Dossiers NBA

Vie sans Chris Paul : Une adversité bénéfique

Le 3 janvier dernier, le meneur et meilleur joueur de l’armada de Doc Rivers, Chris Paul, heurte violemment les ligaments de son épaule droite et doit s’absenter pour au minimum trois semaines. Une absence redoutée au premier abord mais qui, 18 rencontres plus tard, s’est avérée plus bénéfique que préjudiciable pour les Clippers de Los Angeles. Retour sur une mise à l’épreuve réussie.

Bien que l’exécution défensive ne fasse toujours pas partie de leurs acquis, les Clippers peuvent se montrer satisfaits de leur passage sans CP3. 12 succès pour 6 défaites : un bilan dont le pourcentage demeure identique à celui de leur saison (36/18 à 66,7 % de victoires). Cinq revers concédés à l’extérieur pour un seulement au Staples Center face à un Heat de Miami en mission ce soir-là (116-112 le 5 février). En somme, des résultats plus qu’honorables qui reflètent ce que l’ancien maître à jouer des Celtics voulait tester à vif, à savoir l’orgueil ainsi que la combativité de ses joueurs à l’image surcotée qui se devaient de prouver de quoi ils étaient capables de produire en terme de jeu et d’alchimie sans l’appui, trop souvent perçu comme « salvateur », de leur meilleur élément. Autrement dit, le « Doc » s’attendait à ce que ses soldats redoublent d’audace, à observer les prémisses d’une équipe qui sait s’affirmer comme étant confiante, appliquée et consistante quand il le faut, même et surtout lorsque les conditions leur sont défavorables et peu confortables pour y parvenir.

Ainsi, un défi moral et précieux à l’approche délicate des PlayOffs que Blake Griffin, le premier, a relevé avec merveille. Largement attendu au tournant durant l’ensemble de cette période de test valorisante, le natif de l’Oklahoma a assumé ses responsabilités en menant son équipe au scoring (27,5 points de moyenne sur cette période de 18 matchs). Assurant le spectacle comme il sait si bien le faire tout en se montrant décisif, Griffin jouit d’un régularité de plus en plus probante dans son tir à mi-distance, chose qui force le respect de ses adversaires à venir le défendre en dehors de la raquette. De ce fait, cette perspective exposée laisse alors plus d’espace à son bras droit, DeAndre Jordan, pour se montrer prééminent au rebond offensif notamment, tout en n’oubliant pas de protéger le cercle au moyen de contres de haute voltige (15 rebonds et 2,5 contres de moyenne sur cette période). Si ses mouvements au poste demeurent toujours inexistants au même titre que son implication offensive, laissant copieusement à désirer, se résume à quelques put-bakcs dunks, son apport défensif est quant à lui bien tenu et vital dans la mise en marche de l’engrenage structural de l’équipe. Enfin, tout aussi important que le combo Griffin/Jordan, les performances répétées du facteur X Jamal Crawford ont été primordiales aux Clippers dans le but de surmonter ce laps de temps sans Chris Paul. Symbole de ce surplus d’impétuosité à démontrer et à dompter dans un avenir prochain, le crosseur vétéran de 33 ans, plus que jamais en lice pour un deuxième titre de Meilleur Sixième Homme de l’Année, n’a pas eu froid aux yeux en ne rechignant pas à prendre des tirs osés et profondément clutchs lorsque le compteur de l’horloge des 24 secondes arrivait à épuisement (22 points de moyenne sur cette période). A n’en pas douter, il sera l’une si ce n’est la clé complémentaire aux attentes centrées autour des cadres initiaux. Créateur pour lui-même mais également pour les autres, nouveauté cette saison (3,3 passes décisives cette année), les prises d’initiative de Crawford auront un intérêt tout particulier dès la mi-avril prochaine, lorsque les possessions seront ralenties et que chaque pas entrepris changera le cours des événements.

En définitive, mentions spéciales à Darren Collison et Matt Barnes durant l’absence de leur métronome de choix. Le premier a maintenu plus que correctement le bateau à flot quand le capitaine était à l’arrêt, le second a intégré le cinq de départ grâce à son abnégation et son pouvoir de déstabilisation de l’adversaire, peu importe le moyen. Cependant, un point d’ombre s’abat sur J.J. Redick et Jared Dudley; l’un est souvent envoyé à l’infirmerie bien que, quand il est frais et dispos, sa présence et son shoot déstabilisent les défenses, les poussant à se réajuster. L’autre, en revanche, est en surpoids et s’avère être la moitié du joueur polyvalent, essentiel qu’il était lors du run mémorable des Phoenix Suns en PO en 2009/2010. Un échange de ce-dernier avant le 20 février compléterait alors le groupe façonné par Rivers et apporterait une matière d’autant plus gratifiante à l’escouade rivale des Lakers qui poursuit sa route et son enseignement de la gagne afin d’atteindre les hauts sommets tant espérés avant même l’ouverture de la saison régulière.

Avide et résiliente malgré quelques fausses notes récurrentes à corriger au plus vite, cette franchise de Los Angeles sait désormais comment persuader avant que de définitivement apprendre à convaincre. Un nouveau défi de taille se dresse néanmoins devant eux dès mercredi soir, opposés imminemment aux grosses cylindrées de la conférence Ouest, dont les Blazers, les Spurs, les Grizzlies, le Thunder et les Rockets. La NBA étant experte en matière d’organisation, le retour au premier plan de CP3 tombe à point nommé, lui qui remettra son titre de MVP en jeu pour le All-Star Game du 16 février (7 points, 8 offrandes, 2 rebonds et 4 interceptions en moins de 23 minutes passées sur le terrain lors de la promenade de santé opérée face aux Philadelphia Sixers lundi soir, 123-78, record de l’écart infligé par la franchise californienne dans son histoire).

Source : nba.com/stats – Source image : clippers.topbuzz.com

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