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Playoffs Revival : John Starks, héros maudit des Knicks

Playoffs Revival John Starks

En 1994, lors de la première retraite de Jordan, les Knicks sont persuadés de pouvoir aller chercher le titre. Mais les Rockets d’Olajuwon aussi. Résumé de cette finale acharnée.

Source image : Youtube, montage @TheBigD05

La saison régulière, c’est sympa, les matchs se multiplient, mais on ne regarde parfois certaines rencontres que d’un œil discret. Pour vous aider à tenir dans ces instants difficiles, voici un de nos petits retours sur les grands moments de l’histoire des Playoffs. Parce que c’est à cette période de la saison que les légendes naissent et que les fauves sortent les crocs.

Pour cet épiode, nous allons nous pencher sur les Finales de 1994, pour l’intensité du duel qui a été proposé. Bien sûr, il est possible de ressortir la performance d’Hakeem Olajuwon sur cette série qui a conclu pour lui une saison de rêve, mais finalement, l’événement le plus marquant est probablement plutôt l’échec cuisant de John Starks lors du Game 7. Retour sur cette bataille en sept manches.

Le contexte : un retraité a laissé le champ libre

Été 1993. Les Bulls viennent de réaliser le threepeat. Le père de Jordan est retrouvé mort et MJ annonce sa retraite. Fini le basket, il se lance dans le baseball. Il ouvre ainsi la porte du titre pour de nombreuses équipes qui vivaient dans l’ombre de Chicago, incapables de se défaire des Bulls lors des Playoffs. Parmi elles, les New York Knicks. Principaux rivaux des coéquipiers de JoJo, victimes régulières des pensionnaires du Chicago Stadium, les hommes de Pat Riley sont persuadés que leur tour est arrivé. Après 21 ans d’attente, le titre doit être pour eux, Ewing & co. en sont convaincus. Ce sont donc des guerriers en mission qui débutent la saison 1993-94, et l’intensité défensive qu’ils affichent match après match indique clairement qu’ils ne laisseront personne se mettre en travers de leur chemin vers le Graal. Avec un bilan de 57-25, ils terminent deuxièmes à l’Est, avec le même nombre de W que les Hawks premiers. En Playoffs, après un tour de chauffe facile face à leurs voisins des Nets (3-1), les séries contre Chicago (4-3) et Indiana (4-3) sont bien plus compliquées. Mais leur volonté est trop forte, cette saison doit être celle de leur consécration.

À l’Ouest, les Houston Rockets sortent de Playoffs 1993 prometteurs. Souvent considéré comme une équipe talentueuse mais irrégulière, l’effectif de Rudy Tomjanovich croit aussi en ses chances. Dès le camp de préparation, ils se mettent en condition pour aller au bout. Et ramener ainsi le premier titre de leur histoire. Avec un bilan de 58 victoires, ils sont deuxième à l’Ouest derrière les Sonics (63-19). Ils sortent les Blazers (3-1), les Suns (4-3) et le Jazz (4-1) pour accéder aux Finales NBA.

La performance : John Starks maintient les Knicks en vie avant de les tuer

Cette série est donc l’occasion de voir l’opposition entre deux grands pivots qui s’étaient déjà rencontrés en finale NCAA 10 ans plus tôt. À l’époque, Ewing avait remporté le duel avec Georgetown face à Olajuwon et l’Université de Houston, 84-75. Mais cette saison, le pivot des Rockets marche sur l’eau. MVP de la saison régulière, meilleur défenseur de la ligue, il est au sommet de son art et il le montre dès le Game 1. 28 points, 10 rebonds, 3 steals, 2 contres et une victoire pour Houston. Ewing score certes 23 points, mais à 10/26 aux tirs. Il ne le sait pas encore, mais The Dream va l’éteindre toute la série. Lors du match suivant, toujours dans le Texas, les Knicks prennent leur revanche grâce à un collectif bien huilé, tous les starters scorant en double figure. Ils récupèrent ainsi l’avantage du terrain, mais les deux premiers matchs ont donné le ton de la série : des rencontres accrochées, serrées et défensives. Dès le Game 3, Houston renverse de nouveau la tendance grâce une fois de plus à un excellent Olajuwon qui fait le taf face à Ewing. Le pivot des Knicks continue avec une adresse désastreuse, mis en difficulté par la défense de son homologue. Dos au mur, New York ne peut plus se permettre de perdre au Madison Square Garden. Ils remportent les deux matchs suivants pour repartir au Texas avec un avantage d’une victoire, à une petite victoire du titre.

Gonflés à bloc, ils débarquent à Houston pour mettre fin à la série dès le Game 6 et offrir le titre à Big Apple. Si Ewing est une fois de plus en difficulté (17 points à 6/20, mais 15 rebonds), John Starks tient la baraque à lui tout seul. Un pitbull en défense. On fire en attaque. Chaque tir fait mouche. Dans le quatrième quart temps, il inscrit 3 shoots longue distance. À 1 minute 30 de la fin, alors que Houston mène 84-77, il part en contre attaque, inscrit le panier puis pousse Vernon Maxwell à une perte de balle. Sur la remise en jeu, il est servi et rentre justement l’un de ses 3 tirs primés. En quelques secondes, il a ramené les Knicks au contact. Avant de perdre la balle à son tour sur l’action suivante. Quand ça s’emballe chez Starks, les fils peuvent se toucher. Peu importe, le match n’est pas décidé, et à moins de 8 secondes de la fin, New York a la possession et 2 points de retard. Balle dans les mains du numéro 3. Écran d’Ewing, accélération tir à 3 points amorcé… et dévié par Olajuwon qui effectue un retour désespéré sur le shooting guard des Knicks. Victoire des Rockets. Le héros malheureux du soir marque 27 pions (16 dans le dernier quart temps) à 9/18 dont 5/9 à 3 points.

Il reste tout de même un match, New York ne peut pas baisser les bras. Si Pat Ewing est en dessous de son niveau, John Starks peut encore sauver les siens. Mais pas ce soir. Est-ce le contrecoup de la performance du Game 6 ? Le souvenir du contre d’Olajuwon à la dernière seconde ? Ou tout simplement un jour sans ? Le début de match est laborieux. Les tirs pris ne rendent pas. Mais Starks croit en lui, il persiste. De toute façon, personne d’autre ne semble en mesure de prendre le match à son compte chez les Knicks. Il insiste. Mais son acharnement ne lui permet que de réaliser l’une des pires performances offensives de l’histoire des Finales. 2/18 aux tirs, 0/11 à 3 points. Quelques jours après avoir porté son équipe, lui avoir fait croire au titre, John Starks creuse le cercueil des espoirs de New York. En face, Olajuwon réalise encore un gros match, avec 25 points, 10 rebonds, 7 passes et 3 contres. Houston gagne et The Dream est MVP après avoir surclassé Ewing (26,9 points à 50%, 9,1 rebonds, 3,6 passes et 3,9 contres pour le Nigerian, 18,9 à 36.4%, 12,4,  1,7 et 4,3 pour son adversaire). Une distinction qui aurait pu revenir à Starks si les phalanges du pivot des Rockets n’avaient pas dévié son tir au Game 6…

« Vous faites avec les gars qui vous ont emmené ici. Vous faites avec vos joueurs. Vous partagez les hauts avec eux, vous partagez les bas avec eux. John a pratiquement gagné le Game 6 à lui tout seul. Ce gars n’a peur de rien. Il a eu de bonnes opportunités de marquer dans le 4ème quart, mais elles ne sont pas tombées dans le cercle. C’est l’un des plus grands compétiteurs que j’ai connu dans ma vie et je tiens chèrement à lui pour cela. C’est un dur, et il finira par panser ces plaies, dépassera cela et apprendra de cela. » – Pat Riley.

La suite : back to back pour Houston, déprime pour New York

Cette série marquera clairement un tournant défensif dans la ligue, aucune équipe ne réussissant à score plus de 100 points dans un seul match. Pour la première fois, l’écart final de chaque rencontre n’a jamais atteint les 10 points, preuve de la proximité entre les deux équipes. L’année suivante, Houston réalisera le back to back. New York devra attendre 1999 pour retrouver les Finales et se faire manger par les Spurs. Ewing n’aura jamais sa bague, et John Starks restera surtout dans l’histoire pour sa contre performance du Game 7 de 1994. N’oublions donc pas le match précédent qui aurait pu faire de lui le héros d’une ville.

Ainsi va la carrière de John Starks, faite de hauts et de bas, à devoir prouver chaque soir ce qu’il vaut. Et malgré cette déconvenue, les fans des Knicks ne lui en veulent pas. Tout simplement car s’il n’était pas le plus doué sur un parquet, il était toujours celui qui se donnait le plus, ne baissant les yeux ou les bras devant aucun challenge.

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