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Frank Ntilikina aborde son premier vrai virage en NBA : une Coupe du Monde réussie… mais c’est quoi la suite ?

Ntilikina

Quelqu’un a le 06 de David Fizdale ?

Source image : NBA League Pass

On l’a dit, redit et répété des dizaines de fois, Frank Ntilikina méritait probablement mieux pour ses deux premières saisons en NBA. « Probablement » car on essaiera aujourd’hui de s’extraire de cette carapace franco-française qui voudrait nous forcer à en faire un All-Star en 2022, mais il n’empêche qu’entre le potentiel du gamin et l’utilisation qui en a été faite depuis deux ans… c’est un océan dont on parle. Cette saison 2019-20 peut-elle être un genre d’année 0 pour le Français ? Peut-il réussir à s’imposer chez les Knicks ? Avec David Fizdale ? Ailleurs ? Allez, on essaie de faire le point.

Posons pour commencer les bases, avec un postulat qu’il faut garder à l’esprit concernant Frank Ntilikina. Oui Franky sort de deux saisons compliquées et des questions se posent – déjà – sur son apport potentiel à une franchise NBA, mais oui également Franky a… 21 ans depuis la fin du mois de juillet. On parle donc d’un gamin qui a toujours l’âge d’un rookie et donc, par conséquent, une marge de manœuvre encore importante niveau timing. On ne parle pas d’un Jimmer Fredette qui grille chaque été sa dernière chance, on ne parle pas d’un Anthony Bennett qui a posé depuis six ans les preuves de son incompétence. Non, et avant de parler de basket il était important de remettre Frank dans son contexte, celui d’un gamin à peine dégrossi et qui en est encore à mettre du polish – ou pas – sur sa rampe de lancement.

78 matchs pour 5,9 points en 22 minutes lors de son année rookie, on va dire que c’est plutôt pas mal. 43 matchs pour 5,7 points en 21 minutes pour sa deuxième saison ? Légèrement plus problématique. La trajectoire de Frank Ntilikina est donc telle aujourd’hui : celle d’un joueur qui a découvert la Grande Ligue avec un rôle intéressant mais qui a ensuite salement stagné. Au 22 septembre 2019 et après, si nos calculs sont bons Kevin, 121 matchs NBA, le principal fait d’arme de l’ancien Strasbourgeois en NBA reste… un bugne à bugne avec LeBron James en novembre 2017. Pas top top. Très emprunté à ses débuts, semblant chercher son rythme et dans un désir beaucoup trop visible de prouver des choses à son coach, Franky apparaissait alors stressé, prenant des tirs forcées et refusant ceux ouverts. A vrai dire l’impression laissée était même assez badante, le minot semblant souvent complètement à côté de ses pompes, à des années lumières du niveau entrevu en France, un niveau qui avait quand même poussé les Knicks à l’appeler avec un huitième choix de draft, pick le plus élevé de l’histoire du basket français s’il vous plaît. On en est donc là, à voir l’un des plus gros prospects de notre histoire française galérer à tel point que l’on se demande parfois s’il sait toujours jouer au basket. Quelques semaines plus tard néanmoins, Frank se révèle un chouïa grâce à sa défense, il paraît qu’un petit nouveau est envoyé au feu face aux meilleurs attaquants de la Ligue et qu’il ne se débrouille pas trop mal. On oublie les saucissons envoyés en attaque, car celui que Steph Curry appellera Niggalina est donc en train de devenir un joueur qui compte dans sa moitié de terrain.

Satisfaits ? On espère car… c’est à peu près tout

Eh oui, c’est à peu près tout… Une sélection au Rising Stars Challenge, youplaboum, mais surtout un an et demi de passé depuis, un an et demi à ne pas savoir ce qu’on attend de lui, un an et demi passé à devoir prouver des choses sur des passages trop courts ou lors de garbage times aussi nombreux à New York qu’insignifants pour Franky. Les jeunes à polir s’appellent Mitchell, Kevin, ou… Allonzo, et Ntilikina fait donc partie d’une rotation à quatre ou cinq joueurs dont il est la dernière lame utilisable, derrière Dennis Smith Jr., Allonzo Trier donc ou des génies comme Trey Burke ou Emmanuel Mudiay. C’est officiel, David Fizdale considère son meneur français comme un bouche-trou, pas étonnant finalement quand on sait que l’un des ses premiers désirs était de l’utiliser… au poste 3. Deux mois intéressants donc, puis quasiment deux ans passés depuis, deux ans passés à végéter et à se poser un milliard de questions. On commence d’ailleurs même à s’en poser jusqu’en France, fabuleuse nation patriote dans laquelle on se prend d’affection pour des prospects américains qui ne jouent pas pendant un an mais dans laquelle on aime se moquer au quotidien d’un petit Frenchie à qui on ne donne pas sa chance, de surcroît dans la franchise la moins bien gérée de NBA.

L’espoir né en Chine

Puis en septembre 2019… la bonne étoile de Frank Ntilikina s’éclaire enfin. Une Coupe du Monde magnifique pour celui qui devient rapidement le poste 1 titulaire des Bleus, un mélange entre une agressivité défensive qu’on lui connaissait déjà et un poids en attaque que l’on découvre avec le sourire, et voilà que la planète basket se rend compte que le coupeur de citrons des Knicks est en fait une bête de basketteur. Avec un coach qui te fait confiance tout va toujours mieux, Frank débute et termine les matchs, et il termine même… certains de ses adversaires grâce à une clutchitude bienheureuse que l’on se fait un malin plaisir à apprécier. La bonne idée de Nilik’ ? Avoir notamment explosé en Chine le jour de… France – Team USA, oh mais qu’il est intéressant ce timing. 11 septembre 2019, naissance numéro 2 pour Frank, aux yeux de tous ceux qui faisaient de lui un joueur insignifiant depuis deux ans. La mise en lumière de Franky peut-elle agir comme un déclic de l’autre côté de l’Atlantique ? David Fizdale décidera-t-il enfin d’en faire un soldat qui compte dans son roster ? A-t-il seulement… eu connaissance de ce qu’il s’est passé en Chine ? Est-ce qu’il s’en branle ? Des questions dont les réponses n’arriveront que dans un mois, minimum, mais quelques indices toutefois nous laissent espérer un avenir un peu moins sombre pour notre Franky national. Le plus gros de ces indices ? Une rotation à la mène qui pourrait offrir un peu de minutes au Français puisque Niggal’ sera accompagné cette année de Dennis Smith Jr., Elfrid Payton, épicétou. Plus de Mudiay, plus de Burke, et donc deux immenses bouffeurs de ballons en moins, ça c’est la bonne nouvelle. La « mauvaise » ? Elle arrivera très vite si messieurs Barrett (très probable), Dotson ou Trier sont utilisés pour porter la balle, et on se dira alors qu’il est l’heure pour Frank de faire ses bagages direction n’importe où mais loin de New York. Pour cela il faudra malgré tout être capable de reproduire le genre de jeu qu’on a pu kiffer avec les Bleus, prendre des responsabilités en attaque pour pouvoir – ensuite – trouver cette vraie place de stoppeur avec les minutes que cela mérite. Parce que Fizdale blablabla, la concurrence blablabla, mais les minutes c’est évidemment Franky lui-même qui devra aller les chercher, et si malgré cela rien  ne bouge, à ce moment-là seulement on pourra mettre notre plus beau gilet jaune pour aller faire un sitting alcoolisé devant le Madison. On est en tout cas sur le profil d’un mec qui a prouvé qu’il savait planter, sur le profil d’un mec dont les lianes sont immenses et potentiellement utilisables sur le drive, d’un mec qui devra aussi gagner en dureté pour résister aux chocs, mais globalement… un mec qui a les moyens de devenir un vrai joueur NBA, et ça, il faudra simplement… le prouver dans un mois.

Frank Ntilikina est encore jeune mais le temps commencera très vite à presser. Deux saisons déjà à passer le balai au vestiaire mais il est maintenant l’heure de faire fumer les naseaux, avec David Fizdale ou sans David Fizdale, à New York ou loin de New York. La première étape ? Magnifier ses minutes dès le début de saison, car dans le cas contraire le rebond sera de plus en plus difficile à prendre. Tout va trop vite, et ce serait quand même un beau gâchis.

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