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Zoom « The Last Dance » – les Jordan Rules : quand la bande des Bad Boys attendait le numéro 23 au tournant

Âmes sensibles s’abstenir.

Source image : YouTube

À travers la sortie de deux épisodes de « The Last Dance » tous les lundis jusqu’au 18 mai prochain, on va bouffer du taureau pendant un mois, et découvrir – ou redécouvrir – de nombreuses anecdotes ainsi que des histoires concernant les Bulls de Michael Jordan. Alors en plus du débrief dédié à chaque épisode, on a décidé de faire un zoom sur certains passages de ce docu-série qui nous paraissent particulièrement intéressants. Allez, on enchaîne. 

Michael Jordan contre les Bad Boys Pistons. Pendant quatre années de suite, de 1988 à 1991, MJ et ses Bulls ont rencontré en Playoffs la redoutable équipe de Detroit, réputée pour sa défense mais surtout sa brutalité. Lors des trois premières confrontations, les Pistons ont pris le dessus sur Mike, lui réservant un véritable traitement de faveur connu sous le nom des « Jordan Rules », avant que le numéro 23 ne parvienne finalement à les dégager de son chemin vers les sommets. Les épisodes 3 et 4 de « The Last Dance » sont revenus sur cette période où tous les coups étaient permis…

# Michael Jordan a pris très cher

 

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How did the Pistons stop MJ? The Jordan Rules. #TheLastDance

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Vous voyez la liste ci-dessus ? Ce sont les fameuses Jordan Rules décrites par Brendan Malone, un ancien assistant de Chuck Daly à Detroit entre la fin des années 1980 et le début des années 1990. Si les trois premières règles respectent les lois du basket, celle du bas beaucoup moins : « S’il arrive dans la peinture, foutez-le au sol ». Voilà en gros la philosophie des Bad Boys de Motown quand ils affrontaient la superstar Michael Jordan en Playoffs. Alors que Joe Dumars réalisait déjà un très gros boulot à l’extérieur pour tenter de limiter MJ, Bill Laimbeer, Dennis Rodman et Cie étaient eux prêts à tout pour ralentir la machine offensive de Chicago quand elle s’approchait du panier, jusqu’à transformer ce magnifique sport qu’est le basket en combat UFC. Les Bad Boys, ce n’était pas qu’un surnom. Ils étaient vraiment méchants et sans pitié, en particulier avec un phénomène aérien comme Jordan, dont le corps a pris très cher.

« Detroit avait des règles spéciales pour Michael Jordan. Je ne sais pas comment il a fait pour en sortir vivant. »

– James Worthy

Fautes flagrantes, coups de coude, dirty plays, grosses bousculades dès qu’il décollait du sol… c’était VI-O-LENT. Violent, moche, mais efficace, car cela a permis aux Pistons de battre à trois reprises des Bulls talentueux mais encore trop tendres. 1988, Detroit l’emporte face à Chicago 4-1 en demi-finale de Conférence Est. 1989 ? Les Pistons gagnent en six contre les Taureaux, en finale de conf cette fois-ci. La saison suivante ? Rebelote, mais en sept. Si l’écart se réduisait un peu plus chaque année, Jordan et ses Bulls n’arrivaient pas à franchir ce foutu cap pour atteindre les Finales NBA. Fallait que ça change.

« On m’avait salement amoché. C’était à mon tour d’infliger de la douleur. »

– Michael Jordan

# Un été à la salle de muscu

Malgré les défaites et les coups bas infligés par les Pistons, Michael Jordan n’était pas du genre à être intimidé ou à renoncer. Par contre, il savait que lui et ses copains devaient s’endurcir pour pouvoir mieux répondre au jeu physique et brutal de Detroit. Direction donc la salle de musculation pour soulever de la fonte. Aux côtés de son entraîneur personnel Tim Grover, qui a commencé à bosser avec Jordan en 1989, Mike s’est bien renforcé lors de l’été 1990. En marge de la sortie de « The Last Dance », Grover a accordé un entretien à GQ Sports et est revenu sur cette prise de conscience de MJ.

« À l’époque, le jeu était tellement plus physique. Aujourd’hui, vous pouvez contourner vos adversaires mais à l’époque, il fallait leur marcher dessus, leur passer au-dessus ou en dessous, peu importe comment. Il fallait développer beaucoup d’éléments. Les Detroit Pistons représentaient le principal ennemi de Jordan, mais il voulait aussi être reconnu comme le joueur le plus dominant de l’histoire. »

Avec sept kilos de masse musculaire en plus, Michael Jordan était mieux armé physiquement pour affronter les Pistons lors des Finales de Conférence Est 1991. Surtout, c’est l’ensemble de l’équipe de Chicago qui semblait plus forte. Avec un MJ bien décidé à pousser ses coéquipiers le plus possible, mais aussi à mieux les impliquer dans le cadre de la fameuse attaque en triangle chère à Tex Winter et Phil Jackson, les Bulls ont montré à Detroit qu’ils étaient les nouveaux boss de l’Est. 4-0 dans la série, un sweep, une humiliation, une superbe revanche, avec en plus une qualification pour les Finales NBA décrochée sur le parquet des Pistons. L’image d’Isiah Thomas et les autres passant devant le banc des Bulls pour rejoindre les vestiaires avant même la fin du Game 4, le tout sans serrer les mains de leurs adversaires, est toujours dans les mémoires, notamment celles des principaux protagonistes.

# Trois décennies plus tard, l’animosité existe toujours

« Je les détestais. Et c’est toujours le cas aujourd’hui. »

Même 30 ans plus tard, Michael Jordan ne passera pas ses vacances avec la bande à Isiah Thomas. D’ailleurs, dans le quatrième épisode de « The Last Dance », MJ a envoyé quelques mots doux à l’ancien meneur All-Star de Detroit avant d’entendre sa version des faits concernant la manière dont les Pistons ont quitté le terrain dans les derniers instants du Game 4 : « Vous pouvez me montrer tout ce que vous voulez, vous n’arriverez pas à me faire changer d’avis sur le fait qu’il était un trou de c*l. » Voilà, voilà, tout est dit. Et si la version d’Isiah vous intéresse, voici sa déclaration de lundi sur l’émission Get Up d’ESPN, retranscrite par Bleacher Report.

« Nous étions sur le déclin. Michael Jordan montait. Quand vous êtes en pleine ascension, vous avez certaines émotions. Quand vous déclinez en tant que champions, vous en avez d’autres. Je l’ai dit à plusieurs reprises. En regardant en arrière, si on avait l’opportunité de revivre ça, je pense qu’on prendrait tous une décision différente. Personnellement, j’ai payé le prix fort pour cette décision (en référence notamment à sa non-sélection pour la Dream Team 1992, ndlr.) »

Tous ? Pas si vite Isiah. Parce que du côté de Bill Laimbeer, il n’y a aucun regret, bien au contraire.

« Pourquoi est-ce que je regretterais cela ? Je m’en fous de ce que les médias disent sur moi. Je n’ai jamais accordé d’importance à ça. […] Les Bulls pleuraient tellement que je ne voulais pas leur serrer la main. Ils étaient juste des pleureuses. Ils ont gagné la série, nous étions vieux, ils sont passés devant, OK très bien. Passez à autre chose. »

Alala, les Bulls de Jordan et les Bad Boys de Detroit, quelle histoire.

Les quatre premiers épisodes de « The Last Dance » sont dans la boîte, et on monte progressivement en température. En attendant la sortie des prochains, on va continuer à vous proposer du contenu sur TrashTalk, avec d’autres papiers zoom à venir. Courage les drogués, une semaine ça passe vite.

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