L’histoire de la National Basketball League (NBL)

En 1937, afin de faire grossir les affluences et la couverture médiatique de leur ligue, les dirigeants de la Midwestern Basketball Conference – qui existe depuis 1935 – ont une idée de génie : rebaptiser la compétition National Basketball League. Un choix d’une originalité rare puisqu’il ne s’agit que de la cinquième fois qu’un tel blaze est utilisé pour une ligue, alors que le basketball n’a pas encore soufflé ses cinquante bougies.

Comme souvent à l’époque, l’organisation est un peu anarchique puisque les règles, la durée des rencontres, la taille des paniers et même le nombre de matchs joués diffèrent d’une franchise à une autre. Pourtant, malgré ce bordel ambiant, la National Basketball League est la première ligue professionnelle majeure de la balle orange chez l’Oncle Sam. Certes, le territoire reste limité à un petit quart nord-est des États-Unis, dans des villes de seconde zone – Chicago et Detroit étant les exceptions, sauf si Oshkosh et Sheboygan vous font rêver – mais les bases sont posées. Pendant une décennie, le basketball, c’est la NBL, avec ses avancées, comme la suppression de l’entre-deux à chaque panier en 1937.

Un autre progrès est initié par la National Basketball League. Dans une Amérique ségréguée, les premiers ballers Afro-Américains à jouer au sein d’une ligue professionnelle débarquent en son sein. Avec la Seconde Guerre Mondiale qui accapare les USA au début des années quarante, de nombreux basketteurs professionnels sont mobilisés pour participer à l’effort de guerre ou rejoindre le front. Par conséquent, certains effectifs de la National Basketball League sont dépeuplés et les franchises se tournent vers le vivier afro-américain pour éviter que la ligue ne s’effondre. C’est ainsi qu’à l’aube de la saison 1942-43, les Toledo Jim Chevrolets signent plusieurs joueurs noirs dont Bill Jones, Al Price, Casey Jones et Shannie Barnett. Quatre matchs pour autant de défaites plus tard, la franchise est dissoute. Les Chicago Studebaker Champions tiennent un poil plus longtemps pour boucler la saison avec le deuxième pire bilan de la ligue, mais surtout avec six joueurs Afro-Américains, tous issus des Harlem Globetrotters. Si les résultats sportifs ne suivent pas, l’intégration est sans problème au sein de l’effectif, comme se rappelle Dick Evans, joueur blanc du roster :

« Je ne me souviens de personne disant ‘comment peux-tu jouer avec ces gars ?’ parce que nous avions beaucoup de respect pour eux. Et les gens qui regardaient les matchs pensaient que c’était génial. Ils [les joueurs afro-américains, ndlr] étaient comme nous. Des bons gars et des gars intelligents. Ils étaient comme nous étions. »

Lors des années suivantes, cette intégration se poursuit en NBL, mais toujours pas au sein de la Basketball Association of America, fondée en 1946. Cette nouvelle ligue, fondée par des propriétaires de salles dans des grandes villes, viennent concurrencer la National Basketball League avec une idée en tête : pousser un fusion entre les deux compétitions. Si le pouvoir financier penche côté BAA pendant les trois ans de cohabitation des deux ligues, les meilleurs joueurs squattent plutôt la NBL. 

Autre différence majeure, la BAA reste une ligue intégralement blanche, alors que la National Basketball League pousse encore plus loin l’intégration. En 1946-47, les New York Rens remplacent les Detroit Vagabonds ayant mis la clef sous la porte, mais en quittant Big Apple pour déménager du côté de Dayton dans l’Ohio. Pour la première fois, une équipe 100% afro-américaine évolue dans une ligue professionnelle. 

Deux ans plus tard, la BAA devient NBA. Plus qu’une fusion, l’acquisition de quelques franchises de NBL est en réalité une expansion. D’ailleurs, l’histoire de la NBA ne garde aucune trace de la National Basketball League, seules les données de la BAA sont prises en compte avant 1949.

Palmarès de la National Basketball League

  • 1937-38 : Akron Goodyear Wingfoots 2-1 Oshkosh All-Stars
  • 1938-39 : Akron Firestone Non-Skids 3-2 Oshkosh All-Stars
  • 1939-40 : Akron Firestone Non-Skids 3-2 Oshkosh All-Stars
  • 1940-41 : Oshkosh All-Stars 3-0 Sheboygan Redskins 
  • 1941-42 : Oshkosh All-Stars 2-1 Fort Wayne Pistons
  • 1942-43 : Sheboygan Redskins 2-1 Fort Wayne Pistons
  • 1943-44 : Fort Wayne Pistons 3-0 Sheboygan Redskins
  • 1944-45 : Fort Wayne Pistons 3-2 Sheboygan Redskins
  • 1945-46 : Rochester Royals 3-0 Sheboygan Redskins
  • 1946-47 : Chicago American Gears 3-2 Royals de Rochester
  • 1947-48 : Minneapolis Lakers 3-1 Rochester Royals
  • 1948-49 : Anderson Packers 3-0 Oshkosh All-Stars

Révise ton alphabet et deviens bilingue en trashtalking avec le Lexique du TrashTalker

Liens utiles dans le lexique :

Source image : Wikipédia


To Top