One-on-One

L’année des réponses pour Erik Spoelstra : comment jouera le Heat dorénavant sans LeBron ?

Depuis le départ de LeBron en direction de Cleveland, de nombreux joueurs ont été scrutés à la loupe afin de savoir ce que leur futur proche allait nous proposer. Seulement, dans ce marasme floridien complet, un homme en costard pourrait faire la différence. Positivement comme négativement.

En effet, Erik Spoelstra est probablement conscient que la saison prochaine sera cruciale dans sa carrière, non seulement en tant qu’entraineur du Heat mais aussi en tant qu’homme respecté au sein de la NBA. Après avoir eu le luxe -et la pression- de faire avancer son paquebot avec LBJ en capitaine ces 4 dernières années, le jeune coach sait qu’il sera attendu au tournant par de nombreux fans comme des analystes, prêts à le dézinguer dès la moindre erreur. Car ce qu’on a beaucoup entendu depuis Juillet 2010, à tort pour certains comme à raison pour d’autres, c’est que Spo était un homme chanceux de pouvoir obtenir trois joueurs exceptionnels dans son effectif en un été. Certes, sur un plan technique et vocal l’avantage était notable, mais comment ne pas prendre en compte l’adversité que le Philippin a dû rencontrer, la pression médiatique, ainsi que la menace constante de perdre son boulot en cas de galères ?

600 matchs se dressent devant nous. Une centaine en PlayOffs, le reste pendant la saison régulière. Et encore, on vous parle ici du bilan depuis sa prise de fonction en 2008, quand Mike Beasley avait du potentiel et Dwyane Wade deux genoux. Si on ne se focalise que sur ses résultats depuis l’arrivée de Bosh et James en 2010, les chiffres parlent pour eux-mêmes : 224 victoires sur 312 rencontres en saison, 4 participations aux Finales NBA, 2 titres, la seconde série de victoire la plus longue de l’histoire avec 27 succès de suite en 2013,… On pourra déballer pendant des heures sur la pauvreté de la Conférence Est, la jeunesse du Thunder lors des Finales 2012, ou les théories conspiratrices concernant l’arbitrage maison, mais il faut quand même les remporter ces matchs.

Il faut les battre tous ces adversaires, qui offrent leur meilleur effort quand ils voient les lettres H, E, A et T en face. Il faut les garder motivés, ces joueurs plus ou moins fatigués, moralement comme physiquement, après l’affront de 2011 face à Dallas ou les embrouilles dans les vestiaires. Il faut la vivre cette pression, quotidienne, qui a dû pourrir des dizaines de nuits de sommeil dans la famille Spoelstra. Il faut rester droit quand LeBron vous rentre dedans et que Wade s’en prend à vous en pleine rencontre. Il fallait le remporter, ce Game 6 à la maison contre les Spurs en 2013, quand de nombreuses équipes auraient abandonné. Il fallait l’inventer ce système libre, sans poste pré-défini, avec un LeBron multi-tâche et un Bosh qui se régale à l’intérieur comme à l’extérieur. Il fallait la vendre la came, aux Ray Allen ou autres Shane Battier, qu’en venant pour moins d’argent et un rôle moindre, ils réussiraient collectivement. La liste est longue, elle pourrait prendre des heures à développer, mais ce qu’il faut retenir et qu’on ne peut nier, c’est qu’Erik Spoelstra a bien emmené le Heat tout en haut de la planète basket. Son CV est exemplaire pour son jeune âge, sa vision du basket exceptionnelle, son parcours atypique et son autorité sous-estimée. Quel chef d’orchestre peut garder aussi longtemps des artistes sur la même partition, quand un joueur loupe le tiers des rencontres, qu’un autre demande plus d’argent, et que le dernier souhaite jouer davantage ? Tout ça, cela demande des capacités, des connaissances, un savoir-faire qui était mis en question le lendemain de l’arrivée du King à South Beach.

La question faisait d’ailleurs la une du site officiel de la NBA : avec Chris Bosh et LeBron James à bord, Erik Spoelstra sera-t-il viré au bout d’un mois, ou deviendra-t-il un entraineur respecté car multiple champion ? Pour de nombreux fans, la réponse n’est pas encore claire. Elle le sera davantage la saison prochaine, sans le cyborg à bord pour rattraper les erreurs de certains, sans certains vétérans qui ont préféré eux aussi aller voir ailleurs. Mais il faudra surtout garder un oeil sur le type de basket que l’entraineur mettra en place, lui qui respectait un schéma simple mais pourtant si beau et efficace : mouvement de balle rapide, déplacements des joueurs sans arrêt, défense collective et communication inébranlable, snipers dans les corners et espacement maximal du terrain avec un seul intérieur proche du panier. Avec Bosh et Wade encore dans le coup, les pick and rolls seront probablement présents dans le nouveau menu 2015. Mais quid de Luol Deng ? Que faire de Josh McRoberts ? Le Heat gardera-t-il sa menace intérieure-extérieure habituelle, ou donnera-t-elle davantage la balle au poste au grand Chris, dont l’envie de dominer démange depuis des mois ?

Toutes ces questions, Erik Spoelstra doit probablement déjà y réfléchir, et les premières réponses apparaitront début Novembre. Mais attention à ne pas tomber dans la sanction irrévocable : l’entraineur du Heat sait parfaitement diriger une équipe de basket. Il devra simplement redéfinir son menu s’il souhaite garder sa franchise dans les hauteurs de la Conférence Est, ce qui est largement à portée de main quand on voit la gueule de cette dernière.

Source image : HoopDoctors.

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