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Joe Ingles, ce genre d’adversaire que tu détestes mais qui sera aussi ton coéquipier préféré

joe ingles
Source image : Pinterest

Ce n’est pas de lui dont on parle le plus souvent, et pourtant, il mériterait bien une douzaine de sites rien qu’en son honneur. Joe Ingles, comme il l’a prouvé cette nuit, est un joueur pas comme les autres. Une erreur, à la fois positive comme négative.

Le match vient peut être à peine de se terminer à Salt Lake City, mais on entend d’ici les injures qui doivent probablement venir du vestiaire des Warriors. Enfoiré, connard, tricheur, fourbe, insupportable, et encore on se limite au politiquement correct, tant de doux surnoms qui sont donnés quotidiennement à l’ailier du Jazz. Il faut dire que, cette nuit encore, Ingles a rendu fou ses adversaires. Pas de n’importe quelle manière, mais d’une manière qui est très propre au basket pro et aux à priori qu’on se fait d’une manière générale. Cette façon abjecte de rentrer sous votre peau, dans votre tête, de faire sentir sa présence et rendre votre soirée insupportable. Voilà comment Jinglin Joe rend fou ses adversaires. Et ce vendredi soir, Golden State a dû cravacher pour tenir tête à l’alcolo de service. Car oui, disons les choses clairement, de manière objective et visuelle. Si Joe Ingles est aussi irritant pour ses adversaires, c’est parce qu’il arrive à s’imposer en ayant pourtant la dégaine d’un maître nageur en sortie de déprime, avec un short trop large et un peu de bide. Il n’y a aucun moyen pour que ce mec défende sur moi, pour que ce type tienne Kevin Durant, pour que ce supporter irlandais paumé entre deux escales puisse planter autant de shoots devant 20 000 personnes. Et pourtant, si. Dans ce qu’on peut appeler le plus gros et beau match de ce début de saison, c’est bien Joe Ingles qui a fait exploser sa salle, avec ses coups de vice et sa science du basket.

Il est important de le souligner, sinon ce serait manquer de respect à l’art dans lequel l’Australien est devenu roi. De la chance ? Peut-être un peu, parfois. Mais provoquée, tout le temps. Et la provocation, oh boy, c’est une passion pour l’ailier. De toute façon, à partir du moment où vous êtes le mec le plus insupportable de la salle alors qu’il y a Draymond Green dans l’équipe en face, vous savez que vous pesez un bon quintal dans le haine game. Et tout au long de la soirée, Ingles fera de son mieux pour frustrer ses adversaires, pour les pousser à bout, pour leur montrer qu’ils vont eux aussi passer une nuit de merde, comme Paul George avant eux et tant d’autres ailiers un peu trop confiants. Les statistiques, belles, sont là au final (27 points en 36 minutes et à 10/15 au tir dont 7/11 du parking). Mais on en revient encore une fois à la manière. Cette manière fabuleuse et si singulière, qui consiste à faire son taf tout en veillant à ce que les gars d’en face en aient le plus marre possible. Un Draymond qui fait faute offensive, et qui va là pour pousser le ballon quand il l’a dans ses bras ? Joe Ingles. Un Jonas Jerebko qui le regarde mettre un tir de loin au buzzer, et qui va là pour lui mettre une tape sur les fesses ? Joe Ingles. Un écran avec les coudes dehors, une pénétration finie sur le mauvais pied, un sourire en coin glissé dans le regard de Curry ? Joe Ingles. Cette nuit, il fallait vivre la full experience pour comprendre tout ce que représente ce joueur. L’intelligence de jeu, du placement, la patience, le mental, toutes ces « petites » choses finalement énormes, et qui permettent à un buraliste de Cagnes-sur-Mer de dominer face à la meilleure équipe de toute la NBA.

On pourrait écrire et encore écrire sur Joe Ingles. On pourrait vous partager des vidéos et encore des vidéos sur Joe Ingles. Mais si on pouvait vous conseiller quelque chose ? Ce serait de voir l’ailier jouer en direct. Car Jinglin Joe, ce sont plus que des chiffres, des mots ou des images. C’est un basket perdu, qu’il arrive à faire survivre dans une ère du tout athlétique. Merci Joe, et continue. Please, continue.

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