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La Dream Team 1992 – 30 ans après : P.J. Carlesimo, l’assistant-coach de Chuck Daly dont la carrière fut… mouvementée

PJ Carlesimo 26 juillet 2022

Cet homme symbolise parfaitement l’expression « en voir de toutes les couleurs »

Source image : YouTube

C’était il y a trente ans. Déjà. Trente ans que les États-Unis obtenaient l’autorisation d’envoyer des joueurs NBA participer aux Jeux olympiques. Trente ans que, de ce fait, la « Dream Team » était créé. Trente ans qu’une simple équipe de basketball prenait une dimension jusqu’alors jamais vue. Records, légendes, influence… cet été TrashTalk a décidé de revenir avec vous sur toutes les histoires qui ont fait de cet effectif l’un des plus mythiques de l’histoire du sport. Sortez vos Hoverboard, montez dans la Delorean et lancez Johnny B. Goode sur l’autoradio car il est temps de revenir en 360 degrés sur ce qu’il s’est passé il y a… 360 mois. Troisième épisode ? Un assistant-coach à la carrière… particulière.

Chuck Daly, Lenny Wilkens, Mike Krzyzewski et… P.J. Carlesimo. Voilà la courte liste du coaching staff qui s’est occupé d’amener – ou plutôt d’accompagner – la Dream Team au titre lors des Jeux olympiques de Barcelone en 1992. Et puisque nous entretenons depuis longtemps une relation basée sur l’honnêteté et la confiance, on ne va pas se mentir, il y a un nom parmi ces quatre qui est loin de nous être aussi familier que les autres. Mais qui est Mike Krzyzewski ? Roooh… ça va on déconne, évidemment qu’on ne parle pas de « Coach K ». Si les trois premiers hommes cités ci-dessus ont tous intégré le Hall Of Fame, ce n’est pas le cas de Mister Carlesimo, qui a pourtant connu une carrière vraiment, mais alors VRAIMENT pas comme les autres.

Peter John Carlesimo est né en 1949 à Scranton en Pennsyl… ouais nan on vous met le lien de sa page Wikipédia comme ça vous irez regarder vous-même pendant qu’on va parler des choses qui nous intéressent vraiment hein. Car ce bon vieux P.J. n’est pas un ancien joueur reconverti comme on peut souvent en voir. Non-drafté en 1971, probablement en raison de son niveau médiocre lorsqu’il se retrouve avec un ballon entre les mains, Carlesimo décide de rentabiliser le temps qu’il passe sur le banc en devenant assistant-coach de l’Université de Fordham à seulement 22 ans. Après quelques expériences en tant que head coach dans d’autres universités, l’Américain va véritablement lancer sa carrière à Seton Hall en 1982, où l’équipe de Division 1 va prendre une ampleur inédite dans son histoire. Lors de sa première campagne avec les Pirates, Pierre-Jean récupère un effectif très faible, avec lequel il ne remportera que 6 matchs pour 23 défaites. À partir de là, il améliorera chaque année ce bilan et ce pendant six saisons consécutives. Trouvant peu à peu son identité avec un jeu très rugueux promu par le très exigeant Carlesimo, l’équipe va faire la première apparition de son histoire dans la March Madness en 1988 et atteindra même la finale l’année suivante, où elle échouera d’un petit point contre Michigan (80-79) après prolongation. Le garçon sera d’ailleurs élu « Coach de l’année » à l’issue de ces deux exercices, alors qu’il n’a pas encore 40 ans. Au total, sous les commandes de « Carlos », Seton Hall arrivera deux fois à la première place de la Big East Conference et participera à six reprises au tournoi NCAA dont quatre à la suite de 1991 à 1994, année du départ du coach.

C’est bien simple, P.J. Carlesimo est carrément élu « Coach du Siècle » par l’université de Seton Hall, dont il reste encore aujourd’hui l’entraîneur le plus emblématique. Toutefois, même si cette carrière est très sympa, elle n’arrive tout de même pas à la hauteur de celle de ses collègues de la Dream Team. Alors comment se fait-il que Carlesimo se retrouve au milieu de ces légendes ? La réponse est très simple : Peter John était déjà auprès de Team USA avant même les Jeux olympiques de 1992. À l’instar de Coach K dont il fut l’assistant à l’époque en équipe nationale, P.J. remporte la médaille de bronze aux Championnats du Monde de 1990. Et oui, souvenez-vous ! À ce moment-là, les joueurs NBA n’étaient pas encore autorisés à participer à ce genre de compétition, et ce sont donc les jeunes universitaires qui représentaient les couleurs américaines lors des compétitions internationales. Pas étonnant donc de voir des coachs NCAA à la tête de ces équipes. C’est pourquoi, lorsque Chuck Daly prend la tête de la sélection, il lui tient à cœur de conserver certains éléments importants des campagnes passées comme Mike Krzyzewski bien sûr, membre du coaching staff depuis 1984. À l’inverse, alors qu’il n’a jamais remporté de titres majeurs et que son implication dans Team USA est toute récente, P.J. Carlesimo est lui aussi maintenu à son poste par Daly. Conclusion : bien qu’il se soit fait un nom grâce à ses performances avec Seton Hall, on peut malgré tout dire que notre ami était au bon endroit, au bon moment, et voilà comment on passe très rapidement à la postérité.

À  la suite de son départ du banc de Seton Hall et deux ans après avoir remporté les JO 1992 avec la Dream Team, P.J. Carlesimo fait son entrée dans la Ligue par la grande porte en étant directement nommé head coach de Portland le 23 juin 1994. Et alors que l’équipe est censée partir en reconstruction après avoir transféré Clyde Drexler quelques mois plus tard, Carlos va malgré tout parvenir à maintenir la franchise à un bilan positif et une qualification en Playoffs. Une performance inattendue qui peut s’expliquer, tout comme cela était le cas à Seton Hall, par la philosophie de jeu du coach : dureté, connaissance de son rôle et dévouement pour l’équipe. Menés par Rod Strickland et Clifford Robinson, ces Blazers misaient beaucoup sur une défense agressive et un jeu très collectif en attaque. Durant trois saisons consécutives, la franchise va continuer à participer aux Playoffs sans pourtant passer un seul tour. Arvydas Sabonis, Rasheed Wallace, Kenny Anderson et même Rick Carlisle en tant qu’assistant, auront tous été sous les ordres de Carlesimo, qui est finalement viré faute de résultats en 1997. Direction San Francisco pour notre ami qui est une nouvelle fois nommé successeur de Rick Adelman – déjà son prédécesseur dans l’Oregon – mais cette fois-ci à la tête de Warriors qui désirent faire mieux que l’exercice précédent.

Et c’est le début des embrouilles pour l’ami P.J.

À l’issue de cette première saison passée sur le banc de Golden State, Carlesimo enregistre le troisième pire bilan de l’histoire de la franchise (19-63) à l’époque. Et s’il ne s’agissait que de cela… Peut-être êtes-vous en train de vous dire que le nom de P.J. Carlesimo vous dit quelque chose depuis tout à l’heure ? Et bien on a peut-être une explication. Le 1er décembre 1997, à l’occasion d’un banal entraînement, le coach hausse le ton avec un de ses joueurs, lui intimant de faire des passes plus sèches. Le joueur en question ? Latrell Sprewell, vous connaissez donc la suite de l’histoire. Énervé par les reproches de son entraineur, « Spree » lui demande de ne pas s’approcher en le menaçant de mort, ambiance. Ne cédant pas, P.J. va continuer de marcher en direction de l’arrière qui va alors… lui sauter dessus. Pendant une grosse dizaine de secondes, le bonhomme étrangle son coach avant que le reste des personnes présentes ne les séparent. Malgré tout, 20 minutes plus tard, Latrell revient à la charge et frappe à nouveau Carlesimo, avant d’être définitivement écarté. Résultat ? Un souvenir particulier pour le coach, et presque un an d’exclusion pour le joueur, qui est immédiatement viré de la franchise. Plus tard, lors d’une interview avec YES Network, P.J. reviendra d’ailleurs sur cet événement en le minimisant :

« J’étais plus surpris que choqué. Encore une fois, je veux dire… il y avait tellement de monde autour. C’était, vous voyez… c’était un entraînement, et des choses arrivent pendant les entraînements. Mais non, rien ne laisser présager cela, donc c’était plus surprenant qu’autre chose. Ce n’était pas une situation où je me suis senti en danger.

Pas de traumatisme particulier pour notre héros du jour donc, qui expliquera même avoir plus tard revu son assaillant, le saluant, sans plus. Pour en revenir à quelque chose de plus joyeux… ah bah non pas vraiment. Après une troisième saison partie pour être encore plus nulle que les deux précédentes (six victoires en 27 matchs), P.J. est une nouvelle fois viré. La suite ? Elle se fera à la télévision où le garçon devient analyste pour l’émission The NBA on TNT, avant de retourner dès 2002 sur un banc, et pas n’importe lequel : celui de Gregg Popovich. En tant qu’assistant, Carlesimo va donc remporter trois titres avec les Spurs (2003, 2005 et 2007). Le tremplin est parfait pour le coach qui va tenter de relancer sa carrière en prenant la tête du staff de… Seattle dès 2007 ! Bien qu’il soit viré par Sam Presti en novembre 2008, P.J. Carlesimo peut donc se « vanter » d’avoir été le dernier coach des SuperSonics et le premier du Thunder et d’un certain Kevin Durant, qui remportera donc le trophée de Rookie of the Year sous son commandement.

Après une période de disette où il ne fout plus rien, Carlos devient assistant chez les Raptors en 2010 puis chez les Nets en 2011. Il sera même promu head coach de New Jersey après le licenciement d’Avery Johnson fin 2012. Et comme le garçon ne performe que… quand personne ne s’y attend, il propulse la franchise à la quatrième place de la Conférence Est mais échoue en Playoffs dès le premier tour en sept matchs. Étonnement, les joueurs eux-mêmes militent pour que P.J. soit reconduit au même poste la saison suivante, mais le General Manager Billy King ne cèdera pas et libèrera ce dernier. Et alors qu’il aurait pu retenter sa chance quelque part après une aussi belle épopée, Carlesimo décide d’arrêter et de retourner travailler dans les médias. S’il parcourt les rédactions, c’est en tant que journaliste pour ESPN qu’il se fera surtout un nom dans le milieu. Fan absolu des Knicks et ayant travaillé à Brooklyn, ce dernier est notamment en charge de couvrir l’actualité des deux franchises. On peut finalement conclure en ajoutant que notre ami était pressenti pour prendre la suite de Mike D’Antoni au poste d’assistant de Brett Brown aux Sixers en 2016, mais qu’il a finalement refusé le job pour conserver son nouveau métier de consultant, justifiant ce choix par la volonté de vouloir continuer à passer du temps avec sa famille. Un bon gars le Pièce Jointe.

Membre de l’équipe de basket-ball la plus célèbre de tous les temps ou victime malheureuse d’un joueur instable, « Coach du siècle » ou coach tout pourri, triple champion NBA ou journaliste anonyme, la carrière de P.J. Carlesimo est une montagne russe à elle toute seule, qu’on ne saurait définir qu’en quelques mots. Et bien que toutes ces années ne furent pas toujours roses, à 73 ans Carlos le dit et le répète : si c’était à refaire, il ne changerait absolument rien.

Source texte : ESPN / Yahoo Sports / Basketball Reference

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