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Allez, gaming : l’ascension de la la licence NBA Live, la super diva du jeu de basket

EA Sports, tsenegame !

Source image : Pinterest

Véritable hit de la fin des années 90 jusqu’au début des années 2000, la licence NBA Live a longtemps été l’étoile brillante de la simulation de basketball, initiant chaque saison des centaines de milliers de joueurs à ce sport magnifique et la plus belle de ses ligues. Retour aujourd’hui sur son ascension vers le succès, avant qu’un monstre à deux caractères ne l’envoie prendre la poussière dans le grenier des gamers.

Une naissance stellaire

Electronic Arts n’a pas illuminé l’univers de la simulation de basketball avec le premier opus de NBA Live sorti à l’automne 1994. Il convient en effet de remonter à la fin des années 80 pour ne manquer aucun épisode de ce feuilleton. Forte de la réussite commerciale de John Madden NFL (1988, MS-DOS), l’entreprise américaine décide d’investir les parquets en passant tout d’abord un coup de fil à la Grande Ligue. Quand il s’agit de dépister les billets verts, EA et la NBA sont deux chiens truffiers à l’odorat exceptionnel. Les nouveaux partenaires ne tardent pas à trouver un terrain d’entente. Une fois les pourparlers conclus, l’éditeur s’affaire au développement du jeu dont petit nom renvoie directement à la plus formidable rivalité de l’histoire de la NBA : « Lakers vs. Celtics and the NBA Playoffs« . La version MS-DOS remplit les étagères des boutiques de jeux-vidéo en octobre 1989.

Lakers vs. Celtics and the NBA Playoffs. Officiellement, ce n’est pas le premier jeu-vidéo estampillé NBA. Cet honneur a été décerné au sobrement intitulé « NBA Basketball » sorti sur Intellevision en 1980. Un label presque mensonger puisque, dues aux performances d’époque, aucune équipe ou joueur n’apparait.

Les huit meilleures franchises, rangées dans leur Conférence respective, présentes lors des Playoffs de la même année sont intégrées dans la disquette. Un contingent de superstars s’invite à la fête parmi lesquelles se trouvent KAJ, MJ, Magic Johnson ou Larry Bird. Dans leur valise, chacune apporte son propre signature moveskyhook, fadeaway, etc. On notera qu’il s’agit du premier et dernier jeu à obtenir le droit d’exploitation de l’image ainsi que des noms des NBAers sans devoir s’arrêter sur la case NBPA (National Basketball Players Association), le syndicat des joueurs. Celui-ci adopte un style « transmission télévisuelle » tant au niveau de son contenu que de son approche visuelle. Il offre la possibilité de jeter un œil aux line-ups du soir avant que les rencontres ne commencent. Ces dernières sont animées par des commentateurs ainsi qu’un half-time show si caractéristique des sports nord-américains – emprunté ailleurs par la suite. Enfin, Lakers vs. Celtics propose un angle de caméra « TV » que la licence gardera pendant plusieurs années jusqu’à la transition vers NBA Live.

Plus tard, une version Sega Genesis (strict équivalent de Sega Megadrive en Amérique de Nord, le jeu n’est sorti qu’aux USA), mise à jour, arrive en rayon en 1991. Les équipes ayant participées aux phases finales de 1990 gagnent leur place dans la cartouche. Néanmoins, si ni les Lakers ni les Celtics n’atteignent les Finales, le jeu tient à conserver son titre. Entre nous, entre les bouchers du Michigan et Clyde Drexler qui souffre d’une sévère carence en charisme, on comprend qu’on puisse avoir la flemme de faire un effort. L’accueil critique chaleureux accordé à ce premier opus, bien que jugé trop facile, motive l’éditeur américain à servir la suite exclusivement sur Sega Megadrive en 1993 : Bulls vs. Lakers and the NBA Playoffs. Outre les améliorations habituelles – le rendu visuel, réalisme, etc. – ce titre introduit deux éléments notables : un outil Instant Replay pour revoir une action et l’arrivée des logos qui habillent désormais les parquets. L’escadron de développement doit sans doute dormir au bureau car la même année, en parallèle du spin-off Team USA Basketball, Bulls vs. Blazers and the NBA Playoffs complète à son tour la constellation. Huit franchises supplémentaires composées d’une ribambelle de joueurs valident leur ticket d’entrée. Avec 16 équipes jouables, le compte est bon.

L’année suivante, le public s’attends logiquement à un Bulls vs. Suns and the NBA Playoffs. Sauf que faute d’accord avec la NBPA un an auparavant, Charles Barkley refuse de montrer son minois pixelisé. D’ailleurs, Chuck ne sera plus jamais officiellement représenté dans une œuvre vidéoludique tamponnée par la NBA. Aujourd’hui encore, en 2020, il se tire la bourre avec les éditeurs pour des brouettes de dollars non perçues selon Sporting News. A la place, il se lance dans une carrière solo et devenir le héros solitaire d’un jeu pas ouf/20, Barkley Shut Up and Jam ! Par peur de doucher les espoirs portés par le nom, d’EA Sports opte pour un titre plus générique. Par conséquent, NBA Showdown entre sur scène accompagné de toutes les franchises NBA. Michael Jordan honorera sa présence pour la dernière fois jusqu’à son comeback sur NBA Live 2000. L’évolution croissante poussera ensuite EA à renommer une nouvelle fois la licence. Dites bonjour à NBA Live !

NBA Showdown

L’étoile montante

Jusqu’alors, les jeux évoqués doivent malgré tout s’opposer à des concurrents sérieux à l’instar des softs David Robinson’s Supreme Court ou Temco NBA Basketball. Malheureusement pour eux, avec la naissance de NBA Live, EA s’appliquera à mettre tout ce beau monde dans le rétroviseur dès la sortie de NBA Live 95 en 1994. Considéré par de vieux loups comme le numéro le plus iconique de la saga, NBA Live 95 fait bouger les lignes en exploitant au maximum le potentiel des consoles 16-bits. La caméra dotée d’une perspective isométrique empruntée à FIFA est une révolution du genre. Le contenu s’étoffe avec le mode « Création d’équipe » qui s’offre sa grande première. La licence continuera de croître inexorablement. Chaque NBA Live s’avèrera plus riche que son prédécesseur. Des modes de jeu, si familiers aujourd’hui, sont ajoutés puis développés au fur et à mesure. Le mode « Création de joueur », disponible dès NBA Live 96, est une occasion en or pour intégrer MJ indirectement grâce à un habile tour de passe-passe. Quand un nouveau joueur est nommé Michael Jordan, le jeu génère automatiquement un modèle d’arrière des Chicago Bulls.

Côté technique, l’émergence de la next gen et du support CD bouleverse l’industrie. Au même titre que les déplacements des joueurs, la caméra (traditionnellement capricieuse dans les jeux de cette génération, et NBA Live ne s’y dérobera pas) gagne en souplesse tandis que le terrain et les personnages prennent du volume. L’avènement de la 3D permet l’utilisation d’une méthode jusqu’ici réservée aux ordinateurs qui poussent fort à la salle : la sacro-sainte motion-capture (à l’aide de capteurs placés sur un acteur, la motion-capture permet de capturer la position les mouvements effectués par ce dernier, les enregistrements sont ensuite appliqués à un modèle 3D sur ordinateur). Celle-ci constitue aussi bien la force que la faiblesse de NBA Live 97. Cette technologie manque toutefois cruellement de maturité et Mitch Richmond, loin d’être un peintre, qui participera à l’enregistrement des mouvements fondamentaux ne pourra rien y faire. L’impression de contrôle total des joueurs n’est pas flagrante. En pratique, une pression sur un bouton enclenche une courte « animation » pendant laquelle vous perdez votre costume d’acteur du match pour enfiler celui de spectateur. Par ailleurs, la Sega Saturn, cette console bonne qu’à faire tourner des shoot ’em up (sic), peine à obtenir des résultats graphiquement satisfaisants. Mais quelques soient les lacunes, seul le flamboyant Slam n’ Jam parvient à tenir la dragée haute à NBA Live. Par contre, outre le fait que la création de Crystal Dynamics ne possède pas de licence NBA, elle n’est disponible que sur 3DO qui exige d’avoir un gisement de pétole sous la maison pour se l’acheter.

La modélisation des visages connaitra un bond en avant avec NBA Live 98 puisqu’ils seront dorénavant créés d’après un portrait photo de chaque individu. Les reproches exprimés à l’encontre de la gestion des qualités et défauts des joueurs se veulent moins fréquents. Il n’existe plus aucun univers dans lequel votre petit frère qui ne pipe rien au basket vous ouvre en deux avec un Horace Grant qui filoche comme un porcinet derrière l’arc (ça c’est réservé à NBA Jam). Le mode GM comprenant la Draft débarque à son tour, suivi du mode Entrainement inauguré sur NBA Live 99. Les rosters ne subissent exceptionnellement pas de mise à jour cette année-là car un lock-out frappe la NBA. Les graphismes poursuivent leurs perfectionnements exception faite à la version Nintendo 64 qui n’a droit qu’à un portage de NBA Live 98. L’IA des opposants et des arbitres demeure somme toute perfectible. Ce sera l’axe d’amélioration principal pour les opus à venir.

L’aube du 21è siècle verra le retour de His Airness. Et qu’a-t-on envie de faire avec MJ ? On a envie de casser des gueules avec lui. Sur NBA Live 2000, le mode One on One comblera ce désir de s’essuyer ses souliers sur des challengers. Rapide digression pour évoquer l’article-test du magazine américain Game Informer qui partage son essai du mode GM et s’enflamme :

« Au terme de trois saisons à la tête des Wolves, l’équipe réalisa le back-to-back alors que toutes les formations adverses ont tenté d’élaborer des trades à plusieurs joueurs afin d’obtenir la future superstar de la NBA : Wally Szczerbiak. »

En termes d’innovation, EA ne rate aucun échelon et chaque numéro annuel est couvert d’éloges panégyriques. Lorsque la très – très – attendue PlayStation 2 se dévoile, les promesses de performances explosent le plafond mais… Mais ces vœux, NBA Live 2001 ne les exhausse pas tous. Visuellement, le jeu colle une crêpe bien appuyée à qui veut la prendre. C’est beau, c’est magnifique même. Seulement, quand on approche un peu son oreille, ça sonne creux… La quantité de travail qu’exige le passage de témoin d’une génération de console à la suivante aura eu raison du mode Franchise (le mode GM complété au fil des ans) et du 3-points Shootout. Cet obstacle posera à nouveau des problèmes dans le futur à EA en causant des ravages autrement plus graves. On y viendra par la suite. Le contenu famélique de NBA Live 2001 laissera fatalement les gamers sur leur faim, eux qui avaient été gâtés sans relâche jusque-là. NBA Live 2002 amorce le réapparition définitive et bienvenue du mode Franchise, plus abondant que jamais. Néanmoins, le gameplay stagne et souffre de la comparaison avec NBA 2K2, la troisième livraison du studio Visual Concepts. L’ancienne règle qui limitait la défense de zone est conservée (bien qu’abolie par la NBA), d’autres encore sont passées étrangement sous silence. Visiblement, la licence marque le pas avant de reprendre son souffle.

Un important regain de mojo redonne des couleurs flashy à la saga. Portée par une soundtrack aux petits oignons certifiée disque de platine (1,3 million d’exemplaires vendus, premier jeu-vidéo de l’histoire à recevoir cette distinction), NBA Live 2003 remets d’emblée l’église au centre du village. Muni d’un gameplay résolument plus arcade, le titre déborde de générosité. L’accent est mis sur la vitesse, les mouvements, les cross, les tomars, le spectacle par nature. Le sacrifice du réalisme au profit de la vitalité n’échappe pas aux puristes qui lui en tiennent rigueur. Un meilleur équilibre entre simulation et arcade est atteint avec NBA Live 2004. Des ajouts mineurs (arrivée des vraies maques et modèles de chaussures aux pieds des protagonistes) se joignent aux apports indispensables comme le All-Star Weekend quasi complet – concours de dunks, concours de tirs à 3-points et le All-Star Game sur NBA Live 2005. La couronne vissée sur la calebasse, la licence atteint l’Himalaya de la popularité. L’expérience de jeu des NBA 2K ou NBA Inside Drive se révèle au moins aussi méritoire que celle de leur rival, en revanche il existe une différence de taille entre les communautés compte tenu de l’ancienneté de NBA Live.

Voici comment se termine l’âge d’or de la licence NBA Live, avant une lente descente aux enfers à partir de l’édition suivante. De quoi vous tenir en haleine pendant une semaine jusqu’au prochain épisode de Allez, gaming.

Article proposé par Gauthier Deba, rédacteur bénévole et spécialiste jeux vidéo, parce que la vie est plus belle quand on balance des gros pixels orange dans un cercle de forme rectangulaire.

Le gros tableau NBA Live (partie 1)

La génèse de la licence

Lakers vs. Celtics and the NBA Playoffs 1989, 1991 MS-DOS, Genesis
Bulls vs. Lakers and the NBA Playoffs 1992 Megadrive / Genesis
Bulls vs. Blazers and the NBA Playoffs 1992, 1993 Super NES, Megadrive / Genesis
NBA Showdown 1993 Super NES, Sega Megadrive / Genesis

La montée en puissance de la licence NBA Live

NBA Live 95 1994 DOS, Super NES, Megadrive / Genesis
NBA Live 96 1995 DOS, Super NES, Megadrive / Genesis, Playstation, Gameboy
NBA Live 97 1996 DOS, Super NES, Megadrive / Genesis, Playstation, Saturn
NBA Live 98 1997 Windows, Super NES, Megadrive / Genesis, Playstation, Saturn
NBA Live 99 1998 Windows, Playstation, Nintendo 64
NBA Live 2000 1999 Windows, Playstation, Nintendo 64
NBA Live 2001 2000 Windows, Playstation, Playstation 2
NBA Live 2002 2001 Xbox, Playstation, Playstation 2
NBA Live 2003 2002 Windows, Xbox, Playstation, Playstation 2, GameCube
NBA Live 2004 2003 Windows, Xbox, Playstation 2, GameCube
NBA Live 2005 2004 Windows, Xbox, Playstation 2, GameCube

Source texte : Game Informer, IGN et Sporting News

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