Philadelphia 76ers, la grosse preview de la saison 2026-27
Le 15 oct. 2026 à 12:43 par Nicolas Meichel

La NBA est de retour le 20 octobre, et qui dit début de la saison NBA dit forcément 30 Previews en 30 Jours. Vous connaissez la formule : marché de l’été, effectif, projections et bien sûr pronostic, de quoi connaître chaque équipe sur le bout des doigts avant la reprise. Au menu aujourd’hui ? La présentation des Philadelphia 76ers.
Ce qu’il s’est passé la saison dernière
Après la saison catastrophique de 2024-25 (seulement 24 victoires), les Sixers ont réussi à rebondir l’an passé : 45 succès au total, une septième place à l’Est, et un retour en Playoffs.
Première raison de ce renouveau ? La saison exceptionnelle de Tyrese Maxey, nommé All-Star pour la deuxième fois de sa carrière et même dans la All-NBA Third Team. Aucun joueur n’a joué plus de minutes en moyenne (38) que Maxey dans toute la Ligue, lui qui a lâché ses meilleures stats avec 28,3 points, 6,6 rebonds, 4,1 rebonds et presque 2 interceptions par soir. Un crack !
Deuxième raison ? La très belle campagne de la pépite V.J. Edgecombe, drafté en numéro 3 en 2025 et qui a terminé parmi les trois finalistes pour le titre de Rookie de l’Année. Dès son premier match NBA à Boston, V.J. avait donné le ton (34 points), et il a ensuite su tenir la distance pour former un backcourt hyper-excitant aux côtes de Maxey.
Les deux stars Joel Embiid et Paul George ont eux cumulé 75 matchs au total. 38 pour le premier, 37 pour le second qui a notamment écopé d’une grosse suspension (25 rencontres) pour avoir pris un produit interdit par la NBA. Évidemment, ce n’est pas assez quand on sait qu’ils pèsent 112 millions de dollars dans la masse salariale. Mais il faut avouer qu’ils ont step-up au meilleur moment.
Tellement content pour Joel Embiid.
J’sais pas si ça ira au bout, ni même si ça passera l’étape Knicks.
Mais ça fait plaisir pour lui. Beaucoup de galères physiques depuis un sacré moment, il a assuré comme un chef sur la fin de série, probablement joué sous blessure.
C’est qu’une série de premier tour, mais on saura s’en souvenir.
Trust The Process ! 🙌
— TrashTalk (@TrashTalk_fr) May 3, 2026
Lors du premier tour des Playoffs contre Boston, Embiid a été héroïque, lui qui est revenu d’une opération de l’appendicite en avril pour aider les Sixers à renverser un déficit de 3-1 (une première dans l’histoire de la franchise de Philly… et de Boston). Joel a fait très mal à la raquette des C’s, et a pris une belle revanche sur sa bête noire en remportant son premier Game 7 en carrière, au TD Garden s’il vous plaît. Quant à George, il a été très précieux aux côtes de Maxey et Edgecombe, offensivement comme dans sa propre moitié de terrain. On a alors vraiment eu l’impression qu’un collectif très solide était né à Philly.
Sauf que ce collectif a fini par prendre l’eau en demi-finale de conférence, face à une équipe des Knicks sur un nuage qui a méchamment balayé les Sixers. Comme un symbole, Joel Embiid a encore été gêné par les blessures contre New York, s’arrêtant une nouvelle fois aux portes du dernier carré…
Le marché de l’été
- Ils partent : Daryl Morey, Paul George, Andre Drummond, Quentin Grimes, Kelly Oubre Jr., Kyle Lowry, MarJon Beauchamp, Johni Broome, Tyrese Martin, Dalen Terry, Trendon Watford
- Ils prolongent : Justin Edwards, Dominick Barlow (team option)
- Ils arrivent : Bob Myers & Mike Gansey, LeBron James, Jaylen Brown, Kentavious Caldwell-Pope, Anfernee Simons, Ariel Hukporti, Labaron Philon Jr., Dean Wade, Rayan Rupert (two-way), Caleb Love (two-way), Tacko Fall (camp d’entraînement)
En mai dernier, après l’élimination de Philadelphie en Playoffs, le manager Daryl Morey a pris la porte, remplacé d’abord par Bob Myers (architecte de la dynastie Warriors) qui a assuré l’intérimaire, puis de manière officielle par Mike Gansey (nouveau président des opérations basket). Ce qu’on ne savait pas encore à l’époque, c’est qu’on était à l’aube de l’une des intersaisons les plus folles de l’histoire des Sixers.
Le 6 juillet 2026, premier tremblement de terre : les Sixers échangent Paul George et un gros capital draft (deux choix de premier tour, deux choix de second tour) contre la star des Celtics Jaylen Brown. Le 24 juillet, deuxième tremblement de terre : l’agent libre LeBron James, intrigué par l’arrivée de Brown et possédant quelques relations avec Gansey (ancien joueur de lycée dans l’Ohio, passé par le front office des Cavaliers), décide de signer à Philly au minimum vétéran pour y écrire le dernier chapitre de sa carrière. Les Sixers deviennent officiellement l’épicentre de la planète basket.
OHHHHH PUTAIN LEBRON AUX SIXERS !!!!
— TrashTalk (@TrashTalk_fr) July 24, 2026
Autour de ces deux énormes moves, cela a beaucoup bougé à Philadelphie. Les Sixers ont notamment réussi à recruter Dean Wade (39 millions sur quatre ans) et Anfernee Simons (12,3 millions sur deux ans), tout en draftant le prometteur Labaron Philon Jr. (22e choix). Le 3&D vétéran Kentavious Caldwell-Pope débarque également en provenance de Memphis, pour retrouver LeBron avec qui il a gagné le titre aux Lakers en 2020. Au rayon des départs : Andre Drummond, qui remplissait plutôt bien son rôle de remplaçant de Joel Embiid, ainsi que Quentin Grimes, Kelly Oubre Jr., Trendon Watford ou encore le postérieur de Kyle Lowry (retraite).
Enfin, les Sixers auront une petite touche française cette saison avec l’arrivée de Rayan Rupert, via un contrat two-way. Le natif de Strasbourg avait montré des choses intéressantes en fin de saison dernière à Memphis, et tentera de se faire une petite place dans la superteam de Philly.
L’effectif 2026-27 des Sixers
- Meneurs : Tyrese Maxey, Labaron Philon Jr., Caleb Love (two-way)
- Arrières : V.J. Edgecombe, Anfernee Simons, Kentavious Caldwell-Pope
- Ailiers : Jaylen Brown, Justin Edwards, Rayan Rupert (two-way)
- Ailiers-forts : LeBron James, Dean Wade, Jabari Walker, Dominick Barlow
- Pivots : Joel Embiid, Adem Bona, Ariel Hukporti (blessé), Tacko Fall (camp d’entraînement)
En gras les starters pressentis, selon les fameuses sources proches du dossier.
Sur le papier, les Sixers possèdent peut-être le cinq majeur le plus impressionnant de la NBA : un All-Star au poste 1 (Maxey), l’un des trois meilleurs rookies de la saison dernière au poste 2 (Edgecombe), un joueur All-NBA et récemment MVP des Finales au poste 3 (Brown), l’un des deux meilleurs joueurs de l’histoire au poste 4 (LeBron), un ancien MVP au poste 5 (Embiid). Sur le terrain ? Il faut voir ce que ça donne.
Maxey et Brown – en pleine force de l’âge – devraient être les fers de lance de l’équipe, avec un LeBron en mode « connecteur » grâce à ses qualités de passeur et son énorme QI basket. Joel Embiid, lui, a perdu des kilos cet été pour être le plus efficace et impactant possible cette saison. Il sait que c’est sa meilleure chance de gagner le titre. Aux côtés de tout ce beau monde, il sera intéressant de voir comment le sophomore V.J. Edgecombe va s’intégrer. Le jeune Bahaméen est parfois relégué dans l’ombre des stars mais représente pourtant l’une des clés de la saison des Sixers. LeBron voit en V.J. un joueur capable de devenir l’un des meilleurs défenseurs NBA, ainsi qu’une terreur en transition.
On peut aussi s’interroger sur le nombre réel de matchs que ce cinq va disputer ensemble. On ne va pas se mentir, LeBron et Embiid ne vont pas jouer tous les soirs, eux qui vont suivre un plan « load management » pour survivre à la longue saison régulière. Pour combler ces absences inévitables, Philly a l’avantage de posséder un banc plutôt intéressant : Anfernee Simons et le rookie Labaron Philon Jr. apporteront des points, Dean Wade est un joueur précieux et polyvalent qui peut rendre bien des services, tandis que Kentavious Caldwell-Pope amènera son expérience. Mention aussi pour des joueurs de l’ombre comme Justin Edwards, Jabari Walker et Dominique Barlow.
La vraie faiblesse du roster se situe au niveau de la rotation au poste 5. Le départ d’Andre Drummond et la terrible blessure d’Ariel Hukporti (tendon d’Achille) en présaison créent un gros trou derrière Embiid, qui – on le sait – ratera son lot de matchs. Cela obligera Nick Nurse à bricoler. De plus, les Sixers (plafonnés au premier apron) n’ont pratiquement aucune marge de manœuvre pour recruter un nouvel intérieur. Adem Bona, qui n’a pas joué en présaison à cause d’un bobo au pied, aura ainsi une vraie responsabilité cette saison, mais LeBron ou Dean Wade pourrait aussi être utilisé en pivot…
Une petite vidéo en passant ?
TTFL : les joueurs des Sixers à suivre
Tyrese Maxey et Jaylen Brown.
Sachant qu’il n’y a qu’un seul ballon à partager, ce ne sera pas forcément évident de sélectionner un Sixer en TTFL cette saison. Mais Tyrese Maxey et Jaylen Brown semblent représenter les choix les plus safe. Ils seront normalement les deux plus grosses options offensives de l’équipe (28 points de moyenne pour les deux la saison dernière), et sont réputés pour leur capacité à enchaîner les minutes et les matchs. LeBron James et Joel Embiid, de leur côté, seront économisés en saison régulière, tandis que V.J. Edgecombe pourrait avoir moins d’opportunités offensives que l’an passé.
Qu’attendre des Sixers cette saison ?
Les attentes autour des Sixers sont énormes. La hype est maximale. Et la pression accompagnera l’équipe du début à la fin. Voilà les certitudes concernant l’équipe de Philadelphie cette saison. Pour tout le reste, on a comme l’impression que ça peut partir dans tous les sens.
L’histoire nous a appris que les projets de superteam, soit ça passe soit ça casse. On a là une équipe des Sixers qui possède des grands noms à tous les étages mais qui doit trouver son équilibre et de vrais automatismes pour aller loin. Le rôle du coach Nick Nurse sera notamment de mettre en place une hiérarchie offensive cohérente (les fins de match serrées seront très intéressantes à suivre…), et une structure défensive qui tient la route. Ce sera un vrai challenge au vu des absences à prévoir concernant LeBron James (42 ans, 24e saison, des bobos au pied et au dos) et Joel Embiid (39 matchs ou moins lors des trois dernières saisons), sans oublier la faible rotation sur le poste 5.
Le talent est évidemment le dernier des soucis à Philly, mais quid de la cohésion ? Le vétéran Kentavious Caldwell-Pope a d’ores et déjà prévenu tout le monde dans le vestiaire : « Notre cohésion va être l’élément le plus important pour nous. Le fait qu’on s’apprécie les uns les autres, qu’on soit capables d’être ensemble et qu’on prenne du plaisir, sur et en dehors du terrain. » Communication, sacrifice, travail, voici les mots d’ordre régulièrement mentionnés du côté de la ville de l’amour fraternel.
En matière de résultats et de performances collectives, il faut s’attendre à des soirées où les Sixers ressemblent à la meilleure équipe de la NBA, et d’autres où ils semblent loin de pouvoir véritablement jouer le titre. Il faut s’attendre à de belles séries de victoires pendant une semaine, puis deux ou trois défaites de suite la suivante. En résumé : ça risque d’être les montagnes russes, avec tout le drama qui accompagne habituellement une équipe dans laquelle se trouve LeBron James.
Les turbulences prévisibles du début de saison devront néanmoins servir aux Sixers pour se construire un collectif suffisamment solide en Playoffs. Est-ce que Philadelphie parviendra à trouver son rythme de croisière pour débarquer au printemps prochain avec de vraies certitudes ? Est-ce que tout le monde survivra à la régulière pour être en bonne santé en avril prochain ? Comment les Sixers vont-ils se débrouiller dans une Conférence Est renforcée ?
Beaucoup de questions pour une équipe qui n’a qu’un seul objectif : le titre NBA.
Le pronostic du rédacteur : 49 victoires – 33 défaites
Quelques liens utiles
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