas certain qu’il aurait pu réussir en NBA quelque soit la période durant laquelle il aurait pu évoluer. Avec une éthique de travail aussi dégueulasse il a beau pleurer en disant « on m’a pas laissé jouer la première année contrairement à lebron » et rejeter la faute en partie sur la NBA, le mec s’est quand même superbement saboté dès le départ par excès de vanité.
    Il a pu tout de même essuyer ses larmes avec ses billets de 100$, peu de gens peuvent en faire autant. Pas mal pour un tâcheron alcoolique au final!

  2. Mytro

    20 août 2022 à 14 h 40 min at 14 h 40 min

    Facile de taper sur quelqu’un qui ne peut pas répondre, un tâcheron alcoolique. Un bust, oui, mais qui n’a volé personne, n’a forcé personne à le surcoter. Celui qui n’a aucun respect pour les autres ne mérite pas grand respect. C’est juste un espoir déchu, il n’a rien fait de mal. Le manque de respect des commentaires, c’est quand même pas glorieux.

    Je trouve que cet article tape trop facilement après coup, c’est tellement facile de refaire l’Histoire. Oui il n’avait pas l’éthique de travail et le mental nécessaire à la réussite, mais Joe Dumars, GM de l’année l’année précédente, n’était pas un abruti non plus. Il était unanimement reconnu comme un monstre de ce jeu, à l’époque il y a eu une couv de Sports Illustrated en 3 modes différents, chacun avec « The Chosen One », avec LeBron, Darko et Melo. Ils étaient tous considérés comme des top picks dans d’autres cuvées. Je me souviens qu’il y a même eu un mini débat avec LeBron, tellement Darko était hypant, éteint parce que c’était LeBron.
    Oui il n’a pas été à la hauteur, mais c’est pas « évidemment le choix est discutable ». Il était juste discuté par rapport à Melo, après il n’y avait pas une mock draft qui le mettait après la 3è place. C’est un peu facile de faire comme si on était plus malin que les autres après coup.
    J’ai mieux aimé l’épisode précédent sur Tariq Abdul-Wahad, qui ne présentait pas ce sentiment de supériorité.

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