Salary Cap, Luxury Tax et contrats en NBA

Comme vous le savez sûrement déjà en tant que TrashTalkers avertis, la NBA est un énorme business régi par de multiples règles – tel que le Salary Cap – qui ont pour but d’encadrer l’environnement juridique et financier dans lequel franchises et joueurs peuvent opérer. A chaque renégociation entre le syndicat des joueurs et les propriétaires, ces règles sont susceptibles de changer et d’entraîner des discussions sans fin occasionnant un éventuel lock-out. Mais ça, c’est encore un autre sujet. 

Aujourd’hui, le CBA (Collective Bargaining Agreement) – comprenez la convention collective – en vigueur depuis décembre 2016 et jusqu’à l’été 2024 impose les principes suivants en terme de Salary Cap, de Luxury Tax et de contrats de joueurs.

Salary Cap et Luxury Tax

Pour chaque franchise, le montant total des salaires versés aux joueurs annuellement est limité. Pour la saison 2019-20, le Salary Cap était de 109,14 millions et est prévu aux alentours du même montant pour 2020-21 à cause du contexte économique mondial actuel peu propice au business. Chaque franchise a donc le droit de signer autant de joueurs qu’elle le veut, 15 au maximum auxquels peuvent se rajouter deux two-way contracts, tant qu’elle ne dépasse pas le plafond salarial. Le montant de ce plafond est fonction des revenus de la NBA, il peut donc fluctuer d’année en année. Il n’a fait qu’augmenter depuis plusieurs exercices en raison de l’énorme contrat TV signé avec ESPN et TNT. De plus, un certain nombre d’exceptions permettent aux franchises de signer des joueurs même si, pour cela, elles doivent dépasser le Salary Cap. Mais si la NBA offre cette possibilité aux équipes d’un côté, elle n’oublie pas de taxer de l’autre côté.

Cette taxe est appelée la Luxury Tax. Comme le Salary Cap, elle est fonction des revenus de la NBA et son seuil est recalculé au début de chaque saison. Sur l’exercice 2019-20, il était à 132,6 millions de dollars et devrait rester le même pour 2020-21. En clair : toute équipe dont le montant des salaires dépasserait le seuil de la Luxury Tax, devra payer un impôt à la NBA. Un impôt qui – depuis l’ancien CBA adopté en décembre 2011 – est calculé comme suit :

  • De 0 à 5M au-dessus : 1,5 dollar par dollar au-dessus (max : 7,5 millions sur cette tranche)
  • Entre 5 à 10M au-dessus : 1,75 dollar par dollar (max : 8,75 millions sur cette tranche)
  • Entre 10 et 15M au-dessus : 2,5 dollar par dollar (max : 12,75 millions sur cette tranche)
  • Entre 15 et 20M au-dessus : 3,25 dollar par dollar (max : 16,25 millions sur cette tranche)
  • Au-delà de 20M au-dessus : 0,5 dollar de plus pour chaque palier

Par exemple, les Portland Trail Blazers qui avaient la plus importante masse salariale de la Ligue à hauteur de 137 millions de dollars pour 2019-20, ont dû s’acquitter de 5 millions en Luxury Tax ! C’est moins que certaines équipes par le passé mais ça reste tout de même une belle somme. Il est bien évident que ce système permet aux gros marchés comme New York, Los Angeles et Miami ou aux franchises dont le propriétaire n’est pas à quelques millions près comme DallasBrooklyn ou Portland donc, de dépasser allègrement ces plafonds moyennant un gros chèque ce que les plus petits marchés ne peuvent se permettre. Ces petits marchés ont donc obtenu, lors du dernier lock-out une Luxury Tax beaucoup plus onéreuse mais certains propriétaires continuent carrément de militer pour un « Hard cap », un plafond qui serait « infranchissable » par opposition au plafond en vigueur aujourd’hui qu’ils qualifient de « Soft cap ».

Les contrats

Il a deux grandes catégories de contrats : le contrats « rookie » et les contrats « vétérans ». La durée maximum de ces contrats est de cinq ans avec un principe d’augmentation annuelle (entre 5 et 8% maximum) voire de diminution annuelle comme ce sera le cas pour Kevin Love par exemple.

  • Les contrats rookie :

Les contrats rookie ont une durée maximale de quatre ans qui peut parfois être allongée d’une année selon certaines options. La rémunération des rookies est fonction de leur classement à la Draft. Les différences sont assez conséquentes puisqu’un numéro un de Draft gagne environ cinq fois plus que le 30ème. Ensuite, ces salaires augmentent de 5% par an pendant les trois premières saisons. Lors de la quatrième année qui est optionnelle, les salaires augmentent plus pour les joueurs les moins bien draftés ce qui permet de rééquilibrer les salaires entre les rookies et également à une franchise de proposer un bon salaire en quatrième année à un jeune qui n’aurait pas été choisi très haut dans la Draft mais qui aurait montré depuis des aptitudes justifiant une belle augmentation de salaire.

  • Les contrats vétérans :

Une fois sorti de son contrat de rookie, un joueur signe un contrat de vétéran. Les montants minimum et maximum des rémunérations dans ces contrats évoluent en fonction du nombre d’années que le joueur a passé dans la Ligue.

Le salaire minimum est de 898 000 dollars par an pour un joueur effectuant sa première année dans la Ligue et peut aller jusqu’à 2,56 millions l’année à partir de 10 ans d’ancienneté. Pour 2020-21, le salaire maximum est de 27,2 millions (la première année) pour un joueur qui est entre sa première et sa sixième année en NBA, d’environ 32,7 millions (la première année) pour un joueur qui est entre sa septième et sa neuvième année et d’environ 38,2 millions à partir de la dixième année d’ancienneté dans la Ligue. Ces montants ne sont qu’indicatifs car les franchises disposent d’une marge concernant ces salaires. En effet une franchise peut offrir jusqu’à 108% du montant de la dernière année du contrat précédent. C’est comme ça que LeBron James a pu prétendre démarrer son contrat actuel avec un salaire de 35,6 millions la première année car il avait gagné 33,2 millions l’année précédente.

Toujours dans un souci d’égalité et de la fidélité à la franchise avec laquelle le joueur a un contrat, la NBA a mis en place quelques règles avantageant la franchise qui possède le contrat d’un joueur au moment des négociations de renouvellement ou si le contrat du joueur arrive à sa fin. La hausse annuelle maximale est donc de 8%. Mais en cas de changement de franchise en fin de contrat, cette hausse ne peut être au maximum que de 5% par an et le contrat ne pourra pas excéder quatre ans car la franchise qui fait signer le joueur ne dispose donc pas de ses Bird Rights. Ceci peut inciter fortement un joueur pouvant prétendre au salaire maximum à signer dans son équipe de départ quand il se retrouve agent libre.

Un exemple avec Giannis Antetokounmpo

Agent-libre non-restreint à l’intersaison 2021, il peut signer avec l’équipe qu’il veut mais les conditions ne seront pas les mêmes à Milwaukee ou ailleurs :

Avec les Bucks, Giannis peut signer un contrat de cinq ans qui augmentera de 8% par an pour un total d’environ 221 millions de dollars.

Avec toute autre franchise, Giannis peut signer un contrat de quatre ans qui augmentera de 5% par an pour un total d’environ 140 millions de dollars.

Il s’agit donc d’une différence de 81 millions pour le joueur ! Voilà qui peut faire réfléchir avant de quitter sa franchise…

Sources texte : Spotrac et HoopsRumors

Source image : CC0 Public Domain via www.publicdomainpictures.net


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