Iyana Martin, la meneuse qui va choquer la WNBA

Le 20 sept. 2026 à 18:42 par Benoît Carlier

Iyana Martin FIBA Espagne 18 septembre 2026
Source image : FIBA

Révélation de la dernière Coupe du Monde, Iyana Martin (20 ans) passera encore une saison en Europe avant de s’envoler pour la WNBA au printemps prochain. De l’autre côté de l’océan, Portland se frotte les mains à l’idée de récupérer la jeune crack espagnole.

Déjà considérée comme le steal de la Draft 2026 (sélectionnée en 7è position par le Fire), Iyana Martin ne s’est pourtant jamais cachée. MVP de la Coupe du Monde U19 en 2023 avec deux ans de moins que la plupart de ses adversaires et seulement battue par Team USA en finale, la meneuse au jeu fantasque affole les compteurs malgré son jeune âge. En septembre à Berlin, elle a logiquement été élue meilleure espoir de la compétition et membre du meilleur cinq du tournoi aux côtés de stars mondiales comme Breanna Stewart, Gabby Williams ou Emma Meesseman. Quoi de plus normal pour la cinquième meilleure scoreuse du tournoi (17,5 points par match à 54,5% au tir et 45,5% de loin), également septième à l’évaluation (19,2) et treizième à la passe (4,2) ? Mais outre le côté statistique, c’est l’aspect spectaculaire de son jeu et sa personnalité solaire qui ont ébloui le public qui s’était déplacé en nombre pour le Mondial féminin en Allemagne.

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— Baloncesto España (@BaloncestoESP) September 17, 2026

Du haut de ses 20 ans, l’Asturienne a fait danser la MVP du tournoi, distribué des passes aveugles laser et envoyé des tirs en déséquilibre pour abreuver les Top 10 pendant dix jours. Si la Roja a dû s’avouer vaincue face aux Américaines en demi-finale, elle a tout de même fait douter l’ogre US (égalité après trois quart-temps). Un résultat largement impulsé par la maîtresse à jouer de la sélection espagnole (17 points à 5/8 au tir, 3 passes, 3 rebonds et 3 interceptions avec +6 de +/-), plus encore que la dernière numéro 3 de Draft WNBA, Awa Fam, qui brille aux côtés de Dominique Malonga à Seattle. Deuxième plus jeune joueuse de son équipe, Martin représente déjà le présent et le futur de sa sélection comme l’a expliqué son entraîneur, Miguel Mendez, impressionné durant le tournoi :

« Je n’aime pas parler d’une joueuse en particulier mais je peux dire que c’est une personne spéciale. Ce n’est pas seulement une personne spéciale, c’est une joueuse spéciale. »

Iyana Martín ante Estados Unidos 🤯

💫17 puntos
💫3 asistencias
💫3 rebotes
💫3 recuperaciones

Talento generacional.#FIBAWWC x #WeOwnTheGame pic.twitter.com/kRATD3lh5n

— Gigantes del Basket (@GIGANTESbasket) September 13, 2026

Plutôt que de griller les étapes, Iyana Martin savoure chaque marche et engrange de l’expérience. Elle attendra ainsi la majorité américaine pour aller en WNBA se frotter au gratin du basket mondial. Après une saison en EuroCup dans l’équipe de Perfumerias Avenida, Iyana Martin rejoindra Girona pour la saison 2026-27 avec l’espoir de retrouver l’EuroLeague (barrages après son Top 4 en 2026). Puis il sera l’heure de découvrir la W, où elle formera un backcourt aussi jeune que prometteur avec Carla Leite.

La compatibilité Carla Leite – Iyana Martin, problème de riche à Portland

Neuvième à une semaine de la fin de la saison régulière (16 victoire pour 26 défaites), le Fire est désormais hors course pour les Playoffs mais l’équipe de l’Oregon a montré de belles choses pour son retour dans la Ligue après 24 ans d’hibernation. Parmi les principales satisfactions à Portland ? Carla Leite, à la fois meilleure scoreuse (15,9 points) et fournisseuse de caviars (6,3 passes) à Rose City. La Frenchie n’est pas passée loin d’une invitation au All-Star Game et est candidate au trophée de MIP. À 22 ans, la Varoise est une arme offensive redoutable et possède une vision létale sur pick-and-roll. Le Leite Show pointe en tête de la WNBA dans plusieurs tableaux de statistiques avancées et fait partie des plans d’avenir à Portland. Se pose alors, logiquement, la question de sa compatibilité avec Iyana Martin dans le backcourt.

Toutes les deux meneuses à vocation offensive, toutes les deux mesurées à 1,75m et toutes les deux plus efficaces avec le ballon entre les mains (insérer le meme de Spiderman). C’est là tout le défi qui attend Alex Sarama, le jeune coach du Fire qui s’est immédiatement imposé avec un style de jeu rapide, du mouvement de balle et du tir extérieur.

« Sur le plan tactique, c’est une bonne chose car je vais avoir une saison entière pour réfléchir comment jouer avec deux lead guards. C’est un vrai défi. J’ai beaucoup de choses à apprendre et je vais passer des coups de fil à des entraîneurs que j’admire, mais c’est un bon problème à avoir. Nous allons devoir trouver des solutions créatives en défense, mais l’attaque devrait être très fun. […] Quand on voit le potentiel de ce que peuvent faire Iyana et Carla ensemble, ça change notre approche pour les autres postes et ce qu’on va faire sur le plan défensif pour pouvoir aligner deux lead guards. »

L’entraîneur ne se ferme aucune porte et devrait profiter des premiers matchs de la saison pour faire des expérimentations au sein de son cinq de départ. Sarama a confirmé qu’on devrait avoir des séquences avec Iyana Martin et Carla Leite alignées côte à côte, et d’autres en alternance pour les laisser mener l’attaque du Fire avec plus de liberté.

« Quand tu as deux joueuses qui sont aussi douées balle en main, tu ne veux pas gâcher cela en les faisant faire des choses sans ballon qui ne sont pas leurs points forts. Iyana peut jouer sans ballon, elle sait shooter et sortir des écrans non porteurs, mais d’un autre côté elle est fantastique à la création sur pick-and-roll. Le fait que nous ayons des rotations régulières va nous aider, mais elles vont aussi jouer des minutes ensemble. L’attaque sera bonne et plutôt que Carla se fatigue car le ballon est toujours dans ses mains, Iyana va pouvoir rentrer et porter le ballon sur le côté opposé. Lors de cette Coupe du Monde avec la France, le rôle de Carla était surtout défensif. Ça peut lui permettre d’être moins fatiguée que lorsqu’elle construit l’attaque et nous pouvons la responsabiliser davantage en défense. Je vais tester beaucoup de choses mais c’est une bonne opportunité pour nous. »

Même si cette construction de roster est plutôt rare, Alex Sarama sait de quoi il parle. Il pourra se baser sur son expérience comme assistant coach des Cleveland Cavaliers entre 2024 et 2026 pour optimiser les qualités de ses deux diamants bruts dans le backcourt.

« Jouer avec deux lead guards n’est pas si commun mais à Cleveland ça a fonctionné [avec Donovan Mitchell et Darius Garland]. Ce sont de bonnes leçons que je vais pouvoir appliquer. La différence est qu’à Cleveland nous avions deux excellents protecteurs de cercle avec Jarrett Allen et Evan Mobley. C’est essentiel, donc on va voir comment se passe l’intersaison et ce que l’on peut faire en défense. »

Intelligent à la Draft, le Fire se prépare à accueillir un talent que certains qualifient déjà de « générationnel ». Iyana Martin pourrait changer la trajectoire de la franchise de l’Oregon et former l’un des backcourts les plus excitants à voir jouer de toute la Ligue avec Carla Leite la saison prochaine.

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