Thunder

Russell Westbrook, toujours autant de triple-doubles mais surtout une vraie mutation : et si Brodie avait trouvé la bonne formule ?

russell westbrook

Moins scoreur, plus playmaker, Russ a changé son approche du jeu, pour le plus grand bonheur d’OKC.

Source image : NBA League Pass

Auteur d’un nouveau triple-double la nuit dernière contre Orlando, le septième de suite, Russell Westbrook a encore une fois noirci la feuille de stats. Rien de bien surprenant donc. Par contre, ce qui est vraiment intéressant à voir chez Brodie, c’est l’évolution de son jeu, qui a permis au Thunder de trouver un vrai équilibre. 

Mardi soir, lors de la rencontre entre le Thunder et le Magic, Russell Westbrook a donc enchaîné son septième triple-double de suite, égalant ainsi son record personnel et celui d’un certain Michael Jordan, auteur d’une série similaire durant la saison 1988-1989. Forcément, cette performance fait beaucoup parler, d’autant plus qu’il n’est désormais plus très loin du record all-time réalisé par Wilt Chamberlain en 1968. Mais au milieu de tout ça, il y a une autre statistique dont on ne parle pas beaucoup mais qui mérite d’être mentionnée. Sur les sept dernières rencontres jouées par OKC, Westbrook n’a pas dépassé une seule fois la barre des 20 shoots tentés. Pas une fois ! On parle tout de même d’un meneur de jeu ultra agressif qui n’est pas du genre à hésiter quand il s’agit de dégainer, même lorsqu’il est en mode maçon comme c’est le cas cette année avec des pourcentages assez dégueulasses (41,7 % de réussite, dont 24,8 % du parking et 64,3 % aux lancers francs). Son volume de tirs à trois points a notamment été réduit de manière significative, lui qui tourne à seulement 2,8 tentatives derrière l’arc lors des sept derniers matchs, contre 4,5 en moyenne sur l’ensemble de la saison. Certes, les chiffres ne disent pas toujours tout sauf que dans le cas de Russell Westbrook, ils traduisent assez bien l’évolution de Brodie cette saison et plus particulièrement sur les dernières confrontations.

Moins scoreur, plus playmaker, Russ a changé son approche du jeu. Durant le choc de dimanche soir entre Oklahoma City et Boston, il y a eu une action qui symbolise parfaitement cette évolution. Dans les dernières minutes du premier quart-temps, après un shoot raté de Kyrie Irving, Westbrook est parti en transition pour pénétrer dans la raquette adverse. Jusque-là, rien de vraiment surprenant, c’est du Brodie tout craché. Mais alors qu’il avait la possibilité de conclure par lui-même, il a préféré ressortir la balle pour Dennis Schroder derrière la ligne à trois points. Bingo ! Ce n’est évidemment qu’une action parmi d’autres, mais elle donne un bel aperçu de ce que propose actuellement le meneur du Thunder. Ce dernier joue aujourd’hui avec une vraie volonté d’impliquer les autres. Cela ne veut pas dire qu’il est moins agressif qu’avant, mais plutôt qu’il utilise cette agressivité différemment et dans le but de créer des opportunités pour ses coéquipiers. Autrement dit, il évolue plus comme un véritable meneur, il joue plus juste et fait de meilleurs choix. Alors oui, il y a toujours du déchet. Il ne s’est pas transformé tout d’un coup en un Chris Paul des années Hornets ou Clippers. La preuve, il a encore perdu sept ballons hier soir contre Orlando et ses pourcentages au tir restent moyens sur sa série de matchs en 3D (43 % sur les sept derniers matchs). Mais il faut être aveugle ou ne pas connaître le bonhomme pour ne pas remarquer à quel point il a modifié son jeu.

« Il me permet d’être à l’aise, d’être moi-même et de jouer mon jeu. C’est très facile de jouer avec Russ. On joue de manière assez rapide, et beaucoup de mes trois points viennent de Russ, qui crée des opportunités en pénétrant dans la raquette et en attirant la défense sur lui. […] Je pense que nous avons trouvé notre identité offensive, et Russ y est pour beaucoup. »

Cette récente déclaration de Paul George via ESPN résume bien la situation actuelle. Confortablement installé à la troisième place de la Conférence Ouest et sur une série de huit victoires en neuf matchs, le Thunder donne vraiment l’impression d’avoir trouvé son équilibre en attaque. On savait déjà qu’Oklahoma City était l’une des meilleures équipes défensives de la NBA, et Russell Westbrook y est d’ailleurs pour beaucoup cette saison, mais OKC possède désormais un vrai style offensif où les rôles semblent bien définis. Comme l’indique PG-13, ça galope et ça dégaine dès que possible. Quand vous possédez une défense aussi athlétique et redoutable que celle du Thunder, cela provoque forcément des opportunités en transition et les hommes de Billy Donovan misent à fond là-dessus. A l’heure de ces lignes, Oklahoma City est la deuxième équipe de la ligue en terme de rythme de jeu. Seuls les Hawks jouent plus vite et aucune autre formation en NBA ne tente plus de shoots par match (93,3 en moyenne !). Au centre de tout ça, on retrouve donc Russ, qui fait jouer tout le monde et qui n’a aucun souci à se mettre en retrait pour laisser les clés du scoring à Paul George. Les deux superstars savent comment évoluer ensemble et ça fait très mal. Derrière ce fantastique duo, des gars comme Steven Adams, Jerami Grant, Terrance Ferguson et Dennis Schroder s’éclatent dans ce style de jeu, ce qui rend cette équipe d’OKC redoutable. Bref, ça tourne très bien et Brodie est l’une des grandes raisons qui expliquent cela.

Avec 20,0 points, 13,2 rebonds et 14,4 caviars par match sur les sept dernières rencontres (!!), Russell Westbrook affole non seulement les compteurs mais permet surtout au Thunder de tourner à plein régime. Attention, cette équipe d’Oklahoma City commence à être très dangereuse…

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