One-on-One

Feuilleton de l’été : c’est quoi ton délire Eric Bledsoe ?

Eric Bledose – qui vient de refuser une offre de contrat de Phoenix jugée insuffisante – est en train de maltraiter sérieusement son image auprès des fans des Suns voire des fans d’une manière générale et de pas mal d’observateurs NBA. Le fait est qu’on s’interroge beaucoup aujourd’hui, en Arizona et sûrement ailleurs, sur les intentions du meneur sur-athlétique et son avenir est désormais au centre de spéculations qu’on ne s’attendait pas à devoir gérer du côté de Phoenix.

Loin de moi l’idée d’affirmer aujourd’hui qu’Eric Bledsoe ne pense qu’à l’argent (pas encore) mais il faut avouer que ce qui se passe entre lui et la franchise au cactus laisse pour le moins songeur et suspicieux quand à l’attitude du joueur ou les conseils qui lui sont donnés par son entourage. Le « Mini-LeBron » et le vrai LeBron ont le même agent, Rich Paul. Et pendant que Rich Paul a tout parfaitement orchestré pour que le King revienne à Cleveland dans de bonnes conditions, il a été incapable de ramener la moindre offre pour son client Bledsoe depuis deux semaines et demie ! Surprenant étant donné le potentiel affiché par son meneur de client.
Enfin aucune offre… Pas tout à fait puisque les Suns en ont fait une à celui qui vient de fournir, sous leurs couleurs, une saison très convaincante à hauteur de 17,7 points, 5,5 passes décisives, presque 5 rebonds et 2 interceptions. Il ne fait aucun doute que Ryan McDonough et Jeff Hornacek aimeraient pouvoir compter sur Bledsoe lors des prochains exercices. C’est d’ailleurs pour ça que Phoenix a proposé 48 millions sur 4 ans à l’ex back-up de Chris Paul, ce qui ferait de lui le joueur le mieux payé de l’effectif et un des meneurs les mieux payés de la ligue. C’est mieux que le contrat signé par Steph Curry récemment par exemple, c’est presque autant que Tony Parker à l’année… Nous parlons donc ici d’une offre qui semble tout à fait juste pour la franchise et pour le joueur.

Mais Eric Bledsoe ne partage pas cette vision. Il estime, lui, mériter le maximum du maximum (16 millions l’année) et sur 5 ans s’il vous plait ! Il n’y a rien de mal à ce qu’un joueur et son entourage se battent pour obtenir les meilleurs revenus possibles, la NBA est un business et chaque partie essaie de tirer le maximum de chaque négociation. Mais quel argument peut justifier le fait que Bledsoe – tout aussi talentueux qu’il soit – mérite un aussi gros contrat ? Certainement pas le marché dans lequel il évolue et encore moins ses genoux et les deux opérations subies en trois ans dont la dernière lui a tout de même fait manquer 37 matchs lors du dernier exercice comme le fait très justement remarquer Dan Bickley du Arizona Central. Ce n’est peut-être pas pour rien si aucune franchise n’est venue tenter sa chance avec une offre max auprès de ce bon Eric. Le fait qu’il soit agent libre restrictif a vraisemblablement freiné les ardeurs de certains se disant que Phoenix allait s’aligner sur toute offre mais ça n’a pas empêché les Hornets de proposer le max à Gordon Hayward par exemple ou les Mavericks de proposer le max à Chandler Parsons. Bledsoe et son entourage se sont-ils posés une seconde en se disant que si personne n’offrait le maximum c’était certainement parce qu’il y avait une raison ? Malheureusement, j’en doute. Et tout ce qui se passe en ce moment devrait faire réagir Bledsoe et son agent. Ils devraient essayer de négocier avec Phoenix plutôt que de refuser une offre tout à fait respectable et de réclamer le max du max comme si le joueur était un incontournable du marché, un joueur que tout le monde s’arrache. Ce n’est pas le cas et ce genre de comportement ne risque pas de donner envie à d’autres de venir proposer un contrat.

Reverra-t-on ce duo sous le maillot des Suns ? (Image : myvenue.co.nz)

Reverra-t-on ce duo sous le maillot des Suns ? (Image : myvenue.co.nz)

En fait, on ne sait même pas si Bledsoe a envie de continuer à jouer en Arizona malgré l’exercice prometteur qui vient de s’écouler. Il y a quelques mois, quand la saison s’est terminée, le meneur a quitté Phoenix et n’y a pas encore reposé un pied. Il n’a pas exprimé le désir de partir ni celui de rester. Désolé mais tout ceci – associé au fait de refuser presque 50 millions posé sur la table par Phoenix – ressemble fort à une très mauvaise stratégie aussi bien sportivement que médiatiquement. Bledsoe doit comprendre que les Suns auraient pu commencer les discussions bien en-dessous des 48 millions offerts étant donné l’absence d’autres propositions. Robert Sarver (le propriétaire de la franchise) et son staff ont ainsi montré qu’ils n’avaient pas envie de jouer le coup d’une sale manière. Ils ont montré qu’ils voulaient valoriser sérieusement l’apport du « Mini-LeBron ». Bledsoe devrait également se rendre compte que le style de jeu pratiqué par les Suns de Jeff Hornacek est excellent pour son épanouissement sportif et peut lui permettre de devenir une véritable star en NBA. Mais au lieu de ça, il a préféré se braquer et refuser de discuter. Ce qui pourrait bien abîmer son image auprès des fans de Phoenix dans un premier temps et auprès des autres General Managers dans un second temps. Très mauvais calcul à mon sens.

Eric Bledsoe aurait dû accueillir à bras ouverts l’offre de cette franchise qui veut faire de lui un All Star, un meneur reconnu et convoité par toute la ligue. Bledsoe pourrait devenir un grand sous les couleurs des Suns mais, pour l’instant, il ressemble plus à un mercenaire sans affection particulière pour une équipe, sans réel désir de grandir, sans vision d’avenir à part celle de son confort et sans gros contrat non plus… En plus, le pire pour lui est peut-être à venir car s’il est clair que les Suns n’ont pas l’air décidé à lui offrir le maximum, il se pourrait bien que le trio Sarver – McDonough – Hornacek soit échaudé par le comportement du joueur et change de stratégie. Car si aucune offre ne vient et que Bledsoe campe sur ses positions, il pourrait prendre le pari de la qualifying offer (3,8 millions pour la saison 2014/2015) et tenter sa chance en tant qu’agent libre non restrictif dans un an. Aura-t-il alors une meilleure proposition ? Pas si sûr mais impossible de spéculer là-dessus pour l’instant. En revanche, dans un tel cas, les Suns pourraient, eux, avoir envie de travailler sur un échange impliquant Bledsoe afin d’améliorer leur roster sur d’autres postes (le poste 4 par exemple). Ils en ont les moyens. Ils peuvent tout à fait échanger Eric Bledsoe et ne pas forcément récupérer un gros meneur dans l’affaire puisqu’ils ont fait signer l’excellent Isaiah Thomas pour 4 ans récemment. La paire que l’ex-lutin des Kings formerait avec Goran Dragic serait parfaitement présentable sur un parquet avec le rookie Tyler Ennis en remplaçant voire un autre meneur en fonction du deal trouvé. Bledsoe aurait alors beaucoup perdu dans l’affaire et ne serait toujours pas du tout assuré de se voir offrir un plus gros contrat que 12 millions par an sur 4 ans.

Le message qu’Eric Bledsoe se doit d’imprimer est simple : la NBA est certes un business sans pitié mais elle reste avant tout basée sur des performances sportives, un marché fait et la passion des fans. Les mercenaires n’ont jamais eu bonne presse dans la grande ligue et ont rarement fait de grandes carrières. Bien sûr, il est encore un peu tôt pour classer Bledsoe dans cette catégorie et ce serait injuste au vu du peu d’années qu’il a, pour l’instant, derrière lui en tant que professionnel. L’histoire n’est pas encore finie mais il serait temps que ce joueur réalise la superbe opportunité qui lui est offerte en ce moment par Phoenix ! Les mercenaires n’ont pas leur place en Arizona…

Source image couv’ : Jennifer Stewart-USA TODAY Sports

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