Jazz

Bojan Bogdanovic s’éclate face à Denver : 48 points à 8/11 du parking, prose d’un éternel sous-coté

Bojan Bogdanovic

Bégé.

source image : NBA League Pass

À la question « peut-on avoir un physique de régional et dominer en NBA », Bojan Bogdanovic répond positivement. Tout droit sorti d’un pub de Dublin, l’ailier du Jazz vient rassurer tous ceux qui pensent que la tache de rousseur plafonne la performance à 5 points et 2 assists. Sandwich au Kiri dans la main, gonfle orange dans l’autre : ça fait 48 points. Débrief.

La jolie boxscore maison, c’est par ici

Un tir du logo de Dame, une douceur aérienne de Zach LaVine et la pluie de bombinettes made in Steph : en NBA, les actions ont toutes un côté bankable qui magnifie l’image de la Ligue. La prise de risque inconsciente, la notion de rivalité, les célébrations, l’athlétisme et ses excès. Un style propre à la NBA – donc – accompagné par des dérivées extra-sportives : l’outfit, le rap, l’image médiatique. Puis à côté, t’as ce fossé générationnel quand Bojan Bogdanovic et Joe Ingles débarquent en pantalons de chantier Quechua avec des traces de peinture sur le t-shirt. Les types viennent faire le boulot et s’en retournent le steak de savoir qui sont leurs adversaires. Pendant que certains font appel à des nutritionnistes pour maximiser leurs chances de réussite, Joe Ingles va toujours au goûter d’après-match avec son sac à lanière et un manteau d’hiver dans une salle à 35°. Un groupuscule de deux traditionnels qui écoutent du Joe Dassin dans le vestiaire pendant que tout l’effectif bouge la tête sur What’s Next. M’enfin, se contrefoutre du regard des autres est potentiellement la plus belle idée que Bojan Bogdanovic ait eu. Taper les quatrièmes de la Conférence Ouest et conserver le trône de leader à l’issue de cette nuit, tel était l’objectif. Pas de Mike Conley ni de Donovan Mitchell pour les Mormons, tandis que Denver doit faire sans Jamal Murray, Monte Morris et Will Barton. Ready ?

Le trio arbitral – composé de Pierluigi Collina, Stéphanie Frappart et Sim Bhullar – appelle tout ce beau monde dans le rond central, et l’entre-deux est donné. Nouvelle règle, la première des deux équipes qui défend reçoit Éric Micoud à la mène. On assiste donc à un premier quart-temps on ne peut plus offensif où les défenses prennent littéralement la flotte. Début des emmerdes, Bojan Bogdanovic sort la trousse à outils et claque 12 points avec des pénétrations aussi efficaces que lentes. Son adjoint – Jordan Clarkson – convertit d’ores et déjà trois tirs primés avec les célébrations qui vont bien. Il est compliqué de faire plus hypant que le tir du sixième homme de l’Utah : une suspension depuis les sept mètres et qui retombe à six mètres. Difficile de l’expliquer mais cette mécanique corporelle donne envie de se tatouer l’entièreté du corps, de remplacer un chicot par un diamant et de faire des signes de gangs. Côté Nuggets, la personnalité du moment n’est autre que Michael Porter Jr. qui écrase le Rudy national sous un poster. Nous sommes gênés, vous l’êtes aussi, mais le match du Français rattrape cet événement déjà oublié puisqu’il défend correctement sur Nikola Jokic. Avant l’entracte, Bojan Bogdanovic accroît son chantier et pose trois tirs du parking : 25 points pour le Mormon (Utah Jazz 69 – 73 Denver Nuggets).

 

Ouh maïe goudinèss, what a circus shot by Bojan Bogdanovic ! Le Croate fait étalage de sa souplesse en venant conclure un drive de très grande classe sur Nikola Jokic. À Denver, les Austin Rivers, Aaron Gordon et autre Paul Millsap entourent parfaitement la très solide prestation de Michael Porter Jr. Le souci c’est qu’en face Bogdanovic devient inarrêtable et pose un 8/9 de loin. Bon, il loupera deux autres tirs derrière mais cet éclair suffit à creuser un léger écart qui évite au Jazz de courir après le score dans le money time. Résultat, Bojan place ses derniers step-back et termine sa prestation sur la ligne des lancers-francs : 48 points (career high), 8 rebonds, 2 assists et 2 interceptions à 70% au tir dont 8/11 de Dubrovnik. Un joli big up à la Rudance qui clôt sa partie avec 14 points, 9 rebonds, 2 contres et 1 interception. Une petite lignée qui ne reflète pas la grandeur de sa rencontre. L’intérieur français n’a pas souffert devant sa bête noire venue de Serbie et s’est appliqué à correctement fermer l’accès au cercle, même si le Joker pose tout de même un 24/9/13. Saluons tous ensemble le très probable sixième homme de l’année – Jordan Clarkson – qui s’est lui aussi montré à son avantage : 21 points, 5 rebonds et 8 assists à 6/14 from downtown. Parce que le Jazz c’est avant tout un collectif, le mérite de ce succès revient à Quin Snyder qui a su composer sans les absents. Un rôle de meneur gestionnaire parfaitement rempli par Joe Ingles, un Bojan Bogdanovic passé de couteau suisse à tronçonneuse Bosch et un trône de leader parfaitement conservé. Job’s done, entre les montagnes.

Des montagnards contre d’autres montagnards, la clé de ce match était tout simplement d’avoir Bojan Bogdanovic dans son équipe (comme souvent, mine de rien). Bien que ce débat revienne après chaque belle prestation d’un joueur de l’ombre, Bojan ne serait-il pas un éternel sous-coté ? Dans son cas, c’est légitime de poser la question.

Cliquez pour commenter

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *



To Top