Dossiers NBA

[Draft] Shabazz Muhammad : Le Harden version « Streetball » ?

Digne descendant d’un Nick Young ou d’un J.R Smith, l’unique Shabazz Muhammad fait déjà beaucoup parler de lui à l’approche de son arrivée sur les terrains NBA. De controverses en controverses, le trublion de 1,98 m et de 98 kg en provenance de Las Vegas n’a pas fait que des heureux durant son passage impérissable aux Bruins de UCLA. Comptabilisant 17,9 points et 5,2 rebonds cette année, il est annoncé dans le top 20 de cette Draft 2013, les avis à son sujet divergeant du fait que la talentueuse exposition de ses qualités physiques hors du commun se voient entachées par un manque criant de discipline et de rigueur collective sur et en dehors des parquets.

Ses Qualités

Comme nous l’évoquions en introduction, la principale source du talent de Muhammad est concentrée sur son physique « naturel » et les possibilités d’action qu’il engendre sur 48 minutes. Dégageant énormément de puissance et de vitesse, il se démarque par des mensurations divines pour un ailier classique évoluant au même poste. De plus, il ne rechigne pas devant l’effort lorsqu’il s’agit de courir en attaque, de faire valoir ses 2m10 d’envergure ou bien d’incarner la solution adéquate lors du jeu de transition. N’hésitant aucunement à punir tout manant de petite taille qui oserait croiser son chemin et le défier dos au cercle, le phénomène semble constamment attiré par l’arceau et l’envie perpétuelle de mettre le ballon dans le cercle en combinant vitesse exceptionnelle et constante agressivité, notamment aux rebonds offensifs (3,5 prises sur une moyenne de 40 minutes, deuxième meilleur arrière dans cette catégorie parmi l’ensemble des prospects d’élite de cette Draft).

Par ailleurs, le gaucher virevoltant provoque ses défenseurs à outrance, si bien que le « bestiau » passe le plus clair de son temps à chercher des points faciles et obtenir des coups de sifflet en sa faveur (7,3 passages sur la ligne des lancers en 40 minutes). Il dispose également d’une excellente lecture des écrans placés afin, d’une part de faciliter son accès au panier par des cuts répétés et exécutés dans l’ombre de la défense, et d’autre part, de lui libérer le shoot à mi-distance ou à trois points, domaine dans lequel ce-dernier est plutôt adroit en « catch-and-shoot » (37,7 % derrière l’arc cette saison). En outre, son instinct de compétitivité justifie le fait qu’il est bel et bien prêt pour ne pas se faire bousculer en bon rookie qu’il sera lors de ses débuts imminents dans la Grande Ligue. Doté d’un sang glacial coulant dans ses veines gonflées et ne connaissant pas le mot « peur », Muhammad, de par son panel offensif déjà bien étoffé, devrait donner du fil à retordre à ses adversaires d’un bout à l’autre du stade. Sur la plan offensif, la comparaison précoce avec James Harden n’a pas l’air impossible tant l’abnégation folle du garçon, âgé de 20 ans seulement, fait force d’une volonté personnelle à vouloir tout ravager sur la route sinueuse qui le mènera au succès escompté, mérité.

Ses Défauts

Si dans le registre offensif la copie rendue par les scouts se montre unanime, c’est, à contrario, en défense que le bât blesse: pourvu d’une sélection de tirs semblable à celle de Michael Beasley, l’interessé montre des signes de faiblesse pour le moins inquiétants lorsque tout ne se produit pas comme il l’entend. Plaçant toute son énergie dans l’attaque, sans parler des actions où il titube, refusant en l’occurrence de finir main opposée (main droite) sous le cercle, se faisant contrer aisément par les intérieurs adverses, de faire l’extra-passe à un partenaire plus qu’ouvert bien qu’encerclé par trois ou quatre opposants, de forcer continuellement le tir au moyen d’un floater main gauche assez douteux quand l’exécution offensive est habilement contestée, l’ancienne gloire du lycée Bishop Gorman ne semble pas concerné par l’effort défensif, revenant (ou pas) en traînant les pieds en défense alors qu’il vient de cavaler tel un étalon sur le trailer de la contre-attaque juste avant…

Ainsi, affichant peu d’initiatives défensives, sur les aides et la reprise de son joueur derrière l’écran par exemples, de même que par son manque de créativité offensive avec un tir après le dribble peu efficace et une répétition d’erreurs lors d’une spirale de possessions négative, l’altruisme collectif, synonyme du mot « néant » dans son dictionnaire, dont il semble exempté jusqu’à preuve du contraire, laisse tout de même perplexe les avis les plus acquis à sa cause. Telle est sans doute l’une des raisons de sa non présence dans le top 10 des différentes prévisions réalisées sur la Draft 2013. Enfin, ses nombreuses apparitions dans la rubrique « Faits Divers » des journaux de Los Angeles laissent à désirer quant aux réelles intentions du personnage au sein d’un groupe: mensonges sur son âge, scandale sur ses frais de logement à UCLA qui aurait pu lui coûter la saison universitaire, progéniture d’un paternel qui ne cesse de multiplier les frasques venant fleurir les couvertures de la presse « people » locale, etc.

A première vue, le MVP du McDonald’s All American Game 2012 possède toutes les caractéristiques d’un très bon « flashy » player, le genre de joueurs qui fait vendre des tickets en masse et qui déchaîne les passions du public en quelques actions de génie, jusqu’à en devenir le chouchou adulé. Tous les ingrédients sont présents pour installer une domination progressive dans la Ligue au poste d’ailier, dans le but souverain d’aller murmurer des maximes de Platon dans l’oreille de Lebron James sur une remise en jeu avant de le mettre au sol, puis de se rendre en conférence de presse en marcel blanc-bermuda bleu et d’être fier de ses 28 points, 9 rebonds et 0 passe dans la défaite de son équipe à domicile. En un mot, le défi majeur pour la star de UCLA sera, plus sérieusement, de concilier talent et intelligence, altruisme et esprit d’équipe afin de centrer toute sa concentration et sa volonté dans l’alchimie construite par ses coéquipiers et les hauts dignitaires de la franchise où il va atterrir.

Attention de ne pas se laisser bercer par les voix trompeuses de l’égocentrisme et de la tentation Shabazz !

En bonus, petit florilège de l’étendue de son pouvoir de domination à calquer absolument en NBA:

 

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