Old-School

Le jour où Kobe Bryant a donné une leçon de courage et de force mentale à tout le monde

Kobe Bryant

Tout donner. Ne jamais rien lâcher.

Source : youtube

Dans le milieu, celui de la balle orange, le sujet Kobe Bryant est très souvent l’objet de dissensions profondes parmi les fans et les observateurs. Il y a ceux qui détestent l’ancien Laker à cause de son côté arrogant, prétentieux et très peu axé sur le collectif une fois sur le parquet. Il y a ceux qui ne jurent que par le Black Mamba à cause de sa technique, de son instinct de tueur ou encore des performances hallucinantes qu’il a envoyées au cours de sa carrière. Mais tous se retrouvent forcément sur un point : l’indéniable et surhumaine force mentale du bonhomme…

12 avril 2013. Les Lakers jouent leur 80ème rencontre de la saison. Alors qu’il va sur ses 35 ans, Kobe Bryant participe à son 78ème match de l’exercice à raison de plus de 38 minutes par sortie. Construits avec l’objectif d’aller loin en Playoffs grâce aux renforts de Steve Nash et de Dwight Howard, les Angelinos reçoivent les Warriors. Pas les Warriors ultra-dominants d’aujourd’hui mais déjà une équipe à prendre très au sérieux et positionnée juste devant les Lakers au classement de la Conférence Ouest. Avec plus de 27 points accompagnés de presque 6 rebonds et 6 passes décisives en moyenne par soir, Kobe est le leader incontesté de cette escouade de stars hollywoodiennes dont la saison n’est pas non plus extrêmement convaincante. A tel point que depuis dix matchs, le numéro 24 passait presque 43 minutes en moyenne sur le parquet à chaque sortie des siens car son apport était indispensable. Plus dingue encore, deux jours plus tôt lors d’un déplacement à Portland, le Mamba avait joué les 48 minutes de la rencontre pour 47 points au final et la victoire pour les siens. A l’arraché les Lakers étaient donc en train de se qualifier pour les Playoffs. Playoffs dans lesquels on se disait que leur expérience et leur talent pourraient peut-être leur permettre d’exister.

Sauf que la post-season n’était pas encore assurée pour les Angelinos avant ce match et qu’à peine plus de cinq minutes avant la fin de la rencontre, les Warriors menaient de 6 points (107-101) et comptaient bien tenir le choc pour obtenir un succès précieux. Kobe n’avait pas encore pris la moindre seconde de repos de puis le début du match et il n’avait pas l’intention de lâcher quoi que ce soit. Après un shoot raté de David Lee, Steve Blake capte le rebond et remonte la balle. Il sert Kobe et le Mamba n’hésite pas : il dégaine derrière l’arc et plante un sans trembler. 107-104, les Lakers ne sont plus qu’à trois unités. Le Staples Center bouillonne. Un peu plus d’une minute plus tard et après quelques possessions gâchées de part et d’autre, les Lakers reviennent  la charge. Kobe Bryant a la balle, on sait qu’il va shooter. Il shoote de loin et c’est dedans à nouveau. 107-107. Malgré la charge de temps de jeu subie récemment, le Mamba ne paraissait pas fatigué. Il avait l’air déterminé, prêt à tout pour emmener sa franchise en Playoffs une nouvelle fois…

Jarrett Jack marque et redonne deux points d’avance aux Warriors (109-107 à 3’22 » de la fin). Et Kobe se retrouve encore une fois avec la balle. Harrison Barnes le colle car le numéro 24 des Lakers vient de planter de loin à deux reprises. Kobe décide donc de partir en drive. Il pose un dribble, passe l’épaule mais il s’écroule deux mètres plus loin. Sa main vient tout de suite toucher son talon gauche. Le Mamba grimace. Il semble souffrir mais on se dit qu’il en a vu d’autres, qu’il va prendre une petite minute et se relever pour aller shooter deux lancers car Barnes s’est fait siffler une faute sur l’action. C’est ce qu’on se dit… Nous ne le savons pas encore mais Bryant lui le sait sûrement déjà : il vient de se blesser gravement au niveau du tendon d’Achille (déchirure). La suite ? C’est du Kobe Bryant en majuscule, c’est du Black Mamba dans tout ce qu’il a de plus impressionnant psychologiquement. Déjà, Kobe se relève aidé par ses coéquipiers et file de lui-même (!!!) sur le banc, d’un pas lent qui laisse largement imaginer à quel point il est en souffrance. Un temps-mort s’écoule et Kobe se lève. Il sait qu’il doit shooter ses lancers sinon c’est la coach adverse qui choisira parmi les Lakers qui devra tirer. Mais ça, Kobe ne l’imagine pas un instant. Son chemin depuis son banc jusqu’à la ligne de lancers francs à l’opposé du terrain ressemble à une longue agonie. Kobe boite. Les commentateurs se demandent si c’est le genou ou la cheville. On nous montre un gros plan sur les jambes du Mamba pour bien nous faire comprendre à quel point le joueur est en difficulté.

Et là Kobe Bryant ne la savait peut-être pas encore mais il va nous proposer un de ces moments qui définissent une carrière. Le visage fermé, les larmes au bord des yeux, il arrive tant bien que mal jusqu’à la ligne de lancer. Il souffre mais il est calme. Il avait tant donné sur cette saison pour que son équipe soit en position d’aller en Playoffs malgré toutes les difficultés collectives rencontrées, il avait tant donné sur les derniers matchs pour aligner les victoires au mépris de son intégrité physique qu’il aurait pu craquer dans un moment pareil. La douleur aurait pu le faire céder. Il aurait pu se dire que c’était injuste, que tous ses efforts méritaient une meilleure récompense. Non, non et NON. Kobe n’est pas de ceux-là. Il ne se plaint pas, il fait le boulot quelles que soient les circonstances. Deux lancers, deux ficelles et le score revient à égalité (109 partout). Les Warriors remettent la balle en jeu et un Laker fait tout de suite faute pour permettre au Mamba de repartir vers son banc, directement vers le vestiaire même afin d’être pris en charge par l’équipe médicale. Le public voit ça et comprend que Kobe est blessé, que c’est suffisamment grave pour qu’il ne puisse plus rester sur le parquet et porter les siens. Standing ovation instantanée. Standing ovation méritée, archi-méritée. Plus tard dans la soirée, après avoir diagnostiqué une déchirure du tendon d’Achille, les médecins expliqueront que la capacité qu’a eu Kobe à traverser le terrain pour shooter deux lancers va bien au-delà des théories de la médecine moderne.

A travers ce moment historique, Kobe Bryant venait ici de nous montrer à tous ce que c’est que d’avoir un mental de champion. Il venait de démontrer que la férocité psychologique avec laquelle il a abordé le basket pendant 20 ans n’est pas une simple façade mais bien une discipline que le Mamba s’imposait également à lui-même, afin de toujours repousser ses limites, de ne jamais rien lâcher, de toujours tout donner. Ce soir-là, Kobe a repoussé les limites de l’acceptation de la douleur, il n’a pas lâché son équipe et a tout donné à la Cité des Anges…

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