LaMelo Ball transféré : le buzz des Hornets n’aura-t-il duré qu’une saison ?
Le 29 sept. 2026 à 12:14 par Baptiste Hay-Lemétais

Il y a quelques mois, les Charlotte Hornets étaient une des équipes les plus hype de NBA. 44 victoires, une place en play-in, un LaMelo Ball enfin épargné par les blessures et un rookie du nom de Kon Knueppel qui claquait des mèches à un rythme hallucinant. Le genre de saison qui te fait dire « ok, cette fois c’est la bonne, on tient un truc ». Et pourtant…
Retour en arrière obligatoire pour comprendre l’ampleur du crève-cœur. Charlotte a démarré la saison 2025-26 comme une équipe qui allait droit dans le mur : 4 victoires pour 14 défaites, Brandon Miller out dès le deuxième match pour une luxation à l’épaule, LaMelo Ball qui va et vient. Le genre de début qui sent le tanking version bis repetita. Sauf qu’à partir de janvier, tout bascule. Coach Charles Lee trouve enfin la formule, tout le monde est sur pied en même temps, et Charlotte devient tout simplement la meilleure équipe de la ligue au net rating, avec un +10,5 hallucinant sur la fin de saison et la meilleure attaque de toute la NBA.
Le cinq Ball-Knueppel-Miller-Bridges-Diabaté, quand il tournait ensemble, affichait des chiffres de jeu vidéo : plus de 136 de rating offensif. Ball et Knueppel ont fini l’année aux deux premières places du classement des tirs à 3 points marqués dans toute la ligue. Ajoutez à ça un rookie qui claque des soirées à 20 points minimum et qui termine dauphin du Rookie of the Year, et vous avez la recette d’une équipe qui a fait rêver Charlotte pour la première fois depuis un bail. Résultat : 44 victoires, un retour en Play In, et une communauté de fans qui recommençait enfin à parler basket avec des étoiles dans les yeux.
LE TIR DE DINGO COBY WHITE 😱😱😱
HORNETS STILL ALIVE pic.twitter.com/IQzYvSABgT
— TrashTalk (@TrashTalk_fr) April 15, 2026
Sauf que voilà : ce collectif qui faisait tant kiffer reposait sur un ingrédient précis, et c’est justement celui-là qu’on a sorti de la recette cet été. LaMelo Ball. Le moteur qui faisait tourner toute la mécanique offensive, celui qui ouvrait le jeu pour que Knueppel puisse catch-and-shoot sans réfléchir et que Miller trouve ses spots. Le retirer, c’est un peu comme enlever le liant d’une sauce : les ingrédients sont encore là, mais plus rien ne les tient ensemble de la même façon.
Le Front Office dans des vidéos publiées sur les réseaux sociaux parle d’un pas en arrière pour mieux repartir de l’avant : on recrute Naz Reid, une brouette de picks et de swaps, et on mise probablement sur le fait que la santé chronique de Ball finira par le rattraper sur la durée. Sur le papier, ça se défend. Dans les faits, pour des fans qui venaient tout juste de retrouver une raison de vibrer après une décennie sans Playoffs, la pilule est difficile à avaler. Il leur est redemandé d’être patients pile au moment où ils n’avaient plus besoin de l’être. Et comme si ça ne suffisait pas, Knueppel, celui-là même qu’on désigne comme le nouveau visage du projet, se blesse à l’ischio en plein été et loupera toute la présaison. Le timing est cruel, presque théâtral.
🚨🚨🚨 WAAAAAAH !!!! LAMELO BALL CHEZ LEZ WOLVES !!!!
OH LE TRADE DE ZINZIN https://t.co/HB2mNRxmcD
— TrashTalk (@TrashTalk_fr) June 25, 2026
Alors oui, sur le papier ça pique. Mais il faut prendre deux minutes pour regarder ce que Charlotte construit vraiment, parce qu’il y a une vraie envie cohérence derrière tout ça. D’abord, cette équipe reste une machine à shooter version moderne. Knueppel meneur du classement des points en catch-and-shoot de toute la ligue, un profil de sniper pur qui colle parfaitement à la direction que prend le basket aujourd’hui. Naz Reid, Greyson Allen, Royce O’Neale : Charlotte accumule les tireurs de mouvement, exactement le type de profils qui peut faire gagner des matchs en 2026. Une identité de spacing extrême avec un Moussa Diabaté en mission sur les rebonds offensifs pour remporter la bataille des possessions. Sur le papier, l’attaque de demain ressemble presque plus au basket d’aujourd’hui que celle d’hier ne l’était.
Ensuite, il faut donner du crédit à Jeff Peterson et sa direction, parce que leur méthode a des allures de Moneyball. Vous vous souvenez du film avec Brad Pitt, où les A’s d’Oakland arrêtent de miser sur le talent brut et la hype pour se concentrer sur la valeur réelle et l’accumulation d’actifs sous-évalués, sur des profils plus ciblés ? C’est un peu la même logique ici. Plutôt que de s’accrocher à un joueur électrique mais fragile sur le papier, Charlotte a préféré transformer cet actif en une montagne de choix de Draft et de Swaps, pariant sur sa capacité à dénicher de la valeur année après année plutôt que de « tout » miser sur une seule star, parfois irrégulière. C’est un pari froid, presque cynique sur le plan émotionnel, mais c’est aussi exactement le genre de stratégie qui, quand elle marche, construit des franchises qui durent plus qu’une saison de hype. Reste à savoir si les dés tomberont du bon côté. Mais une chose est sûre : Charlotte n’a pas décidé de tout recommencer sans plan. Ils ont juste décidé qu’un pas en arrière valait mieux qu’un plafond bas atteint trop tôt.
