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Draymond Green pense qu’on ne peut plus vraiment défendre en NBA : hôpital, charité, toussa toussa

Draymond Green

La défense en NBA, un sujet épineux. Du coup il fallait Draymond Green pour nous éclairer.

Source image : YouTube

Cette année, des records offensifs tombent de partout. La saison a d’ailleurs commencé en trombe avec des scores fleuves en pagaille et des pace de malade dans beaucoup d’équipes. Une tendance qui n’avait pas manqué d’interpeller notre équipe (dans l’Apéro ici). Ce weekend, Kings et Warriors nous ont d’ailleurs offert un nouveau spectacle offensif au Golden 1 Center, avec une défense laissée au vestiaire.

41 tirs à 3 points en un match, un nouveau record all-time. Les snipers étaient de sortie ce soir-là : Stephen Curry, Klay Thompson, Kevin Durant, Buddy Hield, Justin Jackson, tout le monde était sur son 31 pour claquer de la ficelle et embraser le public de Sacramento. Sur les 70 tirs tentés en tout, 41 ont fait filoche, autant dire que tout le monde était possédé. Et score final : 127-123 pour les champions en titre, avec en prime une prestation monstrueuse de Chef Curry. Ce match, bien que spectaculaire, montre une fois de plus à quel point la défense est devenue un nouveau soucis pour bien des équipes en NBA cette saison. Plusieurs franchises ont opté pour un jeu rapide avec des artilleurs dans tous les coins, décidant de scorer à outrance pour finir avec plus de points que l’adversaire, ce qui… peut vous mener jusqu’à la victoire. En tant que coach des Warriors, Steve Kerr s’est exprimé sur le sujet de manière forte, pensant que l’évolution du jeu et des règles de la Ligue rend la défense plus difficile au quotidien.

« C’est beaucoup plus difficile de défendre de nos jours. Tout le monde a des shooters à tous les postes. Il y a beaucoup plus de terrain à couvrir. La défense est plus dure aujourd’hui qu’elle ne l’a jamais été dans l’histoire de ce sport, selon moi. »

Difficile d’aller à l’encontre des paroles du coach des Warriors tellement le rythme offensif a augmenté et tellement l’adresse est de plus en plus bonne. Techniquement les joueurs sont meilleurs, physiquement les joueurs sont meilleurs, dans la statistique analytique les recherches sont meilleures. De plus, le fait d’attribuer 14 secondes au lieu de 24 lors d’un rebond offensif pousse les équipes à jouer rapidos et à prendre des décisions dans la hâte. Certes, cela n’agit pas directement sur la défense en elle-même, mais cela incite le jeu à s’accélérer et à tendre vers une NBA avec des matchs plus prolifiques en terme de scoring. Tel est le désir à la fois assumé et dissimulé par Adam Silver et ses sbires, plus il y a de matchs avec des scores fleuves, plus les gens sont contents. Il suffit de voir l’enthousiasme autour d’une saison à 400 trois-points de Curry ou une en triple-double de moyenne de Westbrook pour s’en rendre compte. Du coup, le fait de réprimander plus sévèrement la défense est un levier de plus dans cet objectif.

Il n’y a qu’à observer à quel point les joueurs à spécialité défensive sont en difficulté cette saison. Rudy Gobert par exemple s’est plusieurs fois mis en boule sur le parquet à cause de fautes commises qu’on ne lui sifflait pas forcément l’an passé. Le pivot du Jazz a d’ailleurs été éjecté et mis à l’amende cette saison pour avoir pesté de manière trop virulente contre l’arbitrage. Aujourd’hui, les joueurs étiquetés spécialistes de la défense ont beaucoup plus de mal à peser et à rester aussi valuable pour leur équipe. Où sont passés Tony Allen, Joakim Noah et compagnie ? Difficile à dire. Draymond Green y est donc allé de son petit commentaire, avec toute la diplomatie qui lui est propre :

« Tu ne peux pas vraiment bien défendre dans la Ligue aujourd’hui. Mais j’imagine que c’est ce qu’ils veulent non ? Je ne suis pas vraiment frustré par cela, c’est ainsi. Maintenant, il faut faire avec. Vous ne pouvez pas jouer en vous disant que vous allez prendre une faute si vous agissez de telle ou telle manière. Faut jouer et faire avec. »

Visiblement, le DPOY 2017 paraît désabusé, presque résigné de la tournure que prend le jeu. Le jeu dur devient une denrée rare et on privilégie volontiers le jeu d’attaque, soft, avec beaucoup de tirs de loin. Néanmoins, la NBA a depuis la nuit des temps mis en avant les gars qui scoraient, les joueurs d’attaque, même si le jeu rude était moins sanctionné. Ce n’est pas nouveau que la Ligue glorifie les joueurs capables de faire des cartons en attaque, donc finalement, cette direction prise par la NBA n’est peut-être pas si révolutionnaire. Il est simplement intéressant de voir qu’un joueur comme Draymond Green, au centre des Warriors actuels, qui ont totalement changé l’approche du jeu et sont des pionniers dans la Ligue d’aujourd’hui, puisse être tristounet en affirmant qu’on ne peut plus défendre. Peut-être, aussi, qu’il y a une microscopique part de responsabilité, en ayant ruin the game comme ils disent là-bas. Peut-être.

Certes, la défense est un peu mise de côté cette saison, mais la Ligue a toujours pris des décisions au cours de l’histoire et les joueurs ont toujours dû et su s’adapter. Dommage pour les fans des Bad Boys ou des Knicks des années 90, le jeu défensif est clairement mis de côté mais ce n’est pas pour autant que la défense n’existe plus : elle change, tout simplement.

Source texte : The Athletic

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