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Rudy Gobert, Donovan Mitchell… il est l’heure de passer un palier supplémentaire

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All-Star Game dans le viseur, et ça voudra dire que ces messieurs ont passé un cap.

Source image : NBA League Pass

On a beaucoup parlé de l’été très satisfaisant du Jazz, avec les signatures, entre autres, de Mike Conley, Bojan Bogdanovic, Emmanuel Mudiay ou encore Jeff Green. Aujourd’hui le roster de Quin Snyder est taillé pour jouer dans la cour des grands mais pour opérer une vraie progression, deux hommes devront eux-même passer à la vitesse supérieure. Rudy Gobert, Donovan Mitchell, deux leaders qui devront… le rester, pour faire du Jazz une équipe qui passe d' »agréable à regarder » à « dangereuse à jouer en avril ».

Rudy Gobert, Donovan Mitchell. Deux hommes au centre des débats depuis deux ans à Salt Lake City, deux hommes qui devront le rester pour faire du Jazz une vraie équipe de Playoffs, et plus si affinités. A 23 (Spida) et 27 ans (Rudy), les deux joueurs sont désormais des valeurs sûres en NBA et s’ils ont été rejoints cet été par un vrai chef d’orchestre au QI Basket et au talent monstrueux, les deux zozos auront un paquet d’yeux braqués sur eux. Pas de grosse saison du Jazz sans une grosse upgrade de Dono and Rudy, alors… on enlève le frein à main et on tabasse tout le monde ?

Donovan Mitchell : c’est le moment de changer de prénom et on propose Constance

Même si l’ancien étudiant de Louisville a vu ses stats augmenter la saison passée, n’importe qui ayant assisté de près ou de loin à la saison 2018-19 du Jazz ne peut nier que l’on est… resté sur notre faim avec Spida. Les attentes étaient énormes après une saison rookie passée à se tabasser avec Jayson Tatum ou Ben Simmons à grands coups de perfs de darons, et on attendait donc logiquement une saison sophomore explosive. Parait même qu’un mec du milieu, peut-être bien le type en grain de taper cet article, voyait en Mitchell un potentiel meilleur scoreur de la NBA dès sa saison 2. Wow. Qu’on se le dise, on ne fera pas le procès d’un joueur qui monte à plus de 23 points par match pour sa deuxième saison chez les grands, mais disons qu’on était tous en droit d’attendre autre chose de la part du sniper, notamment dans la constance tout au long de la saison. Un constat notamment dicté par un début de saison bien compliqué, notamment, lors duquel le gosse aura mis un bon bout de temps avant de se remettre dans le bain. Mieux par la suite, quelques perfs assez notables (remember les Bucks par exemple), et au final une année satisfaisante mais sans plus, solide mais un poil décevante compte tenu des attentes nées de sa saison rookie.

Aujourd’hui ? Donovan Mitchell sort d’une campagne internationale lors de laquelle il aura été l’un des leaders offensifs, il attaque sa troisième saison aux cotés de l’un des meilleurs meneurs de la Ligue qui saura lui retirer une part de pression à la mène dont il n’a peut-être pas besoin, et plus généralement… le voilà à l’aube d’une saison où il devra s’affirmer comme la force de frappe number one de l’une des plus grosses… forces de frappe de la Ligue. Pour devenir un joueur qui compte en NBA ? Il faudra être fort tous les soirs de l’année, ne pas se cacher. Ne plus se cacher derrière quelques perfs d’ahuris entourant des séries de matchs moyens. Il faudra aussi mettre un peu d’eau dans le vin, c’est peut-être moins bon mais c’est meilleur pour la santé. Un pourcentage au tir à faire évoluer par le positif, notamment à 3-points, histoire de ne pas avoir besoin de prendre quinze tirs du parking pour en rentrer six. Donovan aime le tir, il adore le tir, quand on aime quelque chose ou quelqu’un on le chérit, on entretient cet amour. Gagner en constance donc, apprendre de la vie aux côtés de Mike Conley et bosser la sélection de tirs, mais également gagner quelques points supplémentaires sur la ligne. Parce que si on a affaire à un espèce de petit Kobe (dans la boulimie offensive hein, calmez-vous), Mitchell doit maintenant apprendre à aller chercher des points faciles au lancer, un peu plus que les quatre ou cinq en moyenne qu’il obtient chaque soir. C’est dingue, on dirait l’analyse d’un coach de U17 2, mais c’est l’impression que Donovan nous donne finalement, celle d’un gamin pétri de talent à qui il ne manque pas grand chose pour véritablement exploser…

Stats 2017-18 : 20,5 points à 43,7% au tir dont 34% du parking et 80,5% aux lancers, 3,7 rebonds, 3,7 passes et 1,5 steal en 33,4 minutes

Stats 2018-19 : 23,8 points à 43,2% au tir dont 36,2% du parking et 80,6% aux lancers, 4,1 rebonds, 4,2 passes et 1,4 steal en 33,7 minutes

Rudy Gobert : il est peut-être l’heure d’apprendre à attaquer ce foutu cercle un peu plus souvent

Plusieurs personnes s’accordaient à dire l’an passé que si Joe Ingles était le leader émotionnel du Jazz, que si Donovan Mitchell en était le leader offensif… c’est bien Rudy qui occupait la place de franchise player de son équipe. Pas franchise player dans le sens homme à tout faire, mais plutôt dans le sens game changer, homme dont l’absence ou la présence change terriblement le niveau de son équipe. On parle quand même d’un mec double-DPOY en titre, cherchez un peu il n’y en a pas des masses dans l’histoire et les noms sont plutôt ronflants, on parle d’un mec de niveau All-Star même s’il lui manque encore l’invitation officielle, on parle pour finir d’un mec officiellement meilleur contreur de la Ligue il y a un an et déjà deux fois élu dans une All-NBA Team. Propre, un peu quand même. Mais Rudy a encore du taf, et c’est un moindre mot. Désormais adoubé comme l’un des tous meilleurs défenseurs de sa génération, pivot défenseur ultime, il lui reste aujourd’hui à gagner lui aussi en constance afin de devenir ce joueur injouable, chaque soir de la saison. On se souvient de quelques match-ups compliquées (la foudre reçue par Giannis même si ce n’est pas le seul, le gobelet qui vole face aux Rockets…) et le maire de Saint-Quentin doit aujourd’hui retrousser les manches et dominer chaque soir de sa vie de basketteur. S’adapter à l’adversaire, ne plus avoir peur, ne plus se frustrer aussi vite pour ainsi devenir un vrai All-Star en puissance, et de préférence du genre de ceux qui poussent leur équipe loin en Playoffs.

Dans le jeu, plus concrètement ? Rudy doit évidemment travailler à ajouter quelques cordes à son arc. Gobert ne rimera jamais avec Olajuwon, ça on l’a compris. Gobert ne rimera même peut-être jamais avec Greg Monroe d’ailleurs, mais pour faire du Jazz une équipe encore plus compétitive le pivot français doit devenir une vraie menace dessous. Une vraie menace, mais autrement que par la simple voie d’une passe lobée après un pick and roll plutôt lent, autrement que par sa facilité à aller chercher les rebonds offensifs pour les convertir en panier facile. En cela, comme pour son camarade Mitchell, l’arrivée de Mike Conley pourrait faire énormément de bien à notre deuxième Tour Eiffel. Adepte du PNR, Conley se régale depuis dix ans avec Marc Gasol et si Rudy ne possède pas le QI Basket de Gazouze, le potentiel athlétique du Français est à peu près égal à Big Spain puissance mille et l’idée de voir Conley balancer quelques lobs à son nouveau best nous offre déjà quelques frissons. Un modèle de pivot offensif à suivre pour Rudy ? Clint Capela par exemple, dont les qualités ne sont absolument pas supérieures à celles de Gobert mais qui a su tirer la quintessence de la présence à ses côtés de merveilleux joueurs comme James Harden ou Chris Paul pour devenir une arme quasi-létale quand il déroule jusqu’au cercle. DeAndre Jordan est devenu ce genre de joueur aussi, Steven Adams le fait très bien avec un vrai passeur à ses côtés, et c’est donc ce genre de gars que Rudy doit s’évertuer à être, le genre de pivot qui se transforme en quasi-première option offensive sur attaque placée. Pas forcément de post-up, un chouïa par-ci par-là quand le mec d’en face rend une vingtaine de centimètres, mais donc – surtout – cette force de frappe sur pick and roll que Rudy doit absolument devenir pour faire passer un cap à sa carrière et à sa franchise…

Stats 2017-18 : 13,5 points à 62,2% au tir et 68,2% aux lancers, 10,7 rebonds, 1,4 passe, 0,8 steal et 2,3 contres en 32,4 minutes

Stats 2018-19 : 15,9 points à 66,9% au tir et 63,6% aux lancers, 12,9 rebonds, 2 passes, 0,8 steal et 2,3 contres en 31,8 minutes

Donovan Mitchell, Rudy Gobert, Rudy Gobert, Donovan Mitchell. Il est l’heure de se mettre au niveau attendu pour deux joueurs censés driver leur franchise vers les sommets. Les deux sont encore jeunes, la marge de progression est énorme mais dans un monde où tout va de plus en plus vite… pas sûr que le Jazz n’ait tout son temps non plus. Le test est énorme, et ça commence dans huit jours.

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