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On a regardé “L’Étoile de Harlem”, le film de basket en hommage à Earl Manigault

Le 23 novembre 1996, un film intitulé “Rebound: The Legend of Earl “The Goat” Manigault” sort dans les cinémas de l’Oncle Sam. Une pellicule de 2 heures qui se base sur le destin brisé d’un joueur de basket ayant illuminé les playgrounds de Harlem dans les années 60. Ce joueur, c’est Earl Manigault alias Goat, légende brûlée au parcours de vie semé d’embûches et de drames. Sortez le pop-corn et appuyez sur play !

Le meilleur basketteur rencontré par Kareem Abdul-Jabbar ? “Celui que l’on surnomme le Goat”. D’entrée, le film d’Eriq La Salle fout les pieds dans le plat en rappelant que pour la légende des Lakers, Earl Manigault était le joueur de basket le plus fort qu’il connaissait. Si bon nombre se demandent alors pour quelle franchise NBA il a évolué, qu’ils arrêtent les recherches dès maintenant, car le Goat n’a jamais posé les pieds sur un parquet de la Grande Ligue. Son environnement à lui, c’était l’ensemble des playgrounds de la région new-yorkaise et particulièrement celui de Rucker Park à l’angle de la 155ème rue et de la huitième avenue de Manhattan. C’est d’ailleurs sur ce terrain mythique que l’on découvre un Earl adolescent en train de foutre une rouste à des “grands” de son quartier. Dès les premières minutes du film, on se rend compte du phénomène qu’était ce gosse attachant qui porte sans cesse des poids aux chevilles et se fait engueuler lorsqu’il lave ses pompes dans l’évier. Mais il trône aussi cette fameuse ambiance de quartier défavorisé et tous les mauvais côtés qui vont avec. Eriq La Salle nous pose donc parfaitement dans le New York des années 60 pour nous compter l’histoire d’Earl Manigault par l’intermédiaire d’un Don Cheadle parfait dans ce rôle.

Manigoat n’est pas bien grand et mesure environ 1m85, mais le bougre a de la dynamite dans les jambes. Le gosse vole et terrorise par la même occasion ses adversaires. Le film n’oublie d’ailleurs pas d’en placer une ou deux pour les légendes qui entourent les aptitudes physiques du bonhomme. On vous parle évidemment de son dunk signature… un double dunk main droite, puis main gauche, le tout-en-un seul saut. The Goat pouvait aussi voler jusqu’à la cime de la planche pour récupérer quelques billets pariés. Vous l’aurez compris, les cerceaux d’Harlem n’étaient pas ménagés et ils doivent encore s’en souvenir. En 2010, Slam relayait d’ailleurs des propos tenus par ce personnage mythique de la culture basket :

“À l’époque, j’avais un don que personne d’autre n’avait. J’étais un petit homme, mais je pouvais voler avec les grands hommes.” Earl Manigault.

Une détente impressionnante, une volonté aiguisée et un talent bien réel que l’on voit se développer tout au long du scénario. Accompagné de ses potes, Earl Manigault est une vraie star à New York. Tout le monde ou presque a entendu parler de ses exploits dans la rue, mais aussi avec son lycée de Franklin qu’il amène sur le devant de la scène nationale. Earl Manigault a tout pour réussir, mais comme de nombreux jeunes, ses fréquentations vont lui jouer des tours. Malgré les nombreux efforts de son mentor, Holcombe Rucker, le jeune Earl finira par se faire aspirer par un monde qu’il aurait pu quitter par le biais de son talent balle en main. C’est le début de la descente aux enfers pour l’ancien prodige qui délaisse la balle orange pour tomber sous l’emprise de la cocaïne et de l’héroïne. Ces drogues vont dicter le reste de son existence, elles le mèneront même jusqu’en prison tandis qu’au même moment Kareem Abdul-Jabbar terrorise la NBA. Le synopsis met l’accent sur cette dépendance morbide qui emporte par le même biais pas mal de ses amis. Au fur et à mesure, le Goat apparaît de plus en plus déconnecté de la réalité et d’un monde qui ne l’attend pas pour avancer… Un destin doré qui s’est finalement perdu en chemin pour Earl Manigoat qui passera ses dernières années à s’occuper des jeunes autour des playgrounds avec un seul objectif : leur éviter une trajectoire similaire à la sienne. Plus tard, il résumera son existence dans un article du New York Times :

“Pour chaque Michael Jordan, il y a un Earl Manigault. Nous ne pouvons pas tous y arriver. Quelqu’un doit tomber. J’étaiscelui-là.”

“L’Étoile de Harlem ” retrace donc la vie d’écorché vif de ce gamin abandonné par ses parents qui pensait s’en sortir grâce à ses talents de basketteur. Malheureusement, le Goat a été rattrapé par tout un tas d’évènements pour sombrer dans les vices qui le guettaient depuis son enfance. Décédé le 15 mai 1998 à cause de problèmes cardiaques, Earl Manigault reste encore dans les mémoires comme l’un des joueurs les plus talentueux de l’histoire. Le biopic à son sujet est une très bonne manière de s’en rendre compte.

Sources texte : New York Times, Axel, SLAM.

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