NCAA

La NCAA laissera bientôt ses joueurs exploiter leur image et leur nom à des fins commerciales : un petit pas pour les étudiants, un grand pour la NCAA

NCAA NIL

Des universitaires chez Nike et sponso Justin Bridou, c’est pour demain !

La NCAA abordait jusqu’à présent une politique très restrictive vis à vis du côté amateur de son championnat, une politique devenue cruciale dans le choix de certains prospects pour se tourner vers d’autres championnats. Mais le championnat universitaire a mis un peu d’eau dans son vin et, dorénavant, les joueurs pourront exploiter à des fins commerciales des contrats de sponsoring et d’images en leurs noms. Une réforme nécessaire pour lutter contre la concurrence et ne pas faire tomber en désuétude un pan entier du sport américain, une véritable institution.

Ce changement, qui s’appliquera à l’ensemble des sports couverts par la NCAA, redistribue des cartes qui ne cessaient d’être rebattues ces dernières années. Bien que les prospects NBA soient toujours en grande partie en provenance d’universités américaines, l’image du championnat a battu de l’aile ces derniers temps. Entre la venue de plus en plus massive de joueurs européens non-issus de facultés, les joueurs américains s’exportant vers d’autres championnats, Australien notamment, ou les pensionnaires de NCAA sanctionnés lourdement pour des affaires de « rémunération », une modernisation était nécessaire pour rester attractif. D’autant que l’offre ne cessait d’être de plus en plus grande pour les étudiants privilégiant le chèque aux études, la NBA ayant elle-même pris les devants en consacrant une équipe de G League, la Team Ignite, au développement de jeunes joueurs pour leur année pré-draft, programme qui, dès son inauguration, a connu un franc succès avec la signature l’année dernière de Jalen Green et Jonathan Kuminga dans le roster de 2021. Bien que cette réforme rende plus attractif le championnat universitaire pour les prospects, il ne faut toutefois pas se méprendre : les joueurs ne seront pas rémunérés, que ce soit directement ou indirectement. Imaginons par exemple que le cas de James Wiseman, exclut de la fac de Memphis pour avoir touché 11 000 dollars afin de l’aider dans son déménagement,  se reproduise : la NCAA sévira de la même manière avec une exclusion. Il faut bien comprendre que seul ce que les Américains appellent la NIL (name, image and likenesses : nom, image et ce qui s’y rapporte) a été inclus dans ce revirement, car le but de cette réforme est aussi de concilier les intérêts du sport universitaire, à savoir rester attractif, et le fait de conserver  une certaine équité entre les facultés.

« Cette réforme renforce notre politique sur le fait que les joueurs ne seront pas tentés d’être payés et éviter toutes les incitations malvenues afin de fréquenter une école particulière », explique la NCAA dans son communiqué officiel.

La clef de cette équité se situe justement dans le fait de ne pas payer les meilleurs joueurs afin que même les universités les moins riches puissent continuer à développer de gros potentiels. Cette solution évite des tentatives de déracinement parfois trop anticipées, et préserverait une certaine attractivité pour les facs de moindre prestige. La réforme, dores et déjà acceptées par vingt Etats, risque malgré tout d’être à géométrie variable entre les facultés l’an prochain. Si certaines universités laisseront une liberté totale à leurs étudiants-athlètes de contracter, d’autres bénéficient d’un droit de véto, en vertu du fait que l’image de l’école serait aussi en jeu. Des politiques propres à chaque institution devraient voir le jour selon Dan Murphy dESPN, une autre manière de se rendre plus ou moins attractif aux yeux des athlètes. Ce tournant ayant une dimension éminemment politique aux Etats-Unis divise en tout cas les Républicains et les Démocrates, n’ayant pas la même vision sur la question. Le Congrès devrait se prononcer sur les règles à adopter dans le futur pour uniformiser la situation, les Républicains souhaitant une sorte de statu quo sur la question, tandis que les Démocrates poussent pour que ce changement profite aux facultés pour bénéficier de meilleurs couvertures médicales et sociales, et qu’elle puisse faire bénéficier aux athlètes d’un plus fort droit de négociation collective. La brèche ouverte par la NCAA a en tout cas déjà permis à quelques étudiants de s’y engouffrer, comme le quarterback de Wisconsin Graham Mertz, ce denrier ayant dévoilé une vidéo sur ses réseaux pour sa marque déposée, et nul doute que ce genre de tangente pourrait être prise par des prospects NBA dès les jours qui viennent.

La NCAA s’est donc réformée et perturbe une loi présente en son Titre IX de son règlement depuis maintenant presque 50 ans. Cette réforme pourrait s’avérer utile pour les joueurs bénéficiant déjà d’une certaine hype afin de les retenir des tentations de G League, Europe, Australie, ou Chine, et, pour les joueurs un peu plus « confidentiels », ces pistes continueront d’être explorées au vu de leur potentiel commercial sûrement moins attractif. Quoiqu’il en soit, la NCAA se protège contre une certaine fuite de ses talents et tentera de conserver du mieux possible à l’avenir les futurs LaMelo Ball, R.J. Hampton ou Jalen Green.

Source : The Athletic 

Cliquez pour commenter

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *



To Top