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Rudy Gobert a soufflé sa 30ème bougie : coup d’œil dans le rétro, et sur une nouvelle décennie qu’on espère encore plus folle pour la Gobe

Rudy Gobert Jazz 25 avril 2022

Petite légende le bonhomme.

Source image : YouTube

Ils ne sont pas si nombreux, finalement, ces joueurs français ayant mis la NBA à leurs pieds. Expression un tantinet exagérée peut-être, quoique relative, mais malgré tout Rudy Gobert fait aujourd’hui partie de ces joueurs qui comptent dans la Grande Ligue, et dont la carrière fera date à bien des égards. 30 ans dimanche dernier pour la Gobe, et si les accomplissements sont déjà FOUS il en reste encore quelques uns à accomplir.

Ce qu’il a déjà fait

Meilleur dunkeur de la saison :

Alors celle-là est assez anecdotique, mais pas tant que ça quand on sait que toi même tu n’arrives même pas à dunker sur des paniers de U11. Record all-time de dunks sur une saison, on est dans les 300 et des bananes et donc environ quatre par match. Le précédent record de Dwight Howard n’est plus, et si on attend toujours des « 360° riders moulins à vent tomahawk across the map » ou autres posters sanguinolents, disons que le fait d’être le joueur NBA qui claque le plus de tomars reste une sacrée performance. Bref, si vous êtes un panier de basket et que vous croisez Rudy, élevée est la probabilité de vous faire péter la gueule.

Meilleur rebondeur de la saison :

Meilleur dunkeur et rebondeur de la saison, deux attributs dont la corrélation est courante. Sur cette saison 2021-22, le Français a enfin réussi à terminer tout en haut dans le classement des éboueurs de la Grande Ligue. Pour une fois, on remercie ses partenaires d’y avoir grandement contribué. Si Hassan Whiteside a pris 7.6 rebonds par rencontre en sortie de banc, le 3e de l’équipe dans cette catégorie est Royce O’Neale avec seulement 4.8 rebonds par match. C’est toujours cool de ne pas avoir de meneur tout volumineux qui vienne piquer ce qui de droit appartient à ses intérieurs. À chacun son truc, et Rudy gère très bien sa part du boulot.

Meilleur contreur de la saison :

Là encore ce haut fait établi sur la saison 2016-17 alimente l’éternel débat du « Eh Rudy se fait toujours postériser ». Il est tout bonnement impossible de rafler trois titre de Défenseur de l’année sans se faire ronfler une ou deux fois par les attaquants. Dans toutes les disciplines – mis à part le saut en parachute – les meilleurs font des erreurs. Il s’agit maintenant de couper la poire entre les accomplissements d’un bonhomme, et ses moments d’ombre. Un garçon comme Yuta Watanabe qui a servi d’escalator à Anthony Edwards ne peut pas « compenser » avec un titre de meilleur contreur sur une saison entière. Là, Rudy s’est déjà fait essuyer par Russell Westbrook, Spencer Dinwiddie ou encore DeMar DeRozan, mais on est quasi sûr qu’il leur a déjà rendu la pareille.

Meilleur défenseur de la saison :

On l’a mis dans « Ce qu’il a déjà fait », mais pour manger à la table des plus grands, Rudy Gobert doit le refaire. Une armoire qui porte trois trophées de DPOY (2018, 2019 & 2021) ne sera jamais une armoire qui porte suffisamment de trophées de DPOY. Tout en haut, au panthéon des protecteurs de cercle, Dikembe Mutombo et Ben Wallace en sont à quatre chacun. S’arrêter à trois, c’est comme acheter un kangourou et lui interdire de rebondir. Comparaison bof, ok, mais le chemin – même si déjà bien avancé – est encore long.

All-NBA Defensive Team :

Six apparitions consécutives dans la « All-NBA First Defensive Team » ? Un accomplissement qui témoigne d’une certaine régularité/constance dans l’effort, et qui finira forcément par payer. Selon le labo de TrashTalk, 65% des amerloques détestent Rudy Gobert et 97% d’entre eux ne savent même pas pourquoi. Mais grâce à des calculs parallèles, l’on a réussi à établir que 89% des amerloques adoraient les chiffres. Dans ces 89%, 81% font partie des 65% qui détestent Rudy Gobert. Vous l’avez ? Une fois qu’il sera l’heure d’étaler les accomplissements/palmarès/stats du Français au grand jour, beaucoup retourneront leur veston. Les chiffres plus forts que la haine, c’est comme ça.

Eclater un gobelet :

Si les chiffres sont indélébiles, les images le sont tout autant. On se souvient de ce début de match face à Houston, lors duquel Rudy – sorti pour deux fautes en trois minutes de jeu – avait giflé un gobelet. Un geste qui lui a valu quelques railleries. C’est pourquoi on a listé au Français une to do list à réaliser devant les caméras, histoire que la Gobe attire compassion et sympathie des amerloques :

  • Se prendre davantage au jeu du trashtalking, oublier le discours très européen du « je n’ai rien à répondre, je n’écoute pas les critiques ».
  • Dire à Pat Beverley que renifler le nombril de ses adversaires et taper le parquet ne sont pas des critères pour le trophée de DPOY.
  • Se créer une petite célébration à lui, comme faire la vague contre le sol après chaque block.
  • Tirer l’oreille de Donovan Mitchell après un mauvais play et lui demander d’aller lui chercher une canette.
  • Crever un ballon devant Chris Paul et le comparer avec ses baloches en Playoffs.

Equipe de France :

Médaille d’argent aux Jeux olympiques 2020 à Tokyo, médaille de bronze à la Coupe du monde 2019 en Chine, médaille de bronze au championnat d’Europe 2015 en France, médaille de bronze à la Coupe du monde 2014 en Espagne. Un petit palmarès qui ne demande qu’à s’étoffer sur les deux prochaines années avec l’Euro, le Mondial et les JO de Paris. Il y a clairement la place pour devenir l’un des meilleurs joueurs de l’histoire de l’Équipe de France, en combinant palmarès collectif, réalisations individuelles sous le maillot bleu, et nombre de sélections (actuellement 73).

Ce qu’il n’a pas encore fait

Titulaire au ASG :

On aurait bien aimé le vanner en disant que même Andrew Wiggins l’a fait, mais depuis, ce dernier a gagné en crédibilité. Et puis de toute manière, ce n’est pas franchement à Rudy Gobert de se bouger les fesses. Il peut développer son attirail offensif, on est d’accord, mais à partir du moment où un joueur est en tête dans la course au Défenseur de l’année, il devrait instantanément figurer dans l’un des deux cinq majeurs. Mais d’un autre côté, le principe du All-Star Game reste de faire de l’audience et un 360° de Rudy Gobert n’est pas forcément ce qui fait rêver les gosses. C’est comme faire manger du foin à son chat : pas super naturel.

Jouer une Finale de Conf :

Là, on attaque le plus fâcheux. Comment se fait-il qu’à 30 berges, Rudy Gobert n’ait jamais atteint une finale de conférence ? On a bien une réponse qui commence par « Il joue avec » et se finit par « Donovan Mitchell », mais l’on nous accuserait d’un manque d’objectivité.

Jouer une Finale NBA :

Il eût été étonnant que Rudy Gobert ait disputé une Finale NBA sans passer par la case « finale de conférence ». On lui souhaite de débloquer ces deux accomplissements en même temps, à l’issue d’une campagne de Playoffs qui – du coup – serait tonitruante.

La gagner, please :

Le Jazz a toujours cette étiquette collée par le duo John Stockton – Karl Malone, d’une franchise à l’histoire respectable, mais au palmarès plus vide que le *insérer mot de votre choix* de Jaxson Hayes. Si Rudy Gobert parvient à débloquer la situation avec une bagouze, bonjour la reconsidération dans les classements all-time. On en est encore loin hein, et le Français n’est pas un franchise player mais bien un lieutenant d’élite autour duquel faire le jeu. Il lui faudra de l’aide, et pour le coup, on en est encore plus loin.

L’or olympique :

On ne dit pas qu’il sera trop vieux pour les Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028, simplement qu’il y a une première échéance à ne surtout pas manquer : Paris 2024, ça vous parle ? À la maison, devant la famille, les amis et des candidats de télé-réalité qui pensent que le hors-jeu se siffle au basket, Rudy Gobert aura fort à faire. Cette date sera le rendez-vous le plus important de sa carrière avec les Bleus. À 32 ans, on espère qu’il aura réussi quelques trucs entre temps, histoire d’arriver avec quarante-douze kilos de confiance dans le bagage. C’est au moins ce qu’il faudra pour jouer Team USA yeux dans les yeux, et les faire enfin tomber du dernier échelon.

Planter du parking :

Est-ce réellement ce que l’on souhaite ? En notre for intérieur, très clairement, mais on ne vous cache pas que saison après saison, les militants pour un Rudy Gobert artilleur perdent espoir. Sur l’entièreté de sa carrière, le Français affiche un drôle de 0/11 du parking, tout droit sorti des nineties. Il a tenté à huit reprises sur les deux dernières saisons, et n’a probablement pas dit son dernier mot. La campagne 2022-23 serait-elle la bonne ?

Changer de franchise (oups) :

Drafté à Denver mais envoyé au Jazz dans la foulée, Rudy Gobert n’a jamais connu une autre ville/franchise que Salt Lake City. On ne va pas forcer pour qu’il bouge ailleurs hein, Utah restant une chouette formation au sein de laquelle cohabitent de bons éléments, mais le Français doit obtenir des garanties. Du genre ? Rafraîchir le roster, rameuter du joueur étoilé, sexifier le tout quoi. Mais il ne semble pas en position de force pour l’ouvrir. Selon des bruits de couloir, son front office penserait à l’échanger cet été. Une belle connerie qui laisserait les clés de l’effectif à Donovan Mitchell. Vous voulez une croyance ? Lui, sans Rudy, n’emmène pas le Jazz en Playoffs.

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