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James Harden, ce barbu génial qui mériterait d’être MVP

Cet article reflète un avis personnel qui se base sur une réflexion individuelle. Il ne représente en aucun cas l’avis de toute la rédaction.

Comme toutes les années, le débat sur la course au titre prestigieux de Most Valuable Player est l’un des principaux sujets de conversation dans le microcosme NBA. Ces dernières saisons, LeBron James et Kevin Durant ont clairement dominé la concurrence, à la fois individuellement et collectivement. Mais aujourd’hui, pour diverses raisons, les deux meilleurs joueurs du monde ne sont pas les mieux placés pour remporter ce trophée. En effet, même si nous ne sommes qu’à la moitié de la saison, tout devrait se jouer entre Stephen Curry et James Harden. Si le premier est favori grâce notamment au bilan de son équipe, c’est bien le second qui est le plus méritant. Analyse.

Chaque lundi sur TrashTalk, vous avez droit à notre MVP Ranking bien spécial, basé sur un classement aux points qui est censé représenter au mieux la course au titre de Most Valuable Player. Si vous nous suivez régulièrement, vous aurez remarqué que James Harden est leader depuis plusieurs semaines. Pourtant, de nombreux médias ont tendance à mettre Stephen Curry en tête, tout simplement car il est le meilleur joueur de la meilleure équipe. S’il est vrai que le meneur de Golden State réalise une superbe saison à l’image de ses Warriors, ce raisonnement est un peu trop simpliste. En effet, d’autres paramètres sont à prendre en compte si l’on veut être le plus objectif possible. Et quand on creuse vraiment, on se rend compte que le barbu est le véritable MVP de la première moitié de saison. En tout cas le plus méritant.

James Harden, à la fois exceptionnel et « valuable »

On le sait tous, le bilan collectif joue un rôle majeur dans l’attribution du titre de MVP à la fin de la saison. Des pointures comme Kobe Bryant ou Dwyane Wade en ont d’ailleurs fait l’expérience. Mais il ne faudrait pas oublier non plus que cela reste une récompense individuelle. Et aujourd’hui, personne ne réalise une meilleure saison que James Harden. On en avait déjà parlé juste avant Noël, et le moins que l’on puisse dire, c’est que la barbu a encore augmenté la cadence depuis. Meilleur marqueur de la ligue, l’arrière de Houston est tout simplement LeBron-esque cette année et porte les Rockets sur ses épaules : 27,7 points, 5,7 rebonds et 6,8 assists de moyenne, le tout à quasiment 46% au tir, dont 39% du parking et 87% sur la ligne des lancers francs. Évidemment, ce ne sont là que des statistiques, et d’autres joueurs comme Russell Westbrook, LeBron James, Anthony Davis ou encore Stephen Curry explosent également les compteurs. Mais si l’on regarde plus loin que les chiffres, on comprend plus facilement pourquoi la saison du barbu est bien plus impressionnante que celle de ses concurrents.

James Harden

M-V-P (source : nola.com)

En effet, James Harden est celui qui remplit le mieux les critères attendus d’un MVP. Dans « Most Valuable Player », on retrouve le terme « Va-lu-able ». Souvent, c’est autour de la définition de ce mot que tourne le débat sur le titre de MVP. Qu’entend t-on véritablement par « valeur » ? Si l’on regarde dans n’importe quel dictionnaire, le mot « valeur » a pour synonyme « précieux », « utile », « important »…Bref, des mots qui symbolisent parfaitement James Harden cette saison, et un tout petit peu moins Stephen Curry, son principal adversaire dans la course au MVP. Si ce dernier est l’une des principales raisons de la très belle saison de Golden State, son importance au sein des Warriors n’est pas aussi élevée que celle d’Harden pour Houston. Tout simplement parce que Curry se retrouve dans un effectif exceptionnel, un luxe que ne possède pas le barbu. Il faut signaler quand même que « Baby Faced Killer » joue avec le second meilleur arrière de la ligue en la personne de Klay Thompson, ainsi qu’avec l’excellent Draymond Green, sans oublier non plus des joueurs comme Andre Iguodala, Harrison Barnes, Marreese Speights (candidat au titre de meilleur sixième homme) et Andrew Bogut, toujours très précieux dans leurs rôles respectifs. James Harden quant à lui est l’unique All-Star d’une équipe qui possède actuellement un bilan plus qu’honorable de 36 victoires pour 16 défaites. Autrement dit, tout tourne autour de lui. Et c’est encore plus le cas lorsque l’on s’aperçoit du nombre de blessures qui touchent Houston cette saison. Dwight Howard, son soi-disant lieutenant, a déjà raté 20 matches en 2014-2015, et ce n’est pas près de s’arranger puisqu’il est forfait les deux prochains mois. D’autres joueurs importants de l’effectif, comme Patrick Beverley et Terrence Jones, sont également passés par la case infirmerie. Bref, James Harden n’a pas d’autres choix que de se démultiplier pour maintenir les Rockets à flot. Chaque soir, il est la cible des défenses adverses et le principal créateur offensif de l’équipe. A la fois meilleur marqueur et passeur des fusées, Harden est peut-être devenu le meilleur attaquant de la ligue. Son handle n’a rien à envier à personne, son footwork est exceptionnel et ses dribbles rendent fou n’importe quel défenseur. Que ce soit dans l’attaque du panier ou à l’extérieur, Harden ne possède pas de faiblesses dans son répertoire offensif. Souvent critiqué pour poser sa tente sur la ligne des lancers-francs, le barbu sait comment obtenir des points faciles et provoquer les fautes. C’est une qualité que l’on retrouve chez tous les grands attaquants, même si cela peut être frustrant si l’on supporte l’équipe adverse. Et puis son jeu de passe (notamment en pick & roll), souvent sous-estimé, est également l’un de ses gros points forts. Sa vision de jeu est excellente, ce qui lui permet d’impliquer au mieux ses coéquipiers. James Harden est loin d’être un one-man show, il est un all-around player accompli, qui se met même à défendre (il est d’ailleurs également le meilleur intercepteur de son équipe).

Tout cela pour dire que le barbu n’a pas vraiment le droit à l’erreur s’il veut maintenir Houston dans le haut du tableau de la terrible Conférence Ouest. En effet, quand on se focalise sur les performances individuelles d’Harden cette saison, on se rend compte que lorsqu’il passe à côté, les Rockets n’ont pas vraiment les ressources pour y remédier. En effet, sur les 16 défaites des Texans cette année, les statistiques du barbu chutent à 23,4 points et 43% au tir, contre 29,6 points et 47% en cas de victoire. Sur ces 16 matches, Harden a été limité à moins de 25 points à neuf reprises. Si l’on compare avec Stephen Curry, on s’aperçoit que ce dernier n’a pas forcément besoin de briller pour que son équipe gagne. Cette saison, le meneur de Golden State a déjà inscrit moins de 20 points à 15 reprises. Le bilan des Warriors sur ces 15 rencontres ? 11-4 ! Cela prouve bien que l’équipe de Steve Kerr repose avant tout sur un collectif bien huilé, dans lequel Stephen Curry brille particulièrement, alors que les Rockets reposent sur James Harden, qui arrive à faire briller le collectif grâce à son talent individuel et son altruisme.

L’histoire joue contre lui

Pourtant, malgré ces constats, James Harden ne part pas favori. Si la saison s’arrêtait aujourd’hui, Stephen Curry serait probablement élu MVP. Le bilan collectif a pris une telle importance dans les votes qu’on a presque l’impression de récompenser une équipe plus qu’un joueur. Bien sûr que les Warriors font une saison exceptionnelle (41 victoires en 50 matches), mais ce n’est pas comme si Houston galérait pour accrocher une place en PlayOffs. A l’heure de ces lignes, les Rockets sont tout de même sur le podium d’une Conférence Ouest plus relevée que jamais. Alors effectivement, ils ont sept défaites de plus au compteur, mais cela est-il vraiment suffisant pour donner l’avantage à Curry ? Pour beaucoup, la réponse est oui. C’est d’ailleurs presque une tradition en NBA. En effet, quand on se penche sur l’histoire de la ligue et des MVP, le bilan fait souvent la différence. Il suffit de jeter un œil sur le palmarès de ces 15 dernières années :

Saison MVP Bilan collectif Bilan NBA
1999-00 Shaquille O’Neal (Lakers) 67-15 1er
2000-01 Allen Iverson (Sixers) 56-26 2ème
2001-02 Tim Duncan (Spurs) 58-24 2ème
2002-03 Tim Duncan (Spurs) 60-22 1er
2003-04 Kevin Garnett (Timberwolves) 58-24 2ème
2004-05 Steve Nash (Suns) 62-20 1er
2005-06 Steve Nash (Suns) 54-28 4ème
2006-07 Dirk Nowitzki (Mavericks) 67-15 1er
2007-08 Kobe Bryant (Lakers) 57-25 3ème
2008-09 LeBron James (Cavaliers) 66-16 1er
2009-10 LeBron James (Cavaliers) 61-21 1er
2010-11 Derrick Rose (Bulls) 62-20 1er
2011-12 LeBron James (Heat) 46-20 4ème
2012-13 LeBron James (Heat) 66-16 1er
2013-14 Kevin Durant (Thunder) 59-23 2ème

Source : basketreference.com

Mis à part Steve Nash et LeBron James, tous les MVP de ces 15 dernières saisons jouaient dans une équipe ayant au moins l’un des trois meilleurs bilans de la NBA. Évidemment, la plupart des vainqueurs ont largement mérité leur titre, même si certains peuvent prêter au débat. On pense à 2002-2003 et 2005-2006, où Kobe Bryant réalise des saisons individuelles incroyables, mais finit bredouille à cause d’un bilan jugé insuffisant. Pourtant, si l’on prend en compte la notion de « valuable », personne n’était plus important pour son équipe que Kobe quand il emmenait ses Lakers en PlayOffs avec Smush Parker et Kwame Brown. On pense aussi à 2010-2011, où Derrick Rose est élu MVP alors que LeBron James et Dwight Howard réalisent peut-être une meilleure saison individuelle. Mais Chicago finit avec le meilleur bilan de la NBA cette année-là, faisant pencher la balance du côté de Derrick (Orlando ne remporte « que » 52 rencontres et le nouveau Heat version « Big Three » termine « seulement » second de la Conférence Est). Bref, le but ici n’est pas de remettre en cause ces titres individuels ou les critères de vote du MVP, mais juste de montrer à quel point le bilan est important.

Actuellement, avec 36 victoires pour 16 défaites, Houston possède le quatrième meilleur total de la NBA derrière Golden State, Atlanta et Memphis. Autrement dit, les chances de James Harden d’être élu MVP devant Stephen Curry sont plutôt minces si l’on se réfère aux années précédentes. Les Warriors sont sur une base de 67 victoires, tandis que les Rockets termineront « seulement » à 57 victoires s’ils gardent leur rythme. Mais 57 victoires en saison régulière, cela devrait être largement suffisant pour récompenser James Harden, peu importe le bilan de l’équipe de Stephen Curry.

Auteur de statistiques exceptionnelles, décisif avec notamment six matches à plus de 40 points et véritable plaque tournante d’une équipe au bilan plus que correct, James Harden remplit tous les critères d’un vrai MVP. Il aura d’ailleurs encore l’occasion de le prouver cette nuit dans le choc face aux Clippers. Mais en fin de compte, on doute qu’il puisse prendre la place visiblement réservée à Stephen Curry, tout cela à cause de quelques victoires en moins dans une saison longue de 82 matches…

Source image : YouTube

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