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Mike Conley et le Jazz ont raté leur premier rendez-vous : année de contrat à venir, voilà qui devrait s’arranger

Mike Conley 8 avril 2020

On te voit venir, coquinou.

Source image : YouTube

Il était environ 17h50 le 19 juin dernier lorsque Mike Conley a tourné la page la plus importante de sa carrière. Douze saisons du côté de Memphis, une seule et unique maison depuis sa Draft en 2007 et tout à coup le départ, car Mike – comme son ex-franchise – avait sans doute besoin de prendre un peu ses distances.

Shams bomb, le transfert ne sera officiel que quelques jours plus tard mais c’est tout comme. Mike Conley est envoyé dans l’Utah contre Kyle Korver, Jae Crowder, Grayson Allen, le pick 23 de la Draft à venir (qui deviendra au final Brandon Clarke) et un futur premier tour de draft. Une grosse mallette dans la soute de l’avion mais on parle tout de même du probable meilleur joueur de l’histoire des Grizzlies, qui sort au passage de sa meilleure saison en carrière. Rien à ajouter, et on se dit à ce moment-là que l’ajout d’un joueur du calibre de Mike permettra sans doute au Jazz de passer un cap, alors que du côté des Oursons la nostalgie rend quelques yeux humides mais le jeune Ja Morant viendra vite sécher ces larmes. Tout le monde est content, et le meneur gaucher se prend même à rêver de titre à Salt Lake City, tant qu’à mettre un pied dedans autant y aller avec les deux :

« Gagner un titre est l’objectif de tout le monde. Vu notre effectif, le coaching staff et l’organisation, c’est un objectif réaliste. Pour cela, il va falloir qu’on travaille dès le premier jour. »

Pas complètement con hein. Le Jazz a désormais un vrai patron à sa disposition, le duo Mitchell / Gobert est censé dominer, Bojan Bogdanovic est venu renforcer le cinq, le banc semble bien imaginé et Quin Snyder s’est imposé depuis quelques saisons comme un coach respectable. De là à parler de titre ? Peut-être un peu rapide mais en même temps… on n’a jamais vu un mec déclarer tout haut qu’il jouait la quatrième place. Tous les voyants sont donc au vert et au violet, d’autant plus que Quinny paraît être tombé raide dingue de son nouveau capichef, en même temps on n’a jamais vu un coach semer le trouble en public à propos d’une recrue récente donc jusqu’ici rien d’illogique :

« Mike Conley est un point guard qui fait partie de l’élite. Il impacte le jeu, c’est un excellent shooteur. […] La façon avec laquelle il sent le jeu et les joueurs autour de lui est vraiment unique. Je suis excité à l’idée de le voir se connecter avec ses coéquipiers et guider l’équipe. »

Fin octobre, tout le monde s’aime, tout le monde se fait des bisous et la saison peut débuter avec un Jazz plus que jamais outsider pour aller gratouiller les superpuissances de Los Angeles. Sauf que ça commence mal, car le premier match de Mike Conley sous ses nouvelles couleurs sera également l’un de… ses pires en carrière. Victoire du Jazz face à OKC mais 1/16 au tir pour le gentleman, ça pique bien comme il faut mais la win est là et il faut bien s’adapter se dit-on. Sauf que l’adaptation est plus longue que prévu, sauf qu’au bout de quatre matchs Mike Conley affiche un pitoyable 9/47 au tir après une nouvelle bulle (0/7) à Phoenix. Mais le Jazz est à 3-1 et on ne sait pas trop quoi penser. Le 31/10 certains doutes seront néanmoins levés après une grosse victoire face aux Clippers avec cette fois-ci un Conley qui assume son statut. 29 points à 11/17 pour l’ex-Grizzly, tout se met en place, tout va bien dans le meilleur des mondes, oui mais non. Pourquoi ? Spoiler : Mike Conley ne fera jamais mieux de toute la saison. Mois de novembre discret pour Mike, Donovan Mitchell et Bojan Bogdanovic gèrent l’essentiel du scoring, Rudy Gobert s’affirme comme le joueur le plus important du roster mais le meneur à 153 millions n’est pas dans son assiette dans l’Utah, ça se voit, ça se sent. La soirée émouvante du 16 novembre au FedEx Forum ne sera qu’une éclaircie das ce début de saison compliqué et les ennuis passeront même la seconde début décembre quand les ischios du garçon commenceront à grincer. Une quinzaine de jours allongé, un retour une semaine avant Noël puis de nouveau un mois sur le flanc, ça commence sacrément à ressembler à une saison de merde. Son retour pour les deux derniers mois de la régulière ? Pas une catastrophe mais une difficulté palpable à s’inscrire dans le projet collectif de sa nouvelle équipe. Quelques fulgurances, et encore le mot est fort, mais globalement un apport loin d’être à la hauteur de celui attendu, dans les stats comme dans le jeu. Mike Conley est inconstant, et Mike Conley est même officieusement montré du doigt en fin de saison quand Rudy Gobert se plaint publiquement de ne plus recevoir une seul ballon sous le cercle. Les temps sont durs pour l’ancien gouverneur du Tennessee et si l’intéressé s’était peut-être promis de nous montrer à tous le genre de joueur qu’il était toujours durant le dernier tiers de la saison… le Chikungunya 3.0 se chargera de lui proposer de reporter sa mission à plus tard.

Pour résumer ? On parlera de cette saison 2019-20 comme d’un acte manqué pour Mike Conley. 21,1 points par match la saison passée, 13,8 en 2020, et s’il existait un trophée de Worst Improved Player notre coco aurait toutes ses chances. Circonstances atténuantes néanmoins pour un homme qui n’a connu qu’un vestiaire en douze ans et qui avait comme mission compliquée de se fondre au plus vite dans un moule inconnu, le tout avec un corps qui n’a pas voulu lui foutre la paix, le genre de souci dont on ne peut pas lui tenir rigueur. Mais là où le ton doit être haussé ? C’est évidemment en pensant à la suite. Une fin de saison 2019-20 dont on ne connait pas les modalités, encore faut-il d’ailleurs qu’elle aie lieu, et surtout une saison 2020-21 lors de laquelle Mike n’aura plus le choix. Plus le choix car le Jazz l’a signé pour atteindre des sommets et le paiera, tout de même 34 millions la saison prochaine, plus le choix car la saison prochaine justement… sera la dernière de son contrat. Qui dit dernière année de contrat dit besoin de séduire afin d’assurer son avenir, et ce « détail » doit en tout cas pouvoir rassurer la franchise de SLC. En effet, on sait l’étrange facilité des joueurs NBA – c’est de bonne guerre – à mettre la gomme quelques mois avant d’aller négocier leur futur contrat, et si Mike Conley est considéré à juste titre comme l’un des joueurs les plus droits et les plus appréciés du circuit depuis dix ans… on imagine que lui aussi saura bizarrement se sortir les doigts au meilleur des moments. On peut donc raisonnablement tabler sur une saison 2020-21 à une vingtaine de pions de moyenne avant d’aller chercher l’un de ses derniers jobs en carrière puisque le loulou ira quand même sur ses 34 ans lorsqu’il sera free agent à l’été 2021.

Pour résumer ? 1) cette saison fut absolument dégueulasse mais il n’y a pas mort d’homme et la carrière de Mike jusque-là est suffisamment propre pour lui pardonner ce léger écart, 2) tout ça sera très vite oublié si le garçon met les gaz à la reprise et le Jazz pourrait se frotter les mains si son meneur retrouve la forme et 3) tout ça nous amènera dans une grosse année au probable dernier virage de la carrière de Mike Conley. Successivement meneur sous-coté puis… surpayé, tout d’abord idole de toute une ville avant d’être le maillon faible de sa nouvelle franchise, Gentleman Mike a l’habitude des secousses et devra surtout s’employer à gérer les prochaines sans trop d’encombre.

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