Thunder

Tout le paradoxe Russell Westbrook en un money-time : du grand art, du bordel, du Brodie

Russell Westbrook
Source image : NBA League Pass

S’il devait y avoir un quart-temps pour résumer l’aventure Russell Westbrook au quotidien, on prendrait probablement celui d’hier soir à Boston. Une fin de match en mode montagnes russes, avec du très bien… et du très cheum.

Comment ne pas secouer sa tête en voyant le meneur d’OKC ce dimanche, avec un léger sourire en coin ? Si vous êtes fan du Thunder, forcément, les réactions physiques sont différentes. Peut-être un petit soupir, un coeur qui pince, un revers de la main en voulant passer à autre chose. Mais si vous êtes un observateur extérieur qui n’a pas d’affinité particulière avec la franchise de l’Oklahoma, le geste était probablement le même pour une grande majorité. La tête secouée, le sourire de côté. Pour une simple et bonne raison, tout le paradoxe, toute la tornade que représente Westbrook était en full display, au TD Garden. Il y avait, d’un côté, le très positif. Cette débauche d’énergie exceptionnelle, ce côté increvable même avec un bon retard sur les Celtics. Menant le comeback du Thunder, Russell était partout à la fois et en bien. Volant dans les plumes des intérieurs de Boston pour gober des rebonds à une hauteur inhumaine, délivrant caviar sur caviar pour que Patrick Patterson et Paul George l’aident dans son entreprise, venant parfaitement en aide sur Kyrie Irving pour forcer une balle perdue du meneur. C’était du Brodie comme on aime, la détermination d’un ancien-MVP qui prenait le dessus sur toute une rencontre, toute une salle, toute une soirée. Et vu comment le scénario commençait à pencher du côté des visiteurs, on se disait que Westbrook allait repartir avec le corps des Celtics dans ses bras, fermant le TD derrière lui avec un nouveau… TD en poche (le 6ème de suite) et toute la couverture médiatique dédiée à son incroyable esprit de compétition. Il y était, c’était là, devant lui, il avait fait le plus dur jusqu’ici.

Puis tout a changé, dans les trois dernières minutes.

Et quand on dit tout, c’est tout. Car avec Russ, et depuis si longtemps maintenant, lorsque le mauvais bouton est activé c’est toute la machine qui peut buguer. Donc une première erreur de communication en défense, laissant Kyrie Irving seul sous le panier pour deux points. Bien rattrapée par un caviar en direction de Jerami Grant, mais pour donner place à la grosse boulette de ce money-time, la balle de l’égalisation perdue un peu bêtement. Faire un fumble un soir de Super Bowl, la dédicace était belle pour les gars de Nouvelle Angleterre, mais pas vraiment pour les copains du Thunder. Avec 15 secondes à jouer et deux petits points de retard, Westbrook va foncer tel le dragster qu’on connaît, pour se faire piéger par le trio Irving – Tatum – Horford. Après tant de minutes passées à s’appliquer, la possession la plus importante de la soirée est gérée… sans application. Un dribble maladroit dans le dos, une balle qui glisse, et le freestyle du meneur tombe à l’eau. Interception des Celtics, on passe à +4 pour les hôtes, Russ va alors aller sur la ligne des lancers pour tenter un dernier coup de génie. Sauf qu’une fois le premier rentré, le All-Star va envoyer une ogive sur la planche sans toucher l’arceau, forçant les arbitres à rendre la balle une nouvelle fois à Boston. Fin du game. En quelques actions, Westbrook nous fait passer du chaud au froid, du rire aux larmes, du saut à la PLS. On se dit, merde, plus de 10 ans en NBA et il continue à flinguer certaines séquences aussi importantes par manque de discipline. Et on se dit aussi, merde, jamais le Thunder ne serait dans le match sans la remontada générée par ce dernier. Pas de gris, de juste milieu, de bon moyen de s’en sortir. Avec Russ, c’est parfois tout, parfois rien, souvent un mix de tout ça, et il faut vivre avec. Tant que cela ne pose que des problèmes en février, ça va. Mais si cela se reproduit dans des situations bien plus importantes en avril…

Immédiatement, en sortie de défaite, Russell Westbrook a tenu à dire publiquement que cette défaite était pour lui. Une technique auto-coup de fouet digne d’un leader, mais une technique qui ne pourra durer indéfiniment.

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