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Retour sur la carrière de Raef LaFrentz : un pivot en avance sur son temps mais rattrapé trop tôt par les blessures

Raef LaFrentz 29/05/2020

Oui, cet homme a inspiré le jeu de tous les pivots modernes.

Source image : YouTube

En NBA comme dans la vie, il y a ceux qui ont de la chance et ceux qui n’en ont pas, ou peu. Raef LaFrentz fait partie de la deuxième catégorie. Promis à un avenir brillant à la sortie de l’université, le pivot a vu sa carrière gâchée par les blessures. Pourtant, Dieu sait qu’il avait de l’or dans les mains.

Ni Allemand ni Belge, Raef LaFrentz est bien Américain. Oui, ça peut surprendre. Pourtant, le garçon à tout d’un Européen : pivot longiligne, patte gauche solide et bon shooteur à trois points. Des qualités venues d’un autre monde au milieu des années 1990 qui lui permettent de percer dans l’université de Kansas avec un certain Paul Pierce dans l’équipe des Jayhawks. Quatre années universitaires à 15,8 points, 9,1 rebonds de moyenne et un bon 37% de réussite du parking font de LaFrentz un prospect attendu de la Draft 1998. Derrière Michael Olowokandi (pas de blagues) et Mike Bibby, le pivot de Kansas est sélectionné en troisième position par Denver. Dans une franchise sans grande superstar mais avec Nick Van Exel et Chauncey Billups, Raef LaFrentz prend directement la place de titulaire dans la peinture. Le lockout raccourcit la saison à 50 matchs, mais le rookie se déchire le ligament croisé antérieur du genou gauche. Nouvelle terrible pour lui qui n’a disputé que 12 matchs, tous en tant que titulaire, avec 13,7 points, 7,6 rebonds et des pourcentages autant similaires qu’à la fac.

Une grave blessure très précoce qui se révélera être le point de départ de ses ennuis physiques. Pourtant, ses cinq premières années dans la Grande Ligue ne laissent rien présager de mauvais. À Denver, Raef Lafrentz enchaîne trois saisons pleines ou presque avec une constance linéaire dans ses stats et ses pourcentages : 13,2 pions, 7,7 rebonds, le tout à plus de 37% à trois points. C’est lui qui était au bout de la mythique passe du coude de Jason Williams lors du Rookie Game en 2000 mais une grosse faute de son coéquipier du Colorado, James Posey, l’empêche de conclure ce bijou de White Chocolate. Il aurait pu être sur l’une des plus belles actions de l’année… Dans une équipe à la traîne comme les Nuggets du début du millénaire, c’est tout de même correct non ? Visiblement pas assez, puisqu’il est tradé à Dallas en 2002. Une aubaine pour le pivot qui pourra disputer les Playoffs deux années d’affilée chez un ténor du Wild Wild West. Son poignet gauche et sa fiabilité derrière l’arc doivent apporter encore plus de spacing aux Mavericks de Dirk Nowitzki, lui aussi pas mal dans l’exercice. Avec Steve Nash, Nick Van Exel, Raja Bell, Dallas a de quoi jouer les troubles-fête en 2003 lors des Finales de Conférence face aux Spurs. Mais avec un Dirk blessé et un LaFrentz qui choke complètement au shoot, les Mavs regardent San Antonio aller en Finales. Le principal atout du garçon s’est révélé être une faiblesse totale. C’est le début de la fin pour le pivot. Tradé à Boston, le numéro 3 de Draft joue avec des tendinites aux genoux. Résultat, après à peine 17 matchs, Raef LaFrentz doit subir une opération aux deux genoux. Saison terminée. À 27 ans, quand cette partie du corps est autant endommagée, ça sent très mauvais pour la suite. Il disputera tout de même deux saisons pleines à Boston, avant de partir à Portland à l’été 2006 où les fans n’en garderont pas un grand souvenir. Des blessures au mollet, au genou gauche et à l’épaule finissent d’anéantir l’ex-futur grand pivot des années 2000. Ses stats sont en chute libre et Raef LaFrentz devient vite un poids pour les Trail Blazers, jusqu’au moment où le mental lâche, logiquement.

Retraite à 33 ans après une saison 2008-09 entièrement blanche. Un de ces joueurs dont les genoux étaient trop fragiles pour faire une vraie bonne carrière en NBA, car Raef LaFrentz en avait les moyens. Il peut se consoler avec son numéro 45 retiré de l’université de Kansas, mais surtout avec le d’avoir été l’un des pionniers des pivots bon shooteurs à trois points. Finalement, il est peut-être arrivé 15 ans trop tôt dans la Grande Ligue.

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