One-on-One

Andre Drummond et les Pistons, une fin bien dégueu après huit années de taf sérieux : un transfert contre deux Twix, où est le respect ?

Drummond

Andre Drummond quand il a vu la notification du Woj…

Source image : NBA League Pass

Ce fut l’un des gros transferts de la trade deadline d’hier. Andre Drummond, pivot des Pistons depuis 2012, a été envoyé à Cleveland dans un échange qui a surpris beaucoup de monde, notamment à cause de la contrepartie ridicule obtenue par la franchise de Detroit. Ce transfert a brutalement mis fin à une aventure de quasiment huit saisons entre Dre et les Pistons.

Quand la breaking news est tombée hier aux alentours de 20h20, on a quasiment tous eu la même réaction. Genre what ?!? Andre Drummond aux Cavaliers ? Comme dirait ce bon vieux George Eddy, qu’est-ce que c’est que ce délire ? Et quand on a vu la compensation, on a carrément recraché notre café. Brandon Knight, John Henson et un deuxième tour de Draft 2023. WTF. C’est vraiment ça que les Pistons obtiennent en retour pour un mec qui tourne cette année à quasiment 18 points et 16 rebonds de moyenne ? Oui, c’est bien ça, c’est-à-dire un ancien de la maison qui n’a rien de chevaleresque, un intérieur dont tout le monde s’en fout, et un deuxième tour de draft lointain qui risque de déboucher sur pas grand-chose. Alors pourquoi ? Très rapidement, on a compris les motivations qui se cachaient derrière ce transfert du côté des Pistons. Comme expliqué dans l’article d’hier, elles sont avant tout financières. Pour rappel, Andre Drummond était dans sa dernière année de contrat, avec une player option à 28,7 millions de dollars pour la saison prochaine. Cette situation contractuelle a poussé les Pistons à se débarrasser de lui, eux qui voulaient visiblement tourner la page pour notamment s’assurer d’avoir de la place dans leur salary cap cet été. En transférant Drummond contre deux contrats expirants (Knight et Henson), aucun risque d’avoir presque 30 millions qui s’ajoutent dans le cap pour la saison 2020-21. Et ça permet à Detroit de repartir véritablement dans une nouvelle direction, avec notamment les jeunots Sekou Doumbouya et Christian Wood comme têtes d’affiche.

Ceci étant dit, c’est quand même une manière assez brutale de mettre fin à quasiment huit saisons de vie commune entre Andre Drummond et les Pistons. Sélectionné par Detroit avec le neuvième choix de la Draft 2012 alors qu’il n’avait même pas 19 piges, Dre a joué 591 matchs de régulière sous le maillot de l’équipe du Michigan. Pas rien tout de même. Il était devenu l’un des visages des Pistons au cours de la décennie 2010, avec notamment sept saisons en double-double. On parle d’un joueur qui a été nommé deux fois au All-Star Game (2016, 2018), qui a été trois fois meilleur rebondeur de la Grande Ligue et qui a même été nommé dans la All-NBA Third Team en 2016. On parle d’un joueur qui a enchaîné les matchs en 20 points – 20 rebonds, on parle d’un joueur qui détient le record de la franchise dans la catégorie des rebonds offensifs (2 834) et qui est deuxième dans l’histoire des Pistons au nombre total de rebonds (8 199) derrière un certain Bill Laimbeer. Donc bon, il a quelques lignes sur son CV le bonhomme. Alors oui, on ne peut pas dire que le nom d’Andre Drummond soit associé au succès de Detroit dans le sens où les Pistons n’ont participé qu’à deux reprises à la postseason avec lui en pivot, pour aucune victoire. On ne peut pas non plus considérer Drummond comme un franchise player, comme un intérieur sur lequel on peut véritablement construire une équipe solide. Mais ça reste un joueur important de l’histoire récente des Pistons, un joueur qui était certes prêt à tester le marché l’été prochain mais qui avait également montré son attachement à Detroit à plusieurs reprises. Et là, il s’est fait jeter comme un malpropre. Il n’y a pas vraiment d’autres mots. Il s’est littéralement fait jeter, qui plus est dans l’une des pires franchises de la NBA, Cleveland. Et logiquement, il n’a pas apprécié si l’on en croit son compte Twitter.

« S’il y a une chose que j’ai apprise par rapport à la NBA, c’est qu’il n’y a pas d’amis ou de loyauté. J’ai donné mon cœur et mon âme pour les Pistons, et voir cela arriver sans même avoir été prévenu me fait réaliser à quel point tout ça n’est qu’un business! Je vous aime Detroit… »

Le sujet de la loyauté dans un business comme la NBA est revenu sur la table. On peut évidemment comprendre son sentiment, lui qui reproche visiblement à son ancienne franchise un manque de transparence dans les dernières heures de la trade deadline. Il arrive que certains joueurs soient critiqués quand ils décident de quitter leur franchise d’origine lors de la Free Agency ou en demandant un transfert. Eh bien là, on a un peu le scénario inverse, avec les Pistons qui se sont tout simplement débarrassés de lui à des fins financières à travers un transfert ridicule au niveau de la contrepartie. La valeur d’AD sur le marché des transferts n’était pas très élevée à cause de sa situation contractuelle et c’est notamment ce qui explique cet échange au rabais des Pistons, qui n’étaient pas en position de force sur ce dossier pour obtenir quelque chose de vraiment intéressant en retour. Mais bonjour le manque de respect. Si Andre pouvait plus ou moins s’attendre à un transfert et qu’il est difficile de savoir comment tout ça s’est déroulé en coulisses, il est vrai que c’est moche comme fin. C’est moche, surtout qu’il va passer la suite de la saison du côté des horribles Cavaliers, même s’il arrive à Cleveland avec un état d’esprit positif d’après ses récents messages. La bonne nouvelle, c’est qu’il est potentiellement dans la dernière année de son contrat et qu’il aura des options lors de la prochaine intersaison. Il peut par exemple aller tester le marché dans quelques mois et voir s’il peut décrocher un contrat à long terme dans une franchise qui lui plaît. Ou alors, il peut activer sa player option à 28,7 millions de dollars et rester une saison supplémentaire dans l’Ohio pour ensuite devenir agent libre en 2021. Tout ça pour dire qu’il n’est pas bloqué à Cleveland, et qu’il pourra toujours revenir à Detroit s’il le souhaite. Non, ça c’est une vanne.

Faire quasiment huit saisons à Detroit pour finalement se faire dégager contre Brandon Knight, John Henson et un deuxième tour de Draft, ça fout un coup à la fierté. Mais c’est une nouvelle preuve qu’effectivement, le business prend très souvent le dessus sur les sentiments en NBA. Allez Andre, lève la tête, tu t’en remettras. 

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