Old-School

Hommage original aux Milwaukee Bucks : la bête noire des serial winners de NBA, c’est devenu une marque de fabrique

Bucks Lakers 1972

Chamberlain et Jabbar s’étaient à l’époque livrés un sacré duel à l’intérieur, remporté par le jeune Buck.

Source image : @Bucks

Ce soir, Golden State se rend au Fiserv Forum pour y défier Milwaukee : un match qui pourrait avoir une saveur spéciale pour quelques joueurs de la Baie. En effet, il y a quasiment trois ans jour pour jour, les Bucks mettaient fin à la série de 24 victoires consécutives des Warriors, une habitude prise par les joueurs du Wisconsin au fil des ans. Car c’était également eux qui, le 9 janvier 1972, avaient brisé la plus grande série victorieuse de l’histoire de la NBA, détenue par les Los Angeles Lakers. Retour sur les deux rencontres qui ont fait des Milwaukee Bucks les plus grands streak stoppers de la NBA. 

1972. C’est une autre époque pour la jeune génération que nous sommes. Oubliez Internet, la HD et les réseaux sociaux, la télé est en couleur et c’est déjà très bien. En 1972, la NBA n’est pas la grande ligue que nous connaissons actuellement et elle doit supporter la présence d’une rivale, la ABA. Créée en 1967 pour couper le monopole de la NBA sur la balle orange, l’autre ligue de basket comptait cette année-là dans ses rangs Julius Erving et Rick Barry, deux joueurs qui ont LÉGÈREMENT marqué leur époque. Néanmoins, la grande ligue était plus riche et médiatisée, ce qui lui permettait de gagner petit à petit du terrain sur sa jeune rivale, au point de fusionner avec elle en 1976. Toujours est-il qu’au moment où les Los Angeles Lakers se rendent à la Milwaukee Arena (pourquoi faire compliquer quand on peut faire simple ?), on ne parle pas d’une ligue mais bien de deux ligues de basket.

Les Lakers et les Bucks, cette année-là, sont les deux meilleurs équipes de la NBA et ont clairement le dessus sur les autres. Milwaukee est le champion sortant et dispose de Lew Alcindor, nouvellement appelé Kareem Abdul-Jabbar qui règne sur la ligue. Les Lakers, quant à eux, ont un effectif vieillissant mais composé de superstars avec Wilt Chamberlain, Jerry West, Elgin Baylor et Gail Goodrich, ce qui fait d’eux des candidats légitimes au titre après des années d’échecs. La saison débute néanmoins tristement pour L.A. puisque Elgin Baylor décide de ranger les baskets après seulement neuf matchs et une défaite à Golden State où il finit à 8 points et 6 rebonds en 23 minutes : une petite sortie pour un immense joueur. Heureux hasard, ce sera le début de la série victorieuse des Lakers qui vont enchaîner 33 succès de rang jusqu’à ce 9 janvier 1972 où ils se rendent à Milwaukee. Les Bucks ont déjà mordu la poussière une fois face aux Angelinos et ils ne comptent pas laisser la série de leurs rivaux se poursuivre sur leur terrain. Malgré une balle qui tourne bien et un scoring partagé chez les Lakers, Jabbar est tout simplement injouable ce soir-là. 39 points, 20 rebonds et 5 passes : le pivot enchaîne les moves et fait la totale à Chamberlain, lequel aura tout tenté, au point de jouer les 48 minutes du match ! Mission réussie pour les joueurs du Wisconsin, qui entrent dans l’histoire en tant que bourreau des Lakers : la série de victoires s’arrête donc à 33, le record en la matière, pour une équipe qui en gagnera finalement 69, dont trois de plus contre ces mêmes Bucks. Los Angeles les éliminera ensuite en finale de conférence à l’ouest (parce que Milwaukee à l’époque était… à l’ouest), avant de remporter le titre face aux Knicks de New York. Dans l’équipe en face, un certain Phil Jackson, qui s’essayera au coaching quelques années plus tard avec un certain succès.

On fait ensuite un bond dans le temps pour revenir à une époque bien plus récente et connue des contemporains : 2015. Fini les shorts courts, Jabbar ne terrorise plus les parquets et se contente de son titre de légende des … Lakers, alors que Jerry West, conseiller sportif à ses heures perdues n’a pas encore convaincu Kevin Durant de détruire sa réputation et la ligue rejoindre les Warriors. La nouvelle superstar se nomme Stephen Curry, nouveau MVP qui réalise un début de saison insensé aux chiffres au point de mener ses Warriors à une série de 24 succès consécutifs, et même 28 si l’on prend en compte les quatre derniers matchs de la saison passée. L’équipe est championne en titre et les bookmakers sortent déjà les paris pour savoir s’ils seront capables de battre le record de 72 victoires établi par Jordan et ses Bulls de 1996. Steve Kerr, membre de la fameuse équipe des taureaux est le coach de Golden State et le style de jeu qu’il a mis en place l’année précédente fait des Warriors l’une des équipes les plus agréables à voir jouer. La franchise a tout pour être vue positivement par les fans du monde entier : une jeune star attachante qui sort des performances jamais vues dans la ligue, un coach rookie qui se veut le disciple de Phil Jackson et Gregg Popovich, les deux meilleurs coachs de l’histoire, et une équipe construite par la raft qui joue un basket chatoyant et qui, en clair, ne doit rien à personne.

La saison 2015 – 2016 commence comme a fini celle d’avant, en gagnant, beaucoup, beaucoup de matchs. Steve Kerr ne peut assurer le début de saison ? Pas de problème, la machine est déjà huilée et les joueurs connaissent leur rôle par cœur. Green trouve Klay Thompson qui profite d’un écran de Bogut pour être seul à 3-points, Splash ! Curry qui feinte et qui finit en drive, une évidence. Luke Walton assure donc l’intérim le temps que son mentor se remette et l’équipe commence par 24 victoires d’affilée : meilleure série de l’histoire pour débuter une saison, rien que ça. Les succès obtenus par les Californiens deviennent écœurants de facilité et le record des Lakers se rapproche à grand pas. Ils deviennent alors l’ennemi public numéro un et chaque franchise veut être celle qui associera son nom à la série en tant que streak stopper. Boston est proche d’y arriver à domicile, le 11 décembre, mais échoue finalement après une double prolongation qui épuise les Dubs. Malheureusement pour eux, ils sont en road-trip et un back-to-back les attend dès le lendemain avec un déplacement à… Milwaukee. Tiens tiens.

Les Bucks, à l’époque menés par Jason Kidd, ne sont qu’une jeune équipe avec peu d’expérience. Certes, Giannis Antetokounmpo est déjà là mais il n’est alors qu’une pépite qu’il faut polir et il est très loin d’avoir la dimension qu’il a actuellement. Leur bilan, au moment de recevoir les Warriors est de 9 victoires pour 15 défaites et il est clair qu’ils ne font pas partie des cadors, et pourtant… Épuisés par un road-trip éreintant et une double prolongation la veille, les joueurs de Steve Kerr bafouent leur basket et voient leur adresse à longue distance prendre l’eau. Face à une équipe jouant le couteau entre les dents et aidée par un Bradley Center chauffé à blanc, la marche est trop haute et ce, malgré un Draymond Green des grands soirs qui compile 24 points, 11 rebonds et 5 passes. Côté Milwaukee, on notera la belle performance de Giannis en 11/12/8, néanmoins le héros de la soirée se nomme … Greg Monroe avec 28 points et 11 rebonds : oui oui le mec qui est au bout du banc des Raptors aujourd’hui. Le temps d’un soir, Milwaukee se sera ainsi rappelé l’un de ses plus beaux fait d’armes en brisant une nouvelle série victorieuse et son nom est désormais inscrit face à deux des trois plus longues séries de l’histoire, pour un sacré bout de temps. On doute néanmoins que les joueurs de Golden State pensent à ce match trois ans après. Après tout, il ne reste que cinq joueurs du groupe qui avait conduit la franchise au record suprême de victoires…

Tout le monde n’a pas la possibilité de construire une légende faite de succès à la pelle. Les Lakers et les Warriors ont connu des âges d’or qui leur ont permis de rester dans les annales de la ligue, probablement pour de nombreuses années encore. Mais aussi glorieuses que fussent ces équipes, elles auront à partager une partie de leur gloire avec celle qui les aura ramené sur terre, et ça, chez les Milwaukee Bucks, on l’a bien compris. 

 

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