Bucks

P.J. Tucker et Bobby Portis sont champions NBA : d’underdogs à top dogs il n’y a qu’une bague, la récompense d’une carrière d’aboyeur

Bobby Portis 22 juillet 2021

Bobby Portis et P.J. Tucker auront été bien plus que de simples role players cette saison. Et cette victoire des Bucks porte leur patte, à plus d’un titre.

Source image : YouTube

On a évidemment énormément parlé de Giannis Antetokounmpo, à juste titre. On a beaucoup parlé aussi de Jrue Holiday, de Khris Middleton et de Mike Budenholzer, artisans majeurs du titre des Bucks. Mais ceux à qui il faut aussi rendre hommage, ce sont ces hommes « de l’ombre », ceux dont l’apport ne se voit pas toujours sur la feuille de stats, en tout cas pas chaque soir, ceux dont on loue davantage l’esprit conquérant et l’intensité déployée que leur réel « niveau ». Ils sont nombreux dans cette catégorie, on peut parler par exemple de Brook Lopez, de Pat Connaughton ou même du blessé des Playoffs Donte DiVincenzo, mais deux homme symbolisent parfaitement ce fameux fighting spirit si essentiel à la vie d’une équipe qui gagne : P.J. Tucker et Bobby Portis.

Le premier a débarqué en provenance de Houston au mois de mars et aura tourné cette saison à moins de 4 points et 4 rebonds par match, n’a pris en moyenne que trois tirs par rencontre mais jouait 26 minutes tous les soirs. Le second ? Quelques 11 pions et 7 rebonds en 20 minutes de moyenne, à plus de 50% au tir et quasiment pareil du parking. Leur point commun ? Une rage de vaincre incroyable, les fils qui se touchent parfois, mais surtout cette bave aux lèvres qui vous transforment une bonne équipe de basket en candidat au titre.

Souvenez-vous de cette série face aux Nets en demi-finale de Conférence, lorsque P.J. Tucker passa sept matchs dans le slip de Kevin Durant, se prenant bien souvent la sauce parce qu’on parle tout de même de KD, mais n’abandonnant jamais, au point de le sortir de son match à quelques occasions, lors des Game 3 et 4, ou – parfois – au Game 7. On se souvient de ces tête contre tête bien virils mais respectueux, ce cette activité de tous les instants, et autant que des alley-oops en contre-attaque c’est de ce genre de moments dont a besoin une équipe pour gagner des séries. Incapable de prendre la moindre initiative en attaque, devenu quasiment un poids mort offensif malgré un statut de vrai danger dans le corner notamment, Pièce Jointe s’est TOTALEMENT offert à son équipe sur ses Playoffs (4 tirs en 89 minutes sur les trois derniers matchs) et doit aujourd’hui récolter les fruits de ce qu’il a semé, à savoir avoir fait de ces Bucks une équipe encore plus folle défensivement, malgré l’aberration de voir qu’il n’a jamais été élu dans une seule All-Defensive Team dan sa carrière, alors qu’il est assez unanimement reconnu comme l’un des meilleurs défenseurs de la Ligue depuis plusieurs années. Mais, spoiler, possible qu’aujourd’hui, à 36 berges et bague au doigt, P.J. ne soit plus vraiment concerné par cette semi-déception.

Bobby Portis ? Quelle histoire. Quelle histoire, car il y a deux ans le nom de Bobby était davantage associé à celui d’un poulet sans tête, à un mec qui avait un jour punché Nikola Mirotic à l’entraînement, à un mec un peu zinzin avec les yeux de Jacques Santini et une ressemblance assez folle avec Black M, à un emmental défensif avec de bonnes mains mais sans vraiment de talent. Wow. Le pari était donc risqué pour les Bucks, Bob avait montré de belles choses à Washington mais de manière assez isolée, il avait ensuite galéré dans le navire coulant des Knicks et devait se relancer. On ne va pas se mentir, on n’y a pas cru des masses, au début. Puis chemin faisant, Bobby a pris ce rôle qui lui va tant aujourd’hui, celui d’agitateur de second unit, celui du mec qui rentre et sui secoue le cocotier. En attaque, on le savait utile, adroit, agressif, mais aussi en défense et c’est une nouveauté 2021, son intensité suffisant désormais à faire de lui un mec ultra-relou à attaquer à défaut d’en faire un Top défenseur. Puis il y a toutes ces petites choses autour, ce comportement bah ouais, qui place Bobby Portis dans la case des mecs que l’on est obligé d’aimer. Des réactions, des têtes incroyables, un show permanent dès qu’il rentre sur le terrain, puis, mine de rien, le fait de répondre présent lorsque le scénario le lui demande, comme sur la fin de série face aux Hawks en l’absence de Giannis Antetokounmpo et notamment ce Game 6 lors duquel il s’est quasiment mué en leader offensif. Pour tout ça ? Merci Bobby, merci d’être toi.

Deux hommes incroyables, deux destins fous, à qui l’on ne prédisait pas forcément un futur de champion NBA mais qui ont su, chacun, apporter une énorme pierre à l’édifice Bucks 2021. P.J. Tucker, Bobby Portis, à jamais dans l’histoire, tout simplement.

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