NCAA

Retour sur les débuts de Cole Anthony à North Carolina : on hésite entre très bien, excellent et parfait

Il a fait l’actu cette semaine, et cela risque de se reproduire plusieurs fois cette saison. Pour ses premiers pas avec les Tar Hells de North Carolina, Cole Anthony a été bon. Pardon, très bon. Pardon, excellent. Retour sur un décrassage qui a de quoi exciter un paquet de mauvaises équipes en NBA…

Ceux qui suivent de près le circuit lycéen et universitaire savent très bien de qui il s’agit. Ceux qui débarquent soudainement et se demandent à quoi pourrait ressembler la Draft 2020 seront ravis de le découvrir. Au printemps dernier, on vous parlait de lui sur la pointe des pieds, avec la hype qui le poursuivait et des attentes assez importantes concernant sa saison à venir. Cole, fils de Greg Anthony l’ancien sniper pro, est déjà considéré comme un des locks de la prochaine Draft, en ce qui concerne le haut du panier. Au poste de meneur, avec un corps de combo-guard qui rappelle – en plus petit – la mobylette Coby White, désormais chez les Bulls et ancien de North Carolina, le garçon est un athlète tonique qui n’a pas peur du contact et peut faire la différence grâce à sa vitesse comme son premier pas. Jusque là, fiche technique classique pour un phénomène. Ce qu’on attendait, cependant, c’était cette première rencontre en NCAA face à Notre Dame, histoire de voir si la hype pouvait être assumée. Well, en l’espace d’un soir, on peut dire que Cole a tout géré. Les chiffres sont là, sur la feuille de stats, et de manière particulièrement généreuse : 34 points et 11 rebonds à 12/24 au tir, record de son école pour un freshman ayant à peine retiré sa tétine. Mais là n’est pas vraiment le plus intéressant. Il y a la production statistique, qui sera surveillée de près et utilisée à toutes les sauces pour jauger le meneur, et il y a le test visuel. Le premier regard sur un match complet, loin d’un cadre pro mais suffisamment proche des conditions réelles pour se faire un avis concret. Ce qu’on va faire, justement. Prendre quelques minutes, histoire de voir à qui on aura bientôt droit en NBA.

Impression initiale dégagée par Anthony, ce calme remarquable sur le terrain. Alors qu’il n’a clairement pas l’âge pour commander une binouze chez l’Oncle Sam, Cole sait le jeu. Il connaît déjà les petites nuances à son poste, ces détails qui font la différence lorsqu’on rentre dans la cour des grands. Ce sera une gestion de l’horloge maîtrisée, plutôt que de foncer dans le tas. Ce sera une gueulante générale lors d’une remise en jeu, afin de respecter de rôle d’extension du coach sur le terrain, plutôt que de ne jouer que pour sa gueule. Balle en main, en lecture de jeu pour bien mettre ses coéquipiers en avant, ou sans la balle donc dans ses déplacements, Anthony dégage une impression de facilité, celle d’un vétéran qui joue aux échecs pendant que les autres ont 4 coups de retard. Un aspect à surveiller, mais qui montre aussi ce que de nombreux athlètes apportent lorsqu’ils vont en NBA : les fils de. Non, pas l’insulte, les fils de, dans le sens fils d’anciens joueurs, qui ont donc déposé ici ou là des notions de basket dans l’assiette de leurs gosses. Et ça se voit, immédiatement, que Cole a eu droit à quelques grosses heures de discussion et d’analyse avec Papa Greg.

Ce qui suit aussi dans le domaine technique. Offensivement, que ce soit au tir (le daron a tapé des saisons à plus de 40% derrière l’arc), dans la gestion de balle et dans la façon de positionner son corps, le garçon est à un niveau supérieur par rapport à la compétition. La comparaison avec Coby White, qui en fait probablement criser certains, trouve ici son sens car techniquement le bagage offensif est assez fabuleux en étant pourtant aussi jeune. On peut déjà affirmer, sans le moindre problème, qu’Anthony sera immédiatement impactant en attaque en NBA, grâce à cette combinaison agressivité – technique – sérénité. Maintenant, tout n’est pas parfait, encore heureux. Il y aura des angles à observer de près dans l’évolution de Cole, notamment en défense. C’est la base qu’on répète chaque année, difficile de demander à un gosse de savoir parfaitement défendre, cela prend du temps. Mais Anthony montre une tendance à défendre la balle plutôt que l’homme, à chercher l’action spectaculaire plutôt que le bon stop défensif, qui rappelle certains gros fournisseurs statistiques ayant un peu la flemme. La bonne nouvelle, c’est que le joueur a tout ce qu’il faut physiquement pour bien tenir les meneurs d’en face à l’avenir. La moins bonne nouvelle, c’est que de mauvaises habitudes peuvent mener à une étiquette difficile à enlever par la suite. Ce qu’il y a dans Cole Anthony, au final ? C’est un mix de beaucoup de choses très positives, il y a du Damian Lillard, du Collin Sexton, du Jamal Murray et tant d’autres. Plutôt cool comme groupe auquel être comparé, aussi tôt dans sa carrière.

Il faudra suivre de près la saison de Cole Anthony chez les Tar Heels. Pour le moment, après un match, on est sur un démarrage hors-normes. Mais les grosses performances et les victoires vont-elles s’enchaîner ? Et va-t-on voir, petit à petit, un numéro 1 de Draft s’imposer sous nos yeux ? To be continued.

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