One-on-One

Kevin Durant doit se bouger : retour sur ces six fois où KD était attendu au tournant, spoiler d’habitude ça fait mal pour l’adversaire

Durant

Kevin Durant est à côté de ses pompes face aux Celtics. Réaction attendue ce soir !

Source image : NBA League Pass

En grosse galère lors des deux premiers matchs de la série contre Boston, Kevin Durant est méconnaissable depuis le début des Playoffs et les Nets – menés 2-0 – en payent le prix fort. Une faillite qu’on n’attendait pas du tout pour le meilleur scoreur de la planète qui va clairement devoir se bouger dès le Game 3 de ce soir à Brooklyn. Pour le dire autrement, KD est véritablement attendu au tournant aujourd’hui. On n’a pas forcément l’habitude avec lui mais ce n’est pas la première fois dans sa carrière que le Slim Reaper doit véritablement réagir face à l’adversité. Jetons un œil à ces moments où Durant était dans le dur en Playoffs, et surtout à la manière avec laquelle il a répondu.

Contre les Grizzlies en 2011

13 mai 2011. Game 6 des demi-finales de conférence entre le Thunder et les Grizzlies. Kevin Durant n’a que 22 piges mais est déjà double meilleur scoreur NBA. Oklahoma City reste sur deux victoires pour mener 3-2 dans la série, et souhaite conclure à Memphis pour rejoindre Dallas en finale de conf’. Bref, l’opportunité est belle pour la bande à KD. Surtout face à des Grizzlies qu’on n’attendait pas vraiment là étant donné qu’ils ont terminé huitièmes de l’Ouest en régulière avant de battre les Spurs au premier tour. La perf de Durant ce soir-là dans l’environnement hostile du FedExForum ? Attention ça pique : 11 points seulement, 3/14 au tir, 1/9 du parking, 4/6 aux lancers-francs en 37 minutes. C’est tout simplement sa deuxième plus faible prestation au scoring en carrière dans un match de Playoffs. La défense redoutable des Grizzlies version Grit & Grind étouffe KD et le Thunder, qui finit par s’incliner 95-83. Direction Game 7 à Oklahoma City, avec un Durant qui doit obligatoirement se racheter pour éviter une grosse désillusion.

« Il s’est économisé pour dimanche. »

– Lionel Hollins, coach des Grizzlies

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Malgré la jeunesse, malgré l’inexpérience, Kevin Durant est attendu lors du Game 7, le tout premier de sa carrière. Parce que quand on est une jeune superstar au talent générationnel, on n’a pas forcément droit à beaucoup de passe-droits. Et KD va prendre le challenge à bras-le-corps. Deux jours après la faillite du Game 6, Easy Money sort le sniper devant son public pour planter 39 pions (13/25 au tir, 4/9 de loin, 9/9 aux lancers-francs) sur la tête des Oursons, tout ça sous les yeux de sa maman qui kiffe à 100% le moment. Résultat, OKC passe sans trembler en l’emportant 105-90 et la perf’ du match précédent est définitivement oubliée. Lionel Hollins avait raison, KD s’était bien préservé pour dimanche, et ça a fait très très mal.

Contre les Grizzlies en 2014

Trois ans plus tard, Kevin Durant retrouve une nouvelle fois les Grizzlies. Ces derniers ont mis fin à la suprématie d’Oklahoma City à l’Ouest l’année précédente, éliminant le Thunder d’un KD isolé (Russell Westbrook était blessé, James Harden parti) alors qu’OKC restait sur une qualification en Finales NBA en 2012. En 2014, les deux équipes se jouent dès le premier tour dans une série #2 vs #7 qui doit normalement appartenir au Thunder. Sauf que ces Grizzlies sont véritablement un poil à gratter et mettent grandement en difficulté OKC. Memphis mène d’abord 2-1 dans la série avec un Game 4 chaud bouillant à jouer du côté du Tennessee. Reggie Jackson sauve KD (5/21 au tir pour seulement 15 points) et le Thunder ce jour-là, mais Oklahoma City lâche tout de suite le match suivant à la maison avec une défaite 100-99. Durant – MVP de la saison – termine la rencontre avec un médiocre 10/24 au tir et se plante dans le money time. Dans la dernière minute du temps réglementaire, il perd un ballon précieux alors qu’OKC est mené d’un point. En prolongation, il rate un lancer-franc pour l’égalisation à 27,5 secondes de la fin (merci Joey Crawford…), et manque le shoot de la gagne derrière. Le lendemain, le journal local The Oklahoman n’hésite pas à qualifier KD de « Mr. Unreliable » (« Monsieur Pas Fiable »), le tout en Une avec une photo de Durant malmené par la défense de Memphis. Dur !

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Mené 3-2 avec un Game 6 à jouer du côté de Memphis, Kevin Durant et le Thunder sont dans une zone extrêmement dangereuse. Et même si The Oklahoman s’excuse publiquement pour sa Une très cassante, KD doit absolument prouver qu’OKC peut compter sur lui dans les moments les plus importants. Et c’est exactement ce qu’il va faire. 36 points – 10 rebonds dans le sixième match sur le parquet des Grizzlies avec une grosse win à la clé, 33 points – 8 rebonds dans la manche décisive à la Chesapeake Energy Arena. C’est ce qu’on appelle une réponse de MVP. Le Thunder renverse complètement la série sous l’impulsion de Durant, élimine les Clippers au tour suivant et reprend rendez-vous en Finales de Conférence Ouest face aux Spurs, comme en 2012 lorsqu’il a atteint les Finales NBA.

« Je réfléchissais trop. Je me souciais de ce que les médias pouvaient dire sur moi. Le basket se joue à l’instinct. J’ai tout lâché et j’ai pris du plaisir. Je sais que si je travaille, les résultats vont suivre. »

– Kevin Durant

Contre les Spurs en 2014

La même année, le Thunder retrouve donc les Spurs en finales de conférence. Oklahoma City veut reprendre le pouvoir à l’Ouest tandis que San Antonio n’a qu’une idée en tête : aller au bout après la défaite cruelle face au Heat l’année précédente. En mission, les Spurs vont littéralement détruire OKC lors des deux premiers matchs de la série dans le Texas. 122-105 au Game 1, 112-77 au Game 2, bref ça tourne à la boucherie et Kevin Durant ne possède pas l’impact attendu. KD est invisible dans le quatrième quart du premier match face à Kawhi Leonard et Cie, avant de couler avec son équipe dans la deuxième manche (15 points seulement à 6/16 au tir). Un véritable naufrage collectif, qui demande une grosse réaction du MVP.

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De retour à la maison, le Thunder va recevoir un gros coup de boost en plus du fervent soutien de son public : Serge Ibaka. Celui qui était out lors des deux matchs chez les Spurs à cause d’une blessure au mollet fait un retour très remarqué et permet à OKC de sortir la tête de l’eau. En plus des points, il apporte une dimension athlétique à l’intérieur ainsi qu’une contribution défensive qui manquaient cruellement au Thunder dans le Texas. Kevin Durant pendant ce temps ? Il fait le taf. 25 points – 10 rebonds dans le Game 3, 31 points – 5 rebonds – 5 caviars dans le Game 4 derrière un énorme Westbrook (40 points, 10 passes, 5 rebonds, 5 interceptions), et just like that Oklahoma City revient à égalité 2-2 dans cette confrontation. Cependant, s’il y a eu réaction d’orgueil, le Thunder s’inclinera finalement en six manches face à la redoutable machine texane, en route vers le titre NBA.

Contre les Mavericks en 2016

Cela reste aujourd’hui encore comme le pire match de Kevin Durant en Playoffs en matière d’adresse pure. Le match dont on parle, c’est le Game 2 du premier tour des Playoffs 2016 entre le Thunder et les Mavericks à Oklahoma City : 7/33 au tir pour KD, 2/11 du parking, autant dire que ça pique sévère, d’autant plus que ça permet à Dallas de remporter la rencontre d’un petit point et de récupérer ainsi l’avantage du terrain. Jamais Durant – véritable monstre d’efficacité en temps normal – n’a shooté à un aussi faible pourcentage que ce soir-là (21,2% de réussite). Jamais il n’a raté autant de shoots dans un match NBA que dans cette rencontre (26). Et comme si ça ne suffisait pas, le Slim Reaper perd également sept ballons tout en se faisant contrer dans les dernières secondes sur un potentiel lay-up de la win. Vraiment pas sa soirée.

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Largement favori dans cette série, le Thunder de Kevin Durant ne va pas faire dans le détail lors des matchs suivants. Game 3 à Dallas : Durant plante 20 points rien qu’en première période pour remettre Oklahoma City sur les bons rails, et finit avec 34 unités dans une victoire 131-102. Ok d’accord. La quatrième manche est plus compliquée pour KD (19 points en 20 tirs) et il se fait même expulser pour une faute flagrante en fin de match, mais OKC fait le boulot en l’emportant dans une confrontation bien bien tendax. 3-1 Thunder, puis 4-1 sous l’impulsion d’un duo Westbrook – Durant absolument intenable (69 points à eux deux) dans le Game 5. De quoi fermer la bouche de Mark Cuban, qui déclarait avant la dernière rencontre que le Thunder ne possédait qu’une seule superstar et que Russ n’était qu’un All-Star.

« C’est un idiot. Voilà ce qu’on a à dire. C’est un idiot. »

– Kevin Durant sur Mark Cuban

Contre les Warriors en 2016

Auteurs de la meilleure saison régulière de l’histoire de la NBA, les Warriors version 73 victoires sont foudroyés par le Thunder de Kevin Durant et Russell Westbrook lors des Finales de Conférence 2016. Trop de talent, trop d’intensité, trop d’énergie… OKC fait vivre un cauchemar à la bande à Stephen Curry et se retrouve devant 3-1 dans la série. Mais au moment de conclure, ça capote sévère chez le Thunder. Les hommes de Billy Donovan perdent le Game 5 à l’Oracle Arena mais c’est surtout lors de la sixième manche à la Chesapeake qu’Oklahoma City chie véritablement dans la colle : après avoir compté jusqu’à huit points d’avance dans le dernier quart-temps, le Thunder choke en beauté pendant que Klay Thompson crame tout l’Oklahoma avec son lance-flammes. OKC ne marque que cinq points dans les cinq dernières minutes, KD et Westbrook bafouillent leur basket, et le Thunder finit par perdre l’ultime période 33-18 face à des Warriors qui semblaient pourtant condamnés. Dans le quatrième quart, Durant ne marque que quatre points à 1/7 au tir et perd deux ballons (10/31 au total dans ce match, après avoir shooté à 12/31 dans le Game 6…). Avec Russ, ça donne un terrible 3/14 au shoot pour six turnovers au total. C’est crade, très crade, et ça envoie tout le monde à Oakland pour un Game 7 inespéré.

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Kevin Durant le sait, il ne peut pas quitter les Playoffs comme ça. Ce n’est pas la première fois cette saison-là que le Thunder se plante en fin de match mais quand ça arrive dans un Game 6 de finale de conf’, ça peut vous suivre pendant longtemps si vous ne réagissez pas rapidement. Alors dans la septième rencontre à Oakland, KD est forcément attendu au tournant avec Westbrook. Une place en Finales NBA en jeu, le champion en titre en face, le tout dans l’univers hostile de l’Oracle Arena, pas de doute c’est le moment ou jamais pour step-up. Sauf que KD et le Thunder n’arriveront jamais à rattraper le fail du Game 6. Certes, Durant termine avec 27 points et un 10/19 bien propre au tir, mais il est souvent gêné par un Andre Iguodala bien décidé à laisser le moins d’opportunité possible à la machine offensive du Thunder. Pas assez agressif avant le dernier quart dans lequel il prend neuf de ses 19 tirs, le Slim Reaper doit s’incliner devant la greatness de Stephen Curry, auteur de 24 points en deuxième mi-temps dont 15 dans les douze dernières minutes. 4-3 Golden State, rendez-vous en juillet à la Free Agency.

Contre les Clippers en 2019

Double champion en titre et deux fois MVP des Finales, Kevin Durant a changé de statut depuis son arrivée à Golden State à l’été 2016. Lors des Playoffs 2019, il vise le three-peat avec les Warriors et les Clippers sont le premier obstacle sur son chemin. Les Clippers d’un certain Pat Beverley qui ne va pas hésiter à provoquer KD à chaque occasion. Et sur les deux premiers matchs à Oakland, Durant se fait plutôt discret en tournant à 22 points par match « seulement ». Dans le Game 1, il se fait expulser en compagnie de Pat Bev et dans la deuxième rencontre, il tente seulement huit tirs dans la défaite surprise des Warriors, avec neuf turnovers en prime et même six fautes. Forcément, on commence à se poser des questions dans la Baie par rapport à la production d’Easy Money : pourquoi Durant n’est-il pas plus agressif ? Est-ce qu’il a déjà la tête à la Free Agency ? Est-ce que c’est une façon de bouder pour répondre aux critiques disant que les Warriors étaient devenus une équipe d’isolation à cause de KD ? Face à ça, Durant se justifie en disant qu’il respecte simplement le flow du jeu et qu’il s’ajuste à ce que la défense lui propose. Pat Bev ou pas face à lui, ce n’est pas ça qui limite sa production. Faut pas déconner quand même, on parle de Kevin Durant.

« On a un bon rythme, tout le monde touche la balle, tout le monde shoote et score. On joue de cette manière depuis la fin de la saison régulière. Alors je ne veux pas sortir du jeu juste pour répondre à Patrick Beverley. Je suis Kevin Durant. Vous savez qui je suis. Vous savez tous qui je suis. »

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Un peu frustré le KD ? Peut-être. Ce qui est sûr, c’est qu’il va arrêter de jouer à la baballe dès le match suivant et rappeler à tout le monde qu’il est bien Kevin Durant. Le premier quart-temps du Game 3 au Staples Center ? 12 points à 5/5 au tir. Il finit la rencontre avec 38 pions. Au Game 4 ? 33 points – 7 rebonds – 6 passes, oklm. Et le pire, c’est que ce n’est qu’un début. KD passe encore la vitesse supérieure en explosant lors de la cinquième manche avec 45 unités, avant d’atteindre les 50 (!) pour mettre le couvercle sur le parquet des Clippers. Quand KD joue au basket comme ça, il n’y a tout simplement rien à faire.

Cette nuit face à Boston, Kevin Durant devra remontrer à la planète entière qui il est vraiment, à savoir l’un des meilleurs scoreurs all-time. On ne peut pas imaginer un scénario dans lequel Easy Money Sniper ne relève pas la tête malgré la redoutable défense de Boston. Parce que si c’est le cas, l’été de KD risque d’être long, très long même.

1 Comment

1 Comment

  1. Planes

    23 avril 2022 à 18 h 54 min at 18 h 54 min

    Et contre les Bucks l’an dernier. Les matchs 3 et 4 étaient franchement dégueus de sa part puis 49/17/10

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