Hawks

Les Hawks seront-ils les nouveaux Spurs de la Conférence Est ? Un peu de patience…

Depuis son arrivée en Juin 2012, c’est peu dire si Danny Ferry a sué jours et nuits pour empêcher ses Hawks de trainer dans le ventre-mou de la Conférence Est. Une reconstruction rapide et efficace, qui pourrait montrer de gros signes de progrès dès cette saison… Pourrait ou devrait ?

Peu de General Managers sont capables d’affirmer que leur efficacité dans le nettoyage de fond en comble est sans équivalent dans la Ligue : Ferry fait partie de ces hommes-là. En quelques mois, l’ex-cerveau des Spurs a entamé un chantier remarquable dans la franchise de Géorgie, qui possède aujourd’hui un potentiel excitant et unique : créer dans sa Conférence une annexe de l’équipe texane, quadruple championne NBA en moins de dix saisons. Est-ce seulement possible ? C’est toute la question qui entoure le boulot du grand chauve au sourire discret.

Joe Johnson et ses valises de dollars ? Out. Josh Smith et ses valises de air-balls ? Idem. Ivan Johnson, Larry Drew, Zaza Pachulia et toute la clique de nerveux qui faisait kiffer les fans des Hawks depuis plusieurs saisons : tous ont été priés de bien vouloir aller voir ailleurs, pour permettre à un nouveau groupe neuf, jeune et frais de prendre part au projet Ferry. Le but : reproduire le même succès véhiculé par Gregg Popovich depuis bientôt deux décennies, mais le tout dans un autre état que celui du Texas. Une mission diablement difficile, mais qui a pris une tournure très intéressante cet été vu les choix pris par le management d’Atlanta. Pour commencer, qui pouvait reproduire le plus aisément possible l’identité, l’attitude et les systèmes des Spurs, le tout en quelques semaines ? Mike Budenholzer, bras droit de Coach Pop depuis des saisons, représentait le choix évident : auteur de nombreux best-sellers comme ‘L’ennui de remporter quatre titres dans un petit marché‘ ou ‘Le jour où j’ai forcé Popovich à drafter Kawhi Leonard‘, Bud était plus qu’un bras-droit, c’était un poumon des Spurs. Et les fans de la franchise savent déjà ce qu’ils perdent en le voyant partir : excellent tacticien, plutôt discret en comparaison avec le tempérament du slave à la tête de San Antonio, Budenholzer entretient déjà une relation excellente avec Ferry, ce dont toute franchise rêve quand les grandes signatures sont prêtes à être réalisées.

Essai

Du coup, quand les deux hommes se sont mit à table, les résultats ont fait bien mal : Paul Millsap, signé pour trois pistaches et un bisou, devrait apporter son double-double habituel et former avec Al Horford une sacré paire intérieure, polyvalente et explosive. Dennis Schroeder, dont personne ne parlait depuis des semaines probablement parce qu’il était allemand, alors que le gamin a été All Star à 19 ans, dominé le Nike Hoop Summit et surtout la Summer League de cette année, s’est vu être drafté en milieu de tableau et devrait posséder les clés de la franchise assez rapidement. Pour lui permettre de faire ses gammes, il fera souffler Jeff Teague dont le nouveau contrat permet une flexibilité remarquable, ainsi que Lou Williams qui reviendra vers le début d’année d’une vilaine déchirure des ligaments croisés. Entre deux mojitos et une carte postale envoyée pour Smoove à Detroit, Ferry en a profité pour payer Elton Brand et Pero Antic en tickets restaurants, tout comme Gustavo Ayon qui s’est récemment blessé à l’épaule mais avait fini le mois d’Août en tant que meilleur joueur du tournoi des Amériques. De la viande à gogo donc chez les Hawks, qui veulent instaurer une défense intérieure digne de ce nom si elle veut batailler avec les Pacers, Nets, Pistons ou Bulls dont la raquette flanque franchement la trouille. Mais si les noms présents dans l’effectif de Ferry ne semblent pas vraiment créer un chapiteau, ce dernier ayant notamment loupé le coche concernant Dwight Howard, sa grande réussite a été de conserver les Hawks dans une belle flexibilité financière, tout en restant compétitif avec des chiens de garde comme DeMarre Carroll.

Ainsi, seuls Horford, Teague et Kyle Korver possèdent des contrats long-termes, permettant au gourou de garder la possibilité de reconstruire : pas de contrats à la con comme le Thunder ou les Knicks ont pu donner par exemple, le but étant d’instaurer une philosophie de jeu autour de son nouveau coach, quel que soit le temps que cela prenne, tout en restant compétitifs, jeunes, et excitants à voir jouer. Car, oui, si vous voulez voir une attaque qui fuse de partout cette saison, les Hawks seront une possible adresse à conserver. Le style très rapide des Spurs avec un mouvement de balle fluide et un vrai sens de la générosité a permis à Budenholzer de créer déjà des systèmes indéfendables et pourraient offrir à Korver et Horford des saisons de rêve. Il faudra cependant se soucier de l’intensité défensive, car la bande à Millsap ne possède pas de véritable pitbull attitré hormis Carroll, ni d’intimidateur de grande taille hormis personne. Une équipe qui pourrait donc vite encaisser de bonnes roustes en déplacement, mais ce qui fait partie du deal quand on souhaite reconstruire une franchise avec nouveau coach et nouveaux joueurs. Les cartes ont été rapidement mises sur la table, il faudra courir si on veut jouer chez Bud : les soirs de chaleur, attention aux cartons car les Hawks peuvent se féliciter d’avoir dans leur effectif deux dingues de la ficelle en Korver et John Jenkins. Les soirs de fraicheur ? C’est sur cet aspect-là que l’homme à plaquette devra faire ses premiers essais.

Essai

Les Hawks seront-ils en PlayOffs cette saison ? Ils en ont en tout cas les moyens. Avec une nouvelle philosophie qui mettra du temps à se mettre en place, la franchise d’Atlanta passera par de gros moments de doutes cette saison, mais ne devrait pas flancher grâce à un coach qui a énormément vécu. La question entourant Ferry reste surtout de savoir si ces jeunes peuvent devenir les nouveaux Spurs, et si la mayonnaise prendra cette année ou la prochaine, les Hawks pouvant aussi bien gratter les matchs du printemps comme un bon choix de Draft. Deux choses restent cependant sûres et certaines : si un Tim Duncan n’apparait pas tous les ans, un Mike Budenholzer quittant enfin son club de toujours non plus. La route est donc encore longue, mais les progrès seront bels et biens présents.

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