L'avis du Psy

L’Avis du Psy – Épisode Équipe de France : certains ont fêté la médaille, d’autres un peu moins, il a fallu intervenir

Evan Fournier

Patient Evan au rapport, on va bien voir qui montre l’autre du doigt.

Source image : FIBA

 La Coupe du Monde 2019 à peine terminée (bible dispo ici)… le Psy TrashTalk reprend du service. Quinze jours à étudier le comportement des Bleus, quinze jours à étudier le comportement de ceux qui les « supportent », et donc le besoin et la nécessité évidente de faire le point avec certains de nos médaillés. C’est comme d’habitude, c’est sans filtre, et comme dirait Louis Labeyrie… nique le secret médical.

Place Patient Le compte-rendu de la visite

10°

Matthias LessortReggie Bullock

 

Beaucoup l’ont découvert durant ce Mondial chinois, et le Psy voulait donc logiquement lui rendre hommage. Déjà car les chances de le revoir dans un an ne sont pas les plus cotées à la FDJ (retour de Moerman ? De Lauvergne ? De Tillie ? De Weis ?), mais aussi et surtout car l’homme monté sur ressorts nous aura permis pendant deux semaines… de faire ce genre de jeux de mots. Ambianceur à la Kimpembe, facteur X sur des matchs relous mais qu’il fallait jouer, machine à highlights face à la Jordanie et lancé dans le vrai grand bain sur la fin de tournoi lorsqu’il a fallu jouer small-ball, Matthias n’a pas raté sa Coupe du Monde, disons qu’il a apporté ce qu’on lui demandait d’apporter, le sourire et le haircut bien identifiés. Mais la vraie raison de la visite de Matthias Ressort ce matin concerne en fait son club en 2019/20, le Bayern Munich, et plus particulièrement son association avec un génie de notre époque : Greg Monroe. Parce qu’on a vu à quel point ce bon Matthias était en difficulté quand il fallait s’écarter un peu du cercle, alors autant vous dire qu’il faudra être bien armé pour vivre aux côtés d’un homme qui ne quitte pas la raquette une seule fois dans l’année et qui n’a pas fait de passe décisive depuis 2014. Et bon courage Mat.

Vincent PoirierPoirier
On reste dans la catégorie des blases qui nous donnent envie de faire des jeux de mots à la Bigard, avec cette fois-ci la consultation express de Vince La Poire. Tout d’abord utilisé en première rotation de Rudy La Gobe, notre arbre fruitier a ensuite fait les frais d’une opposition plus petite et a fait un peu de compote sur le banc… avant de revenir en force et d’en mettre plein la poire aux Australiens. La Coupe du Monde de William (…) reste une réussite, et on l’attend désormais au taquet à la reprise avec Boston, en espérant que Brad Stevens n’a pas fait gaffe à ses deux post-ups en première mi-temps face aux Boomers, ceux qui ont égaré deux ballons sur le parking de la salle. On espère aussi que ses futurs coéquipiers Jaylen, Kemba, Daniel, Marcus et Jayson ne lui en voudront pas, puisque notre deuxième Vince national a quand même déjà saucé la moitié de ses futurs teammates avant même le début de la pré-saison. On a connu mieux comme première rencontre, mais on est sûr que Vincent saura trouver les mots et le cas échéant faire la paix autour… d’une petite poire. Allez, je crois qu’on a fait le tour.

Andrew Albicysangsue

Avis aux amateurs de la nature, la photo ci-contre est une sangsue, et sachez qu’en défense Andrew Albicy est plus collant qu’une sangsue. Celui que M6 a amicalement prénommé André peut être fier de sa Coupe du Monde, lui qui investissait il y a deux ans les terrains de… 3×3 afin de se frayer une place pour, pourquoi pas, les JO de Tokyo. Le futur meneur du Zénith devra finalement revoir ses plans, lui qui avait également proposé ses services aux fédérations de bilboquet et de chase-tag, car vu le taf accompli en Chine… sa place dans les 12 de Collet dans un an a pris une belle cote. Le Psy a donc tenu à conseiller à Andrew de se concentrer sur le basket, le 5×5 de préférence, histoire d’être sûr qu’on admire ici ses skills de chien de garde défensif et de facteur X en attaque à Tokyo, plutôt que de le voir à la bagarre pour l’or au cerf-volant ou à la boule lyonnaise. L’idée était belle mais l’histoire l’est encore plus, surtout si Kemba revient te provoquer en duel afin de récupérer le slip que tu lui as volé en quarts de finale.

Louis LabeyrieAfro
La consultation était une question de vie ou de mort. Appréciant avec ses sauces une belle médaille de bronze acquise durement, Loulou avait eu ses mots pour un journaliste, des mots disons… à chaud : « Pour le dire vulgairement, on a dit ‘fuck les States et nique la Serbie’. Au final, ils sont derrière nous et en plus on a la médaille. C’est super cool. Comment on a réussi à revenir ? Avec ce qui se trouve sous le système digestif, c’est-à-dire les burnes. Ouais, vive les burnes. » Hop hop hop, expliquons vite à ce grand dadais ce que l’on peut dire et ne pas dire à la télé, vite vite vite au cabinet. Mais à peine entré dans la salle de consultation, l’intellectuel du groupe s’est ainsi mis complètement nu pour faire apprécier au Psy un magnifique tatouage de Myles Turner faisant le ménage chez Rudy Gobert. C’était donc vrai, cet homme est fou. Transfert immédiat à l’unité psychiatrique donc, où il y retrouvera un certain Jimmer Fredette qui vise le All-Star Game cette saison, un Melo qui veut une place de starter, un Kyrie qui croit que la Terre est plate et un Ron Artest qui cherche toujours comment il pourrait s’appeler en 2020.

Nando De Colomilos teodosic
Syndrome Teodosic on arrive en courant, pour un mec que la communauté NBA prend pour une chèvre alors qu’il a un QI basket plus développé que 90% des joueurs de la Grande Ligue. Avec son rythme lent mais décisif, Nando a assumé son rôle de… meilleur joueur de l’Équipe de France. Pas forcément son leader non, pas forcément son joueur le plus efficient en attaque, mais son meilleur playmaker, son joueur le plus clutch, le plus vicieux, le plus expérimenté en FIBA. Alors oui, le Nandou des Bleus ne retournera probablement jamais en NBA mais ce n’est absolument pas – et c’étaient les propos rassurants du Psy – synonyme de quelconques faiblesses. Le Moniteur a assuré pendant cette Coupe du Monde, se glissant parfaitement dans la peau un peu irrespectueuse mais stratégique de sixième homme, et la France peut aujourd’hui lui imputer une bonne partie de son beau parcours. Alors bravo Nandos De Codosic, la France de ceux qui savent est fière de toi.

Frank NtilikinaDavid Fizdale

 

Avant toute chose, laissez-nous vous prévenir que le cas Ntilikina est… particulier. Tout d’abord, on parle d’un homme que les médias du monde entier (même les Français) ont appelé… Nikilina pendant quinze jours. Ça fout mal, Part I. Ensuite ? Le gamin sort à peine d’une Coupe du Monde magnifique qu’il va déjà devoir retourner au turbin, à savoir jouer les back-ups du back-up du back-up des Knicks. Triste, aussi triste que d’évoluer sous les ordres d’un mec à deux doigts de le faire jouer poste 3 la saison passée, mais tout ça a d’ailleurs peut-être bien un rapport, enfin on croit, enfin p’t’être. La fracture entre les Knicks le basket FIBA et la NBA n’a jamais aussi bien porté son nom et pour l’instant… pas de signes avant-coureurs pour que ça change, alors courage Franky, courage Niggalina, le chemin jusqu’au succès s’annonce le même que le chemin qui t’emmènera au bout de ton aventure avec le génie Fizdale, et on espère juste qu’il craquera avant toi.

Evan Fourniermédaille

 

Inconsolable patient Vavane, que seul le Psy a finalement réussi à calmer quelques heures après l’obtention d’une belle médaille de bronze. Mode gangsta activé après le match face à l’Australie, le banane gang et le neuf-quatre à l’honneur, Evan a fait du Evan et l’on aurait bien tort de le lui reprocher. On parle quand même d’un mec qui aime la gagne et qui évolue toute la saison dans un environnement qui pue la lose depuis des années, et le scénario de ce Mondial a clairement et logiquement déplu à notre Vavanito national. Vraie marque des champions, ceux qui ne satisfont pas d’une demi-victoire, ceux qui préfèrent retenir les leçons d’une défaite plutôt que les joies d’une victoire, pour gagner plus, plus encore et plus souvent. Une consultation qui se terminera évidemment avec un chest bump et un v de la victoire, vrais reconnaissent vrais. PS: 94.

Vincent Colletpicsou
Comme d’habitude, Coachin’ Vince a cristallisé les critiques durant ce Mondial. On parle souvent de l’expression « 50 millions de sélectionneurs » au foot ? Le basket a également ses démons collés au cul, à quelques dizaines de millions de fans près. Quand une équipe gagne c’est grâce aux joueurs, quand une équipe perd c’est à cause du coach, et de toute façon la chance de Collet c’est d’avoir pu compter sur une grosse génération. On a même reproché à Collet son manque de charisme, mais à ce genre de détracteur le Psy invite à googliser des photos de Didier Deschamps, de Corinne Diacre ou de Valérie Garnier. La seule chose qui compte finalement ? Le palmarès. Et le palmarès de Vinsanito ? Cinq médailles en dix ans, dont un titre européen, le plus étoffé de l’histoire bien sûr, et quelque chose nous dit que ce n’est pas près de bouger. Alors oui, Vincent Collet ne met pas forcément ses changements tactiques dans ses immenses cernes (les performance d’Albicy ou Ntilikina par exemple portent néanmoins sa patte), oui Vincent Collet s’est parfois enfermé dans ses idéaux (la glissade de Nando en sixième homme, il fallait y penser), mais… on se demande juste à quelle heure un coach n’a pas le droit d’être imparfait, et on vous demande juste de nous citer un homme qui ne l’a pas été. En tout cas Vince, lui, surfe sur son or, son argent ou son bronze, et c’est bien tout ce qui compte.

Rudy Gobert
On arrive tranquillement vers les patients les plus malades du jour, et à ce petit jeu-là l’immense Rudy ne donne pas sa part au chien. Parfait dans son rôle de tourelle défensive pendant les quatre premiers matchs de la Coupe du Monde, le double-DPOY en titre a ensuite connu des montagnes russes aussi bossues que Joe Ingles. Un match raté dans les grandes largeurs face à… Joe Ingles justement, puis une masterclass épique face à Team USA, puis enfin… deux dernières sorties assez catastrophiques en demi et pour la médaille en chocolat. Défenses qui s’adaptent, fatigue accumulée, limites atteintes, un peu de tout finalement pour l’homme dont on aimerait qu’il soit Joel Embiid alors qu’il n’est que Rudy Gobert. On est comme ça nous, et c’est d’ailleurs bizarre que personne n’ait reproché à Andrew Albicy de ne pas claquer de gros tomars tiens… Quoiqu’il en soit Rudy avait besoin d’être rassuré, avait besoin d’entendre que, non, il n’a pas besoin d’avoir la palette d’Hakeem pour devenir un vrai joueur de basket qu’il est déjà, et que, non, la France n’avait effectivement jamais eu de joueur aussi dominant que lui dans sa raquette, même s’il l’est fréquemment d’un seul côté du terrain. Consultation terminée dans la bonne humeur en lisant quelques commentaires de gens clamant qu’avec le même physique ils feraient probablement mieux… sauf que, les gars, n’oubliez jamais que vous êtes comme les autres, comme nous, des ventres à bière et à saucisson bon marché qui critiquent des sportifs professionnels en direct de vos canapés. Et ça, c’est plutôt marrant.

Nicolas BatumBatman
Certaines choses ne changent pas, et « Nicolas Batum chez le Psy après une compétition internationale » en est une. En effet, au sortir d’un Mondial loin d’être affreux, Batman a pourtant une nouvelle fois été au centre de la cible. Trop discret, trop payé, pas assez ambitieux ni tranchant, les critiques sont nombreuses, parfois légitimes mais souvent déplacées. L’exemple typique ? Un passage exceptionnel lors de la petite finale… accueilli par des « oui mais la demi-finale », preuve qu’une partie de la fanbase française préfère être malheureuse que vivre l’instant présent. C’est comme ça Nico, tu peux bien nous lâcher un triple-double en demi-finale des prochains JO que l’on te reprochera toujours ce foutu lay-up raté en 1999 face à Sarreguemines. La bonne nouvelle ? C’est que Nico et Goldy Lili voient tout… et qu’ils se tapent des barres. Chez les Batum on fait son blé en jouant au basket, le rêve d’une vie, et on ponctue même un été sur deux par une médaille internationale, de quoi en rendre jaloux quelques uns, ça doit être ça. Tout au long de la compétition et à part un acte manqué ou deux, pas les plus à propos évidemment, Batman ne s’est pas transformé en Badman mais a simplement fait son taf de l’ombre, et il l’a très bien fait. L’EDF connaissait ses leaders offensifs, le gars n’en faisait pas partie, so what comme disent les Youtubeuses. Aujourd’hui le patient Batabum gagne sa croûte, rentre au pays avec une médaille de plus et continue donc d’étoffer l’un des palmarès les plus fous du basket français. Mais askip ille ait tro nulle, askip on ait tousse meyeurs que luit.

La Coupe du Monde 2019 est bel et bien terminée, ça y est, et on se dirige tranquillement vers la reprise de notre belle et douce NBA. Il fallait néanmoins faire ce point essentiel avec une partie de la bande à Collet, pour terminer sur la note la plus évidente au retour de Chine : merci les Bleus, merci pour ce nouveau podium mondial. Y’a eu du très bon, y’a eu du beaucoup moins bon, mais au final l’histoire retient le nom des pays en face des années. Et cette fois-ci il n’y avait ni la Serbie ni les États-Unis, mais il y avait bien la France. CQFD.

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