Mavericks

Que reproche-t-on à Théo Pinson ? Un animateur de colo sur le banc des Mavericks, qui refuse de changer son t-shirt

Théo Pinson

L’insolence à l’état pur.

Source image : NBA League Pass

À la question « Peut-on impacter une rencontre sans y prendre part ? », Théo Pinson répond positivement. Arrivé à Dallas le 20 décembre dernier – par la petite porte du contrat de dix jours – l’arrière ne s’y est pas imposé comme un joueur indispensable de la rotation. Du coup, il s’est façonné un rôle sur mesure, celui de cheerleader professionnelle.

« Peux-tu changer la couleur de ton t-shirt ? ». Au centre du parquet de l’American Airlines Center, quelques minutes avant l’entre-deux du Game 3, Marc Davis – l’un des trois arbitres de la rencontre – émet une demande bien spécifique auprès de Théo Pinson. Cette requête stylistique fait suite à la controverse du Game 2 : les Warriors jouaient en blanc, et Théo Pinson portait un t-shirt de la même couleur. Vous voyez où l’on veut en venir ? Stephen Curry a envoyé une passe en direction du banc des Mavericks, persuadé d’y trouver l’un de ses coéquipiers. En conférence d’après-match, Steve Kerr a mis la pression sur la Ligue en soulignant l’extravagance de la situation. « Il a les bras levés et demande le ballon. C’est trop ». Au surlendemain de ce fait de jeu donc, dimanche dernier, Théo Pinson n’avait toujours pas quitté son t-shirt blanc. Mais vider la moitié de son déo pour masquer l’odeur n’a pas suffi à faire oublier ce coup de vice. Sur le ton de l’humour, Marc Davis lui propose même de piocher dans ses économies personnelles : « Je l’achèterais pour toi ! ». L’image est sympa, les deux hommes rigolent, mais il y a là un fond de sérieux. Et devinez quoi ? En dépit de cette demande – et des amendes infligées aux Mavericks pour « agitation du banc » – Théo Pinson n’a pas changé de t-shirt.

Un contrat de dix jours, un deuxième, puis cette formule two-way qui empêche Théo Pinson de disputer les Playoffs. Sur les plus récentes saisons, ce type de contrat permettait pourtant à son signataire de jouer en postseason. Le protocole COVID rendait certains joueurs indisponibles, et c’était la moindre des choses que de pallier ces manques avec du sang neuf. Cette saison – et avec la baisse des cas de COVID en NBA – cela ne concerne que la régulière. C’est donc depuis le banc des Mavericks, en tenue civile, que Théo Pinson encourage ses potes. Il n’ajoutera pas ses moyennes de 2.5 points à 36% au tir dont 33% à 3-points, et 1.1 rebond en 19 matchs disputés, à l’édifice texan. Pas sûr non plus qu’il soit reconduit cet été par le front office de Dallas, à moins d’être considéré comme l’un des réactifs de l’alchimie du groupe. Il n’a pas l’expérience – ni la carrière – d’un Udonis Haslem, mais a le mérite de faire rire ses potes. Et si certaines productions signent Camille Lellouche pour « faire rire les gens », alors Théo Pinson vaut 80 millions sur quatre ans.

Arrivé en jeune inconnu à Dallas, Théo Pinson ne s’y est pas fait un nom grâce à ses qualités de basketteur. Son profil est intéressant, mais pas assez pour se faire sa place parmi les Luka Doncic, Spencer Dinwiddie, Jalen Brunson, Frank Ntilikina et autre Josh Green. Et puis entre nous – trêve de bienséance et de déontologie journalistique – on ne sait même pas si son profil est intéressant.

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