Old-School

La Dream Team 1992 – 30 ans après : après Barcelone, florilège des fois où Team USA a pété un plus haut que son boule

Kurt Helin

KARMA.

Source image : @basketballtalk

C’était il y a trente ans. Déjà. Trente ans que les États-Unis obtenaient l’autorisation d’envoyer des joueurs NBA participer aux Jeux Olympiques. Trente ans que, de ce fait, la « Dream Team » était créée. Trente ans qu’une simple équipe de basketball prenait une dimension jusqu’alors jamais vue. Records, légendes, influence… cet été TrashTalk a décidé de revenir avec vous sur toutes les histoires qui ont fait de cet effectif l’un des plus mythiques de l’histoire du sport. Sortez vos Hoverboard, montez dans la Delorean et lancez Johnny B. Goode sur l’autoradio car il est temps de revenir en 360 degrés sur ce qu’il s’est passé il y a… 360 mois. Neuvième épisode ?

Les États-Unis sont-ils la meilleure nation de l’histoire du basket-ball ? Oui, et il est très probablement impossible de gagner un débat en défendant un point de vue différent. Pour autant, les États-Unis ont-ils en permanence été la meilleure équipe du monde ? Ça c’est une question différente, à laquelle nous pouvons tout à fait répondre : bien sûr que non. Depuis 1992 et l’épopée de la Dream Team, les Américains ont bien souvent cru être invincibles, supérieurs, intouchables… parfois à raison, mais également parfois à tort. Car des défaites, Team USA en a connu, et à de multiples reprises. Des échecs qui permettent de mettre en avant tous ces petits moments où le pays de l’Oncle Sam a pris ses adversaires de haut. Dans la victoire comme dans la défaite, revenons donc sur toutes les fois où les États-Unis ont pu pêcher par orgueil.

Comme nous vous le disions, il n’est pas forcément nécessaire de perdre pour toutefois paraître un chouïa prétentieux. Il suffit de regarder ce que pensait Charles Barkley de l’Angola, que les USA affrontaient en ouverture des Jeux Olympiques de 1992, pour le comprendre : « Je ne sais rien de l’Angola, mais l’Angola est dans la merde. » Du Sir Charles tout craché, qui avait d’ailleurs répondu « l’équipe féminine des États-Unis » à la question « qui pourrait vous battre ? » quelques jours avant le début de la compétition. Bon, pour le coup, on ne peut pas non plus dire qu’il s’est trompé. Si l’on veut que ça soit le cas, il nous faut bien évidemment nous éloigner de la Dream Team et bondir dans le futur, qui n’a pas été aussi resplendissant que 1992 pour Team USA.

Tim Duncan (Jeux Olympiques 2004)

Il n’y a pas à avoir le seum comme ça Timmy hein. Bon, un peu de contexte. On file en 2004, aux Jeux Olympiques d’Athènes. Symbole parmi les symboles, la compétition se tient dans son pays d’origine. Glaner un titre sur la terre qui a vu naître les Jeux près de 2800 ans plus tôt. En ce qui concerne le basket, les États-Unis arrivent comme grands favoris avec leur formation de guerriers tous issus de la NBA. Allen Iverson, Tim Duncan, Shawn Marion… mais aussi les jeunes pousses prometteuses de la ligue : Dwyane Wade, Carmelo Anthony et LeBron James. Une armada de fou furieux, qui ne passera cependant pas les demi-finales. Pourquoi ? Une entente quasi nulle dans le groupe, et des équipes adverses qui en profitent. Après une défaite contre l’Argentine d’un Manu Ginobili tout feu tout flamme, Team USA doit se contenter du bronze. Au moment de répondre à un journaliste, après la remise de médaille, Tim déclarera « FIBA sucks ». Manière de signifier que si tout ça est arrivé, c’est à cause des règles de basket FIBA, différentes de celles de la NBA. Ouais d’accord, pas besoin de prendre le seum on a dit, c’est qu’une défaite.

Washington Post (Mondial 2006)

« Pas de joueurs NBA dans l’équipe ? Du coup, aucune chance pour la Grèce« . L’arrogance au sommet de son art. Avant la demi-finale du Mondial de 2006, voici une phrase qui résume bien l’état d’esprit aux États-Unis concernant la considération de leur adversaire. Pas de Tim Duncan pour rager cette fois, mais toujours la jeune garde de la NBA. Les grecs ne sont pas décidés se faire bouffer si facilement, et possèdent quelques joueurs de référence en matière de basket européen, Theodoros Papaloukas et Dimitris Diamantidis notamment. Ces deux joyeux vont emmener la sélection grecque vers la victoire, grâce à un remarquable jeu défensif et à une grande lecture du jeu adverse. La goutte d’eau de trop pour les USA ? Divers journalistes et spécialistes y voient enfin le signe d’un mépris de l’Oncle Sam envers le basket mondial. C’est pas trop tôt, et c’est sans doute ici que se trouve le point de départ de la Redeem Team, qui balaiera les Jeux Olympiques 2008 de son talent exceptionnel.

Kurt Helin (Mondial 2019)

L’un des plus grands moments de l’histoire de Twitter, assurément. Qui n’a pas vu passer ce tweet, que vous soyez fan de basket ou non ? Des réponses légendaires, en plus d’un karma qui se déguste encore aujourd’hui comme un grand cru millésimé. Allez, la petite histoire. On est en 2019, la France doit croiser Team USA en quarts de finale du Mondial. Journaliste spécialisé dans le basket, Kurt Helin se fend d’un tweet assassin, façon deux pieds décollés dans le jargon football. « Team USA est désormais presque sûre d’affronter la Serbie en demi-finale ». Oh bon sang, que c’est bon à la lecture. 40 minutes de basket plus tard ? Le ticket pour le dernier carré dans les mains d’Evan Fournier, le ticket d’avion pour les États-Unis dans les mains de Donovan Mitchell. Match de folie qu’on a vécu à 1000% du début jusqu’à la fin, pour un exploit inédit dans l’histoire du basket tricolore. Ce tweet ? La cerise on the gâteau, si you voyez ce que we voulons dire.

BONUS : La NBA et ses bannières

Ouais, ça c’est de la gonfle. L’expression est de moins en moins au goût du jour, mais sachez que tous les champions NBA sont encore qualifiés de « World Champions ». Pourquoi ? Tout simplement parce que pour les États-Unis, aucun autre endroit sur terre ne peut égaler la Grande Ligue en termes de basket. Une donnée qui se vérifie très certainement encore, mais depuis les défaites de Team USA à l’échelon international, il faudrait sans doute se demander si ça fait pas un peu trop melon d’utiliser ce titre alors que d’autres pays proposent un basket capable de battre la bannière étoilée.

Parfois, il faut savoir garder la tête froide pour éviter de passer pour une buse. Il aura fallu beaucoup de temps aux États-Unis pour le comprendre en matière de basket international, puisque s’ils sont encore aujourd’hui les rois du quartier, ils n’ont plus l’ultra monopole de la discipline comme ils pouvaient l’avoir par le passé. De toute façon, le karma voit partout et s’occupe assez bien de chacun finalement. 

Sources : Twitter @BasketballTalk, NBC News, The Athletic

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