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Le Hall of Fame 2021 a célébré ses artistes : Chris Bosh as de la rhétorique et Paul Pierce qui ne dérape pas, synopsis d’une soirée réussie

Hall of Fame

Et Toni Kukoc, mais nos monteurs ont leurs limites que la raison ignore.

source image : YouTube

C’était tellement annoncé. À cuvée d’hommes, discours de patrons sans accrocs, amenant classe, sobriété et réflexions de carrière sur l’estrade du Naismith Memorial Basketball Hall of Fame. Oui, Ben Wallace, Chris Bosh, Paul Pierce, Chris Webber et Toni Kukoc ont parlé en honorant leurs statuts, non sans émotion, mais en respectant leurs légendes respectives. Se confier, sans se dénuder : on débrief.

Paul Pierce, le petit rigolo de la soirée

Bien crédule qui ne s’y attendait point. En totale roue libre depuis son annonce de retraite en 2017, Paul Pierce a encore assuré le spectacle en remerciant les neuf équipes qui ne l’ont pas drafté, d’avoir « ajouté du fuel à son feu intérieur ». Pour rappel, il avait été sélectionné en dixième position de la Draft 1998 par les Boston Celtics, franchise dans laquelle il a gratté les plus belles pages de sa carrière. Même si après coup, il est un peu crevard de vanner les équipes l’ayant manqué – plutôt que snobé – jetons un coup d’œil sur les joueurs de la cuvée 98 dont les noms sont sortis avant le sien, dans l’ordre : Michael Olowokandi (Clippers), Mike Bibby (Grizzlies), Raef LaFrentz (Nuggets), Antawn Jamison (Raptors), Vince Carter (Warriors), Robert Traylor (Mavericks), Jason Williams (Kings), Larry Hughes (Sixers) et Dirk Nowitzki (Mavericks). De chouettes inspirations, même si Michael Olowokandi et Robert Traylor n’ont clairement rien à foutre devant The Truth, comme d’autres, mais ce n’est clairement pas avec ses concours de dunks universitaires qu’il allait changer la donne. Le reste de son discours fut impeccable, il eu des remerciements pour sa famille, ses deux frères, le coach Roy Williams sous les ordres duquel il a évolué avec les Jayhawks du Kansas, et a également affiché une belle complicité avec Ray Allen, son « frère pour toujours ». Une ligne chronologique respectée, et drôlement haletante.

Pour son speech en entier, c’est par ICI !

Ben Wallace, le coup de cœur de la rédac’

À peine six minutes de discours, mais sans aucun doute les plus prenantes. Parler pour aller droit au but, sans faire de vagues, mais rendant émouvant n’importe quel remerciement tant il pue la sincérité, c’est tellement Ben Wallace. Dès les premières paroles, son visage – plongé vers le pupitre – s’étire dans tous les sens. Il est ému, ça se voit, et introverti, c’est connu. Ses premières pensées vont au basketball, avant qu’il ne se fraie une brèche vers son passé « la vie, ce n’est pas que le basket-ball, ma vie, ce n’était pas que le basket-ball ». C’est alors une leçon de vie qui s’abat sur nos mines déjà bien fragilisées : « Have fun, enjoy, be strong, motivated ». Habituellement, ce genre de discours peut taper dans le vent, mais on comprend naturellement qu’à l’image de sa carrière, il est altruiste dans le partage de sa philosophie. L’assemblée adore, nous aussi, les applaudissement démarrent au beau milieu du speech, puis il reprend : « Quel héritage laisserez-vous ? C’est tout ce qui compte. […] Je n’étais pas le bienvenu. J’étais trop petit, je ne pouvais pas jouer un seul match, mais ils voulaient que je joue. Je trouvais ça injuste, mettez-moi sur le même pied d’égalité, et je vous montrerai ». Le poing levé, plus solennel que jamais, Ben termine par « Panthers march », en référence au mouvement Black Panther Party fondé dans les années 60 au beau milieu d’une ère ségrégationniste. Tout le monde se lève.

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Toni Kukoc, la gratitude croate

Quand Michael Jordan est ici, assis juste derrière toi pendant ton discours d’intronisation au Hall of Fame, c’est que tu es quelqu’un d’important. La première confidence de Toni Kukoc est assez classique, lui qui révèle avoir choisi le basket-ball plutôt que le foot à 15 ans, un dilemme par lequel beaucoup de grands noms de la balle orange sont passés. Il continue les remerciements entamés, dont un plutôt intense dédié à son père, larmoyant dans l’assemblée. Sont mentionnés également tous les grands coachs qui lui ont « appris les fondamentaux ». Beaucoup de blazes en « iç » donc, puis Toni tope ses coéquipiers – dans leur globalité – et les remercie de l’avoir rendu meilleur. Histoire d’accentuer un peu plus sa réussite, il rappelle avoir joué et pour la Yougoslavie, et pour la Croatie, mais d’avoir eu la chance de connaître le succès avec les deux équipes. Puis vint la punch que l’on attendait tous, « je veux remercie Michael Jordan et Scottie Pippen de m’avoir botté les fesses aux Jeux Olympiques de 92 ». La vague sympa à surfer d’un discours sur le thème de la reconnaissance, ponctué par quelques pensées en direction de Trévise, Philly, Milwaukee et Atlanta, villes qui – en plus de Chicago – ont apparemment très bien accueilli le Croate. Net, et sans bavure.

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Chris Bosh, le bon élève

Qu’est-ce qu’il parle bien, Mr. Bosh. Sous les vitre teintées des lunettes de LeBron James, l’éternelle troisième roue des Heatles s’est exprimée avec beaucoup de clarté. Des attitudes théâtrales dans le bon sens du terme, avec beaucoup de mimiques dont nous avions oublié l’existence, sûrement à cause de sa discrétion médiatique. Les moments marquants ? Cet hommage à l’éthique de travail de Kobe Bryant, qui l’a apparemment grandement inspiré : « les légendes ne sont pas définies par leurs succès, elles le sont par leur manière de se relever après un échec ». Petite masterclass de discours, ce passage, qui figurera probablement dans toutes les légendes des photos Insta de bodybuilder. Il parle ensuite de son rapport avec le basket-ball pendant sa carrière, lui qui ne s’est jamais senti comme un All-Star, mais plutôt comme un môme qui vivait un rêve éveillé, et très bien capable de pleurer après une défaite un samedi soir. Puis il séquence correctement, « eh Chris (Webber, ndlr), on va au Hall of Fame la même année que Bill Russell, c’est fou mon frère ». Des petites prises de conscience naturelles, dispersée dans un discours rendu humain. Il se souvient également avoir reçu un maillot des Lakers à Noël : « Is it Magic? Is it Kareem? Is it Worthy ? ». Surexcité, Chris Bosh raconte avoir découvert un dos exempt de flocage, avec simplement l’appellation « Lakers » d’inscrite. L’assemblée se marre, devant un grand dadet bien blasé. On apprend même qu’avant que l’intérieur ne signe au Heat, Pat Riley lui avait donné sa bague de champion 2006, à la seule condition qu’il lui rende un fois qu’ils en auraient gagné une ensemble. C’est chose faite.

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Chris Webber, les mots sont durs, l’émotion dure

La pipelette de la soirée avec un discours de 18 minutes, au contenu très émouvant. Présenté par Charles Barkley et Isiah Thomas, Chris Webber n’a pas laissé ce casting au hasard en dédiant majoritairement son discours – fait en grande partie de remerciements – au binôme. L’un, Sir Charles, fut son joueur préféré et celui qui l’a inspiré étant petit, un exemple en somme.

« Je suis honoré que tu m’accueilles au Hall of Fame. Tu as changé la façon de jouer des ailiers-forts. J’ai eu la chance de te rencontrer, tu m’as complimenté et encouragé. Après notre première rencontre, je me suis dit que je pouvais peut-être faire ce dont mon joueur préféré pensait que j’étais capable. Je voudrais te remercier de la part de tous les athlètes pour ce que tu as fait après le basket. Je n’ai jamais quitté ce sport, et c’est grâce à toi. Tu as servi d’exemple, je te lance des fleurs, et je te dis merci. » – Chris Webber, à Charles Barkley

Comme seuls ses propres mots peuvent traduire ce que Chris Webber pense des deux légendes assises juste derrière lui, voici le contenu de sa déclaration d’amour à Isiah Thomas. Parce que oui, c’est de l’amour, et que surpris par l’émotion en plein milieu de ces paroles, C-Webb nous a fait prendre conscience de l’importance qu’a eu l’ancienne gloire des Bad Boys, dans sa carrière. C’est tout chaud, et ça fait l’effet d’un bon oignon.

« Quand j’avais 16 ans, Zeke (le surnom d’Isiah Thomas, ndlr) appelle chez moi pour savoir s’il peut venir nous parler, à moi et mes parents. Il m’a dit qu’il savait ce que je vivais et qu’il ne fallait pas s’inquiéter. *les larmes montent* Tu m’as dit que si j’avais besoin de quoi que ce soit, tu serais là, financièrement, mentalement. Tu m’as donné confiance, tu as validé mon jeu. Tu m’as protégé des vautours et c’est pour ça que je n’ai jamais eu besoin de prendre de l’argent de quiconque. Tu as pris sur ton temps et tu as planté une graine. Merci Isiah, je t’aime. » – Chris Webber, à Isiah Thomas

Pour son discours en entier, c’est par ICI !

Yolanda Griffith et Lauren Jackson, les reines des raquettes WNBA

On les présentait la veille, Yolan Griffith et Lauren Jackson ont elles aussi été intronisées au Hall of Fame. Ceci étant, la grande blonde n’a pas pu mettre ses chaussures noires et s’est suffi d’un discours de trois minutes depuis son supposé bureau, bloquée par le confinement australien. Le contenu est classique et – à la manière de Toni Kukoc – elle remercie toutes les personnes croisées durant ses onze années passées au Seattle Storm. Pour ce qui est de Yolanda Griffith, MVP, rookie de l’année et meilleure défenseure de la saison 99, le speech fut bien plus conséquent avec en plus de l’habituelle reconnaissance, une grosse dédicace au South Side de Chicago. On sait cette zone l’une des plus défavorisées et à l’instar des Derrick Rose, Dwyane Wade et Isiah Thomas, Yolanda s’est sortie de ce quartier grâce au basket-ball : « Je n’étais personne. Je sors de nulle part. Aujourd’hui, je suis au sommet. Je suis au Hall of Fame. Incroyable ». Beaucoup viendront alors remettre en question cette philosophie de vie aujourd’hui au cœur du débat sociétal, prônant que les enfants issus de milieux défavorisés doivent croire en autre chose qu’en le sport. C’est vrai, il le faut, mais ce genre de discours n’est pas à prendre au pied de la lettre. Réussir en partant de rien, c’est faisable avec tout, et c’est d’ailleurs le message qu’a souhaité faire passer Yolanda Griffith en globalisant : « Je n’ai jamais arrêté de croire en mes rêves ».

Pour leurs discours en entier, c’est par ICI pour Yolanda, et juste- pour Lauren !

Bill Russell, Rick Adelman et Jay Wright, le velleda à l’honneur

Ne jamais oublier ces gars-là qui permettent à des joueurs d’être intronisés au Hall of Fame. Eh bien cette nuit, ce fut au tour des tacticiens de se présenter à la porte du Naismith Memorial. Parmi eux, des garçons présentés juste ici. On retrouve Rick Adelman, légendaire entraîneur de la belle époque des Kings – car ils en ont eu une, eh ouai les jeunes – Jay Wright, bosseur absolu du côté de Villanova qui a vu passer des tonnes de stars en devenir, et Bill Russell, ancien coach de Boston où il n’a pas écrit sa légende seulement qu’en tant que joueur. Ce dernier n’a d’ailleurs pas pu venir pour des raisons ignorées, mais a quand même lâché un discours d’une minute depuis une cuisine bien vernie. Pour ce qui est de Rick Adelman et Jay Wright, les deux entraîneurs furent excellents avec quelques phrases qui représentent tellement ce qu’ils sont. « Mon plus grand accomplissement est ma famille » dit l’éternel altruiste Rick Adelman, tandis que Jay Wright dresse un constat sur l’attitude et la rigueur : « L’attitude nous soutient et constitue la base de tout ce que nous faisons sur et en dehors du terrain ». Ouai ok, ok s’tu veux.

Pour leurs discours en entier, c’est par ICI pour Bill, par pour Rick et un peu plus LOIN pour Jay !

Qu’elle fait du bien, cette cuvée. Après la légendaire classe de 2020, faite de joueurs dont les noms squattent tout en haut de la hiérarchie historique en NBA, l’on vient récupérer les témoignages de bonshommes aux parcours uniques, et pas forcément alimentés de huit titres chacun. Comme quoi, l’important peut être bien ailleurs que dans la gagne.

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