One-on-One

Décès de John MacLeod : le coach mythique des Sundarella Suns nous a quittés, bon vent l’artiste

John MacLeod

Chapeau et merci, John.

Source image : YouTube/Phoenix Suns

Dimanche dernier, la NBA a perdu un membre de sa très grande famille. En effet, nous avons appris le décès de John MacLeod, ancien coach emblématique de Phoenix, suite à une longue bataille contre la maladie d’Alzheimer. L’occasion de revenir sur son parcours et lui rendre hommage. 

En période de cirque ambiant, avec la valse des coachs qui a été lancée du côté de la NBA, cela semble tout à fait approprié de se pencher sur un exemple candide de longévité au sein de la Grande Ligue, tellement capricieuse. Avec John MacLeod, on parle d’une carrière de head coach de 18 ans (1973-1991), avec un bilan plus qu’honorable de 707 victoires pour 657 défaites. Il a notamment évolué sur le banc des Suns pendant quasiment 14 saisons, avant de poursuivre son parcours aux Mavericks et aux Knicks. Il a également réalisé des piges comme assistant à Phoenix, Denver et Golden State entre 1999 et 2006. Alors oui, il n’a peut-être pas le palmarès le plus rempli, si ce n’est un titre de champion de l’Ouest au cours d’une saison 1975-76 fatidique, ou un honneur de coach du All-Star Game en 1981. Mais il n’est pas question de ce genre de choses, de toute façon. On tient ici une histoire pour les romantiques, un de ces contes made in NBA qui élèvent notre amour pour ce sport à un niveau supérieur. Même en mentionnant sa relation avec les universités de l’Oklahoma et Notre Dame, où il a coaché pendant plusieurs années, Dallas, avec qui il a atteint aussi les Playoffs, ou même New York, MacLeod n’aura, à jamais, qu’une seule femme, un seul amour dans sa vie. Une belle de l’Arizona.

Oui, car c’est bien aux Suns que le coach a écrit sa légende, et en même temps celle d’une franchise dont il est toujours l’entraîneur le plus victorieux. Oui, car bien, bien avant le fameux 30 seconds or less de ce bon vieux Mike D’Antoni, il y avait le Phoenix de John MacLeod, une histoire aussi belle qu’improbable au départ. Tout a commencé en 1973, quand MacLeod a rejoint une jeune franchise des Suns sortant d’une saison bien médiocre avec un bilan de 38 victoires pour 44 défaites, cinq ans seulement après avoir rejoint la NBA. Tout était à construire, notamment niveau culture de la gagne, puisqu’à l’époque on ne savait même pas ce que c’était de remporter une série de Playoffs en Arizona, une émotion qu’on va sûrement devoir réapprendre mais bref passons. Sous la houlette de MacLeod et ses 14 années en poste, les Suns se sont imposés comme un poids lourd de la Conférence Ouest entre la fin des années 1970 et la première partie des années 1980, avec quatre saisons à au moins 50 victoires et huit qualifications consécutives en Playoffs. Mais le point culminant de l’ère MacLeod fut le parcours improbable des Suns lors de la saison 1975-1976, en mode underdogs. 

Cette saison-là, ils sont arrivés en Playoffs avec un bilan tout juste positif (42-40), mais ont réussi contre toute attente à atteindre les Finales en s’arrachant à chaque match pour sortir de pures performances. Le genre d’équipe qu’on kiffe tous, une histoire incroyable pour une franchise qui n’avait jamais remporté la moindre série dans son histoire. Bref, un titre de champion de Conférence miraculeux après avoir éliminé les SuperSonics en six matchs puis les Warriors en sept. Mais on n’en avait pas fini avec les montagnes russes émotionnelles, puisqu’on a eu droit cette année-là à un scénario de fou lors des Finales. Cette fois, il y avait les mythiques Boston Celtics de Jo Jo White, Dave Cowens et John Havlicek en face. Les fans présents lors du Game 5 dans la salle de Boston en surcapacité se rappelleront à vie de ce match, l’un des plus grands de l’histoire des Playoffs. Entre le come-back de Phoenix, la triple prolongation, la fin incroyable lors de la deuxième overtime avec le game-winner supposé d’Havlicek, puis le coup du temps-mort signé Paul Westphal pour aider les Suns à revenir à égalité sur un buzzer de Garfield Heard, c’était juste de la folie. Dans une ambiance comparable à aucune autre dans l’histoire des Finales, les Suns de MacLeod se sont finalement inclinés au bout de cette rencontre, de même que dans cette série. Pas de titre NBA pour eux, mais la naissance d’un conte de Cendrillon IRL dénommé Sundarella Suns. Tout est dit.

A 81 ans, John MacLeod s’en est allé, mais il prit le soin de nous laisser derrière une de ces petites histoires qui font la grande. Il était une fois.

Source texte : AP

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