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Des courses de chevaux à Sombor au titre de MVP : pas de doute, Nikola Jokic est le symbole du Serbian Dream

nikola jokic

Belle ascension pour un garçon d’étable !

Source image : NBA League Pass

41e choix de la Draft 2014, Nikola Jokic ne semblait pas destiné à devenir un franchise player en NBA, encore moins un MVP. Même lui ne s’imaginait pas jouer dans la Grande Ligue, non pas par manque d’ambition mais plutôt parce qu’il pensait que sa place était parmi les grands d’Europe. Sauf qu’aujourd’hui, c’est bien lui qui se retrouve avec le fameux Maurice Podoloff Trophy dans les mains. Et dire qu’il était un garçon d’étable… Sacrée histoire !

Suite au titre de MVP remporté par Nikola Jokic la nuit dernière, on a voulu ressortir un ancien papier du Joker datant d’avril 2016, publié sur The Players’ Tribune. L’occasion de se replonger dans l’histoire de Nikola depuis ses plus jeunes années en Serbie, mais surtout de voir le chemin parcouru. À l’époque, Jokic sortait tout juste de sa saison rookie avec les Nuggets, une campagne plutôt prometteuse avec des statistiques honorables de 10,0 points, 7,0 rebonds, 2,4 passes décisives et 1,0 interception à plus de 51% de réussite au tir. Une production qui lui avait permis de décrocher une place dans la NBA All-Rookie First Team aux côtés de Karl-Anthony Towns, Devin Booker, Kristaps Porzingis et Jahlil Okafor. Ils ne sont pas nombreux à intégrer la meilleure équipe des débutants en étant un 41e choix de draft, même s’il y a eu une année de formation supplémentaire en Europe pour Jokic en 2014-15. Mais Nikola n’a cessé de surprendre, de progresser, de repousser ses propres limites jusqu’à devenir le premier joueur à obtenir le titre de MVP de la NBA après avoir été sélectionné au deuxième tour. L’histoire du Joker, si on veut la faire vraiment courte, c’est celle d’un mec « un peu gros » qui a su grimper les échelons grâce à un pur talent à l’européenne. Un talent qu’il a véritablement découvert aux alentours de 15 ans, après avoir enchaîné les… courses de chevaux.

« Je ne pensais qu’aux chevaux. J’ai toujours aimé le basket, mais quand j’étais petit – et même quand j’avais 13 ou 14 ans – j’allais aux courses de chevaux. Je ne m’entraînais même pas trop au basket. J’allais à l’écurie, juste pour être un garçon d’étable. C’était ma vie. J’ai fait des courses. Pas en professionnel, mais en amateur. J’ai même terminé quatrième une fois. C’était un hobby sympa. »

Imaginez deux secondes Nikola Jokic, assis sur un chariot de course attaché derrière un cheval, avec un casque sur la tête en tenant les rênes. L’image est épique et quelque part, elle correspond parfaitement à ce personnage atypique qui est bien loin justement de l’image qu’on peut se faire habituellement d’un MVP de la NBA. Fan de l’équipe nationale serbe évidemment mais aussi du jeu de Magic Johnson, Hakeem Olajuwon et Michael Jordan, le Joker version sale gosse a commencé à tâter la balle orange avec ses frères et cousins dans l’appartement familial, jusqu’à provoquer la colère des voisins à cause du boucan provoqué.

« Quand j’ai commencé à jouer, j’étais vraiment gros, et je n’étais pas très grand. J’ai joué pivot, mais aussi meneur. Je dribblais partout sur le terrain. Je jouais juste pour le plaisir, vous voyez ? Mais quand j’ai atteint l’âge de 16 ans, j’ai vraiment réalisé que je savais jouer. Et c’est cette année-là que je suis passé de ma petite ville de Sombor à la grande ville de Novi Sad. »

« J’ai joué pivot mais aussi meneur », « je jouais pour le plaisir ». Tiens, c’est toujours pareil en 2021, mais cette fois-ci sur le plus grand terrain de jeu du monde : la NBA. De Sombor à Denver en passant par le club du KK Mega Basket à Belgrade, Nikola Jokic est progressivement devenu le meilleur représentant du basket serbe, le tout sans jamais perdre ce qui le caractérise avant tout. Dans son article de 2016, le Joker avait insisté sur le fait qu’il voulait absolument garder cette passion pour le jeu malgré le business entourant la Ligue et le fait que le basket était désormais devenu son métier. Jouer à la balle orange sans passion, sans bonheur, sans cette intensité qui représente tant son pays, il n’arrive pas à l’imaginer. Et quand on le voit jouer aujourd’hui, une chose est sûre : cette passion est toujours là, avec désormais un trophée de MVP sur l’armoire du salon. Si on lui avait dit ça il y a cinq ans…

« D’abord, je ne pensais pas à la NBA. […] D’ailleurs, je dormais quand les Nuggets m’ont drafté. Mon frère fêtait ça avec du champagne, et il m’a appelé. J’ai décroché, mais sans vraiment écouter. Je lui ai juste dit, ‘Mec, je dors là’. Et j’ai raccroché. Je ne pensais pas que ça allait être un gros truc. […]

À la fin de saison, les Nuggets m’ont appelé pour dire qu’ils me voulaient dans leur équipe. Tout d’un coup, tout fut différent. Tout. »

Joueur atypique et personnage sympathique, Nikola Jokic fait un magnifique MVP 2021. Et son histoire pas comme les autres le rend encore plus spécial aux yeux des fans NBA. Le Joker, tout simplement. 

Source texte : The Players’ Tribune

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