Bobcats

Cancres annoncés, Suns, Bobcats, Sixers et Magic jouent avec leurs tripes

Ils annonçaient ces quatre équipes au fond du gouffre. Ils les mettaient dans les favoris au « tanking », ce mot qui est dans toutes les bouches depuis des mois. Ils se sont persuadés que chaque franchise qui croiserait la route de ces quelques équipes allaient n’en faire qu’une bouchée. Que nenni ! À force de titiller l’égo de ces basketteurs, les nombreux spécialistes et bookmakers ont permis à ces franchises de trouver une énorme source de motivation. Et d’autres équipes comme Washington, Cleveland, New Orleans ou encore Portland et Denver feraient bien de s’en inspirer. 

Ce matin, Philadelphie et Phoenix sont en têtes de la ligue avec un bilan de deux victoires pour aucune défaite. Emmenés par un trio Hawes – Turner – Young au taquet, et leur rookie Michael Carter-Williams, les joueurs de Brett Brown ont battu coup sur coup Miami et Washington. Suffisants, leurs adversaires n’ont rien pu faire dans les dernières minutes pour contrer l’envie incroyable de leurs adversaires. Pour le double champion en titre, rien d’alarmant. C’est certes un manque total d’irrespect envers les « petites » équipes, et chacun se fera son opinion là-dessus, mais on ne va pas insuffler au Heat une crise pour cette défaite, alors que la veille les coéquipiers de LeBron James réduisaient en miette les Bulls. Non.

Par contre, les Wizards sont à pointer du doigt. Randy Wittman, coach de Washington, est le premier à le concéder.

« Vous me demandez quel est le problème ? Vous avez vu le match ? Le problème est simple : il n’y a pas de putain de volonté de défendre ! Ce n’est rien d’autre, et mes gars ne l’ont toujours pas compris, et il va falloir que je trouve une solution. »

Les années passent mais les problèmes persistent. Les Wizards sont toujours dans l’incapacité d’avoir un véritable esprit conquérant sur le terrain. Ça joue bien en attaque. John Wall mène la danse, mais dès que l’adversaire joue avec ses tripes : plus personne. Tout ce petit monde s’écroule. Et Philly n’a pas l’intention de se laisser faire, quelque soit l’adversaire en face ! Dans une récente interview chez nos confrères de Basket USA, Michael Carter-Williams révélait que les pronostiques des analystes ont donné un surplus de motivation à cette équipe. Il n’y a qu’à voir comment Evan Turner, Thaddeus Young et Spencer Hawes se débattent sur le terrain. Le contraste est tranchant avec l’attitude des Beal, Séraphin & cie.

Le schéma est identique pour le Magic. Mais malheureusement pour les coéquipiers de Victor Oladipo, Orlando n’a pas croisé la route que d’équipes lâches. Indiana puis Minnesota ont eu du mal à se défaire de l’autre cancre annoncé, mais ils s’en sont sortis. Parce qu’il n’y a pas de suffisance. Parce que les Paul George et Kevin Love (pas toujours un exemple en la matière) n’ont pas envie de lâcher des victoires contre ce genre d’équipes. Les Wolves ont peut-être enfin compris qu’un strapontin en playoffs se jouait par ces petites victoires. On demande à en voir davantage. 

Pourtant, Orlando ne se démonte pas. Hier, Aaron Afflalo en tête, et les siens, ont été récompensé de leur abnégation. Face à des Pelicans apathiques (avec un Tyreke Evans à côté de ses pompes, 0/7) et sans sens du collectif, les vieux briscards et la jeunesse dorée de Vaughn ont fait parlé la poudre. L’ex pistolero des Nuggets inscrit 30 pions. Mo Harkless a sorti le grand jeu. Oladipo continue à apprendre, alors qu’aux précédentes rencontres, Nicholson et Vucevic avaient tour à tour été de vraies faire-valoir pour leur équipe. Orlando manque de régularité, mais vous pouvez être certain que ça ne va rien lâcher, même s’il y aura des jours sans, même si le Magic finira sûrement dans les trois dernières places de la Ligue. 

Enfin, deux autres équipes ont montré les mêmes dispositions à ne pas se laisser bouffer par les gros: Phoenix et Charlotte. Emmenés par Kemba Walker, et Michael Kidd-Gilchrist, Charlotte a fait trembler Houston avant-hier. Cette nuit, les hommes de Steve Cliford ont même fait mieux qu’inquiéter Cleveland, en s’imposant 90 à 84. Kemba Walker a pris du galon, et ne s’est pas fait prier pour crucifier les Cavs à quelques encablures de la fin du match. Il faut dire que la troupe de Mike Brown se cherche encore. Anthony Bennett n’a toujours pas inscrit le moindre point. Bynum revient petit à petit. Varejao et Waiters ne servent à rien. Irving n’est pas encore celui qu’il doit être. C’était le moment pour les Cats de saisir l’opportunité de battre Cleveland, mais tout de même, l’état d’esprit est remarquable. 

Quant à Phoenix, la surprise est de taille. Miles Plumlee a pris la place de pivot titulaire annoncé Alex Len, et le jeune homme ne déçoit pas, enchaînant deux double-double coup sur coup contre Portland (et le pauvre Robin Lopez) et Utah, malgré les grosses prestations d’Enes Kanter et de Derrick Favors. Les Suns de Jeff Hornacek ont développé une belle entente collective, et les départs de Gortat et Brown semblent avoir libéré certains joueurs. Goran Dragic a prouvé contre les Blazers qu’il pouvait enchaîner dans la bonne lignée de son Euro slovène. Et même s’il a raté sa rencontre contre le Jazz, la défense des Suns a suffi à faire la différence. 

La lot quotidien des débuts de saison

Bien entendu, toutes ces belles histoires vont avoir une fin. Nulle doute que Phoenix et Philadelphie vont se battre avec Orlando, Charlotte ou encore Milwaukee pour la dernière place de la ligue dans quelques semaines. Certaines de ces équipes vont même tanker en fin de saison, quand il n’y aura plus rien à jouer. Mais soulignons l’état d’esprit. Mettons en exergue l’envie de progresser ensemble, et le nouveau souffle insufflé par ces jeunes coaches que sont Brett Brown ou Vaughn. Ces équipes construisent une identité, un plan de jeu. Elles vont côtoyer les bas-fonds de la Ligue, mais il y a fort à parier qu’elles connaîtront les sommets avant d’autres équipes aussi lâches que les Wizards. Le talent ne suffit pas messieurs, lâchez vos tripes sur le terrain, et notre appétit pour la NBA et son spectacle n’en sera que plus grand ! 

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