Raptors

Perdu à Disney, Pascal Siakam veut retrouver son plaisir du jeu et son trône de Jurassic Park

Pascal Siakam

On en connaît un qui devra fermer des bouches cette saison.

Source image : NBA league pass

Alors qu’il reste sur des Playoffs complètement ratés, Pascal Siakam a fait part aux médias canadiens de ses états d’âme à l’égard de ce rendez-vous manqué, lui qui était attendu comme le leader des Raptors dans la bulle, mais qui a finalement déçu. Ne souhaitant pas s’arrêter à cela, il compte bien rester lui-même pour rebondir même si cela devra passer par la case Tampa en Floride. Quoi qu’il en soit, les Dinos, affaiblis, auront besoin de leur Spicy-P.

13 points, 3 assists, 5 ballons perdus, c’est peu dire que les 11 rebonds synonymes de double-double pour Pascal Siakam n’ont pas vraiment sauvé le Game 7 du Camerounais face aux Celtics en demi-finales de Conférence Est. Point d’exclamation d’une bulle médiocre, on n’a jamais reconnu à Orlando le Siakam qui avait explosé aux yeux de tous lors de la conquête du titre de Toronto en 2019, mais à vrai dire… lui non plus (via TSN) :

« Ça m’a fait bizarre de me revoir sur ces matchs. […] Quand j’ai regardé les matchs, l’une des choses qui m’a vraiment marqué, c’est que je ne me reconnaissais pas du point de vue du plaisir. […] Je suis quelqu’un qui veut toujours prendre du plaisir en jouant. J’adore ce jeu et je ne veux jamais y jouer sans prendre de plaisir. Je pense que c’est quelque chose que je n’ai pas vu en moi. Je veux juste m’amuser. Je veux juste être capable de jouer, travailler dur, m’amuser, et c’est quelque chose que je veux retrouver. »

Incapable de s’amuser au pays de Disney, Pascal Siakam aura traîné son spleen lors de toute la reprise post-COVID, lui qui brille habituellement par son omniprésence sur le terrain et son grand volume de jeu. Alors, véritable crise de croissance pour l’étoile montante du Canada ou simple passage à vide en sortie de confinement ? Siakam tranche lui pour la deuxième option :

« Le monde est fou en ce moment. […] Il y a tellement de choses différentes auxquelles nous devons tous faire face en tant qu’individus, et je pense que ce n’était pas différent pour moi. Faire face à toutes ces choses, du virus à tout ce qui se passe dans le monde en passant par les problèmes familiaux, ça faisait juste beaucoup de choses. Je n’avais pas l’impression d’être là où je voulais être physiquement et mentalement. »

Une mauvaise passe légitime mais dont se passeraient bien les Raptors, qui auront besoin d’un Pascal à la sauce épicée lors de cette saison 2020-21 qui s’annonce intense et qui laissera peu de place à l’erreur dans une Conférence Est qui voit son sommet gagner en densité. Déjà contraints à l’exode en Floride, les Raptors ont également connu une intersaison compliquée avec la perte des deux intérieurs Serge Ibaka (Clippers) et Marc Gasol (Lakers). Si Aron Barnes a débarqué, l’effectif a perdu des piliers de jeu et de vestiaire, et si l’on connaît la force collective et le spirit insufflés par Nick Nurse, la magie opérée par le Coach de l’Année 2020 pourrait toucher quelques limites s’il ne peut compter sur son Pascal, prolongé l’an dernier pour 130 millions sur quatre ans. Désormais plus esseulé dans la raquette Raptors avec la perte de ses deux diplodocus, Siakam devra encore un peu plus étoffer son jeu et montrer les muscles pour emmener dans son sillage un Chris Boucher qui ne demande que ça.

Si Toronto peut également compter sur son fidèle Kyle Lowry pour prendre les clés du camion, comme on a pu le voir si souvent ces dernières saisons, le meneur de 34 ans ne peut plus constituer un projet à lui tout seul… Pascal Siakam doit devenir le franchise player de Toronto malgré tout ce contexte qui semble le gêner. Subissant encore un exil avec le déplacement de la franchise du côté de Tampa pour les raisons sanitaires qu’on connaît, Siakam – qui s’est physiquement préparé dans les grandes largeurs comme à son habitude mais aussi mentalement – voit la Floride d’un œil nouveau (via CBC) :

« J’aime la Floride. C’est cool. Si je devais choisir, ce serait certainement un endroit chaud. Donc la Floride n’est définitivement pas un problème. Mais là encore, nous avons dû tout déplacer, trouver des installations d’entraînement, tant de choses à résoudre. »

On l’espère bien installé s’il ne veut pas revivre cet enfer des Playoffs 2020 où il montrait pour la première fois des signes de tension. Il ne faut pas oublier que tout est allé très vite dans la carrière du Spicy, qui a franchi un cap, un pic, une péninsule et tout ce que vous voulez en 2019 en connaissant l’ivresse du titre, d’un trophée de Most Improved Player et d’un contrat max, pour enchaîner ensuite avec un All-Star Game en 2020 et désormais un nouveau statut à assumer. Un nouveau statut avec les critiques qui vont avec quand ça va mal, même s’il ne souhaite pas y prêter attention :

« Si j’écoutais les critiques, je ne serais pas là où j’en suis aujourd’hui. C’est quelque chose que je n’ai jamais fait de ma vie. Je n’ai jamais écouté les sceptiques qui me disaient où j’étais censé être ou quel allait être mon plafond, et je ne vais pas commencer aujourd’hui. »

Prêt à en découdre avant cette nouvelle saison, on espère que Pascal Siakam aura digéré cette bulle qui aura marqué un premier coup de frein dans son irrésistible ascension. Chef de meute des Raptors cette saison, il sera le baromètre d’une équipe affaiblie mais qui, grâce à sa force collective, pourra s’avérer très difficile à manœuvrer, comme toujours.

Source texte : TSN / CBC

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