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La Dream Team 1992 – 30 ans après : une équipe de rock stars, des fans par milliers, retour sur un engouement inégalé

Tout le monde s’arrachait Jojo et les autres (sauf John Stockton).

Source image : YouTube

C’était il y a trente ans. Déjà. Trente ans que les États-Unis obtenaient l’autorisation d’envoyer des joueurs NBA participer aux Jeux Olympiques. Trente ans que, de ce fait, la « Dream Team » était créée. Trente ans qu’une simple équipe de basketball prenait une dimension jusqu’alors jamais vue. Records, légendes, influence… cet été TrashTalk a décidé de revenir avec vous sur toutes les histoires qui ont fait de cet effectif l’un des plus mythiques de l’histoire du sport. Sortez vos Hoverboard, montez dans la Delorean et lancez Johnny B. Goode sur l’autoradio car il est temps de revenir en 360 degrés sur ce qu’il s’est passé il y a… 360 mois. Dans le huitième épisode ? On a décidé de revenir sur l’incroyable engouement entourant le phénomène  « Dream Team » à l’époque.

Épisode précédent : La Dream Team 1992 – 30 ans après : dans l’ombre des hommes, des Jeux Olympiques qui marquent un tournant historique pour le basketball féminin aux États-Unis

« Je ne sais pas ce qu’ils auraient fait s’ils avaient réussi à nous atteindre. » Karl Malone s’en souvient comme si c’était hier. Au moment de sortir du bus de l’équipe pour intégrer l’Ambassador Hotel qui a accueilli la « Dream Team » pendant la quinzaine barcelonaise, l’intérieur américain s’est véritablement rendu compte avec ses copains de l’énorme engouement entourant la mythique formation américaine. Des centaines de fans éparpillés un peu partout, des cris d’admiration en bande son, des pancartes à l’effigie des célèbres joueurs US… bienvenue dans le monde des rock stars.

« Tout le monde voulait nous voir. Quand on était dans le bus, quand on était à pied, peu importe. Les fans étaient curieux de découvrir ces joueurs dont tout le monde parlait et qui étaient constamment mis en avant. Et nous, on voulait leur prouver qu’on était prêts à assumer tout ça. »

– Michael Jordan

C’est dans ce climat de folie constante que la « Dream Team » vit son expérience olympique en 1992, période où la NBA est certes en pleine expansion sous l’impulsion notamment du succès de Jordan mais qui n’est alors qu’au début de son développement à l’international. Une expérience qui n’est clairement pas comme les autres, même pour ces superstars du basket pourtant habituées à être sous le feu des projecteurs de l’autre côté de l’Atlantique. Très rapidement, la troupe du head coach Chuck Daly a pu avoir un aperçu des choses à venir. Dès la préparation du côté de Portland dans le cadre du Tournament of the Americas à la fin du mois de juin 1992, quand Team USA a disputé ses premiers matchs internationaux pour décrocher sa qualification pour les Jeux Olympiques de Barcelone. L’engouement du public américain devant cet assemblage unique de stars s’est très vite ressenti, mais c’est aussi dans l’Oregon qu’un certain nombre de journalistes étrangers ont pu goûter pour la première fois au phénomène, avec évidemment plein d’étoiles dans les yeux.

C’est véritablement à partir de ce moment-là que cet engouement n’a cessé d’aller crescendo, une nouvelle étape étant ensuite franchie du côté de Monaco où la « Dream Team » s’est entraînée (entre les visites à la plage et les soirées au casino) pendant une semaine avant le début des JO. C’est notamment à Monte Carlo que l’arrivée de l’équipe américaine à son hôtel a provoqué une scène complètement folle, une personne brisant la vitre de l’entrée car bousculée suite à un mouvement de foule. C’est également du côté de Monte Carlo qu’un match amical opposant les States à l’Équipe de France sous les yeux du Prince Rainier a été à l’origine d’une véritable hystérie chez les fans, les 3 500 billets disponibles étant  vendus en seulement un petit quart d’heure. Bref le genre d’épisodes qui illustrent parfaitement le chaos accompagnant les superstars américaines cet été-là. Mais une fois à Barcelone, Team USA est encore entrée dans une nouvelle dimension.

« C’était comme si Elvis et les Beatles étaient réunis »

– Chuck Daly, entraîneur de la « Dream Team »

Des agents de police qui surveillent l’entrée, des snipers sur le toit, des hélicos qui survolent la zone, voilà tout ce qui entoure l’Ambassador Hotel où réside alors la « Dream Team » pour les JO. Bonjour l’ambiance. Pour des raisons de sécurité, les stars du basket US n’ont pas pris place dans le traditionnel village olympique et passent ainsi la quinzaine dans cet établissement quatre étoiles tout juste sorti de terre, établissement constamment entouré par d’innombrables fans voulant voir leurs idoles en vrai. Les consignes sont claires : personne ne peut entrer dans l’hôtel sans autorisation préalable, et aucun joueur NBA ne sort alors de celui-ci sans plusieurs gardes du corps – parfois armés – à ses côtés. Vous l’avez compris, les grands moyens sont mis en place pour éviter tout débordement lié à cet engouement unique mais aussi pour minimiser le risque d’une éventuelle attaque terroriste contre la superpuissance américaine, plusieurs membres de la « Dream Team » recevant notamment des menaces de mort. Malgré cet atmosphère pas très fun ainsi que l’énorme attention provoquée par leur seule présence, Michael Jordan, Magic Johnson et Cie arrivent tout de même à prendre du bon temps. Larry Bird par exemple, qui n’a jamais vraiment été à l’aise au milieu d’une foule en délire, décide d’aller voir un match de baseball de l’équipe américaine durant la quinzaine. Sauf que, anecdote sympathique, il décide de quitter l’hôtel par une porte latérale histoire d’éviter la floppée de groupies se trouvant à l’entrée, avant de prendre discrètement le métro. Quant à Charles Barkley, il est dans son propre monde et vit l’expérience à fond, sortant en boîte le soir sans la moindre crainte d’un éventuel dérapage. YOLO comme disent les jeun’s. Enfin, John Stockton a lui l’incroyable luxe de passer inaperçu avec sa famille quand il marche en plein milieu de Barcelone, tout le contraire de Jordan qui est alors l’athlète le plus hype du monde.

De la cérémonie d’ouverture où la « Dream Team » est arrivée pile à l’heure – c’est-à-dire bien plus tard que les autres athlètes – pour éviter de bousculer l’organisation (sans succès), de la première conférence de presse à Barcelone où plus de 1 200 journalistes étaient présents, jusqu’à la dernière image de Team USA avec la fameuse médaille d’or, l’équipe américaine de basket prend quasiment toute la lumière. Tous les yeux sont rivés sur eux non seulement quand ils explosent leurs adversaires sur le parquet match après match, mais aussi en dehors de leurs performances sportives. Les autres athlètes – peu importe leur statut, leur nationalité ou leur discipline – passent forcément au second plan, provoquant même de la jalousie chez certains et notamment chez des Américains. Pour la faire courte, la « Dream Team » évolue tout simplement sur une planète à part du système olympien. C’est comme si 12 OVNI étaient venus sur Terre le temps d’une quinzaine pour exposer leurs talents et que c’était l’occasion ou jamais de les voir en action. Les audiences TV de la chaîne NBC – qui diffuse alors les Jeux Olympiques aux States – font notamment de gros pics à chaque fois que Team USA fait son show, mais c’est tout autour du globe que ses exploits marquent véritablement les esprits. Les jeunots qui sont alors devant leur poste de télévision, que ce soit en France, en Allemagne, en Argentine ou ailleurs, deviendront pour certains les stars internationales de la NBA version XXIe siècle, tant cette équipe de rêve représente alors une incroyable source d’inspiration.

« Le monde du basket a invité la NBA, et nous avons dit oui. Tout le monde en a profité, et ça a fait grandir ce sport. Aujourd’hui, nous voyons Dirk Nowitzki, Ricky Rubio, Tony Parker, Yao Ming, Manu Ginobili. Et Luis Scola, et Serge Ibaka, et Luol Deng. »

– David Stern, ancien commissionnaire NBA, en 2012

Jamais une équipe d’un sport collectif n’avait suscité un tel engouement. Jamais on n’avait vu une telle mania autour d’un groupe d’athlètes sur le point de disputer les Jeux Olympiques. Si la « Dream Team » de 1992 restera pour toujours un phénomène à part, c’est notamment pour cet aspect très « rock star » qui a accompagné la bande à Michael Jordan et Magic Johnson du début jusqu’à la fin. Les Rolling Stones version basket, c’était eux. 

Sources texte : livre « Dream Team » de Jack McCallum, documentaire « The Dream Team » (NBA TV)

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